Pour ce nouvel album, le line up d’Ozzy a évolué par la force des choses. En effet Randy Rhoads n’est plus, ce dernier est décédé d’un accident d’une bêtise affligeante. Il était passager d’un avion de tourisme, trouvé dans un hangar lors de la tournée 1982 d’Ozzy, et le pilote a eu la bonne idée de faire du rase-motte pour réveiller le batteur. Au quatrième passage, le sol a gagné, l’avion s’est crashé et tout le monde est mort. Et le groupe vient de perdre son guitariste prodige car c’est bien ce qu’était Randy, un virtuose de la six cordes. C’est donc Jake E. Lee qui fut recruté pour remplacer Randy au sein du line up d’Ozzy, dont on constate aussi le retour de Bob Daisley à la basse. Encore du beau monde autour du chanteur pour ce troisième album.
Il faut de suite faire une parenthèse et crever l’abcès sur la pochette de ce disque où l’on constate qu’Ozzy s’est transformé en loup-garou. Si cela peut faire sourire aujourd’hui, cette pochette m’a carrément fait flipper à l’époque (oui j’étais très jeune aussi). Même si cet avis n’est que personnel et très subjectif (mais je m’en contrefous), je la trouve spectaculaire et très réussie. Elle colle parfaitement à l’ambiance Ozzy Osbourne de cette époque. A force de l’écouter il faut se rendre à l’évidence. Il renferme autant d’excellents titres que de moins bons. C’est pourquoi je vais assez vite passer sur le moins bon, chacun ira se faire sa propre idée. Il n’empêche qu’il est assez compliqué de s’infuser So Tired, sorte de ballade dont la bande-son aurait pu convenir à une pub de mauvais gout pour le papier toilette. Ozzy s’est complètement perdu ici, et ce n’est pas que la faute des claviers. Enfin, le faux pas arrive à tout le monde non ? Bon revenons à nos moutons (ou nos chauves-souris plutôt) et attaquons bille en tête sur la chanson éponyme. Un excellent riff, un refrain qui envoie, un solo de folie, et une présence d’Ozzy plus qu’écrasante. Et voilà comment on fait un titre qui reste non seulement dans la caboche, mais dans les classiques du chanteur. Tout simplement excellent, tellement qu’on pardonne même les quelques incartades de claviers qui alourdissent un peu le truc. Ce titre aura une existence assez particulière puisque un fêlé assassinera une mère de famille et avouera que ça sera la faute de Bark At The Moon, la chanson lui donnant l’envie de tuer à chaque écoute. Comme quoi y’a pas qu’en ce moment qu’on est entouré de feltoches. En 1983 déjà. Forcément un tel fait divers va faire couler de l’encre et mettre Ozzy dans une lumière qui ne sera pas la plus flatteuse.
On retrouve Un titre juste monstrueux avec Centre Of Eternity / Forever qui envoie la sauce du début à la fin (Centre Of Eternity sur la version US et Forever sur la version européenne, mais il s’agit bien du même titre). C’est bourrin à la Ozzy, ça défonce tout. Dès l’intro et cette ambiance d’église qui sied comme un gant au Prince des Ténèbres et qui est surtout annonciatrice de la suite. Du très lourd sur ce coup-là et l’un des meilleurs titres de cet opus.
D’autres morceaux sortent du lot tel Waiting For Darkness qui sonne maintenant un peu daté, mais cette ambiance légèrement dark / gothique est assez sympa et permet de garder le plaisir de se remettre ce titre dans les cages à miel.
Au final, bien que cet album soit un peu inégal, il transpire la sincérité, Ozzy restant bien fidèle à ses démons, ses ambiances, son côté Ozzy quoi. Et comme c’est toujours un plaisir de se le remettre sur la platine de temps en temps, c’est déjà gagné non ? En tout cas, rien que pour la pochette et se faire un petit flip (ou un souvenir du flip de gosse), moi j’y retourne.
Tracklist de Bark At The Moon (European edition) :
01. Rock N’ Roll Rebel 02. Bark At The Moon 03. You’re So Different 04. Now You See It (Now You Don’t) 05. Forever 06. So Tired 07. Waiting For Darkness 08. Spiders