Artiste/Groupe:

Opeth

CD:

The Last Will And Testament

Date de sortie:

Décembre 2024

Label:

Moderbolaget

Style:

Metal Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

19/20

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Il y a des albums que l’on n’attend pas et qui vous prennent par surprise. Il y a des albums que l’on attend et qui vous déçoivent ; et puis il a les albums que l’on attend et qui tiennent toutes leurs promesses, voir même plus. Le dernier LP de Opeth est de cette dernière catégorie. The Last Will And Testament c’est avant tout une attente de cinq ans depuis le fabuleux In Cauda Venenum, un album qui avait posé un nouveau jalon dans ma petite histoire personnelle de la musique. The Last Will And Testament c’est aussi un album qui fusionne le passé glorieux avec le présent non moins innovant d’un groupe qui ne cesse de faire progresser, par sa musique, l’univers de ses fans.

Toute progression est presque inévitablement reliée à un inconfort pour l’auditeur. Parce qu’Opeth nous propose quelque que chose l’on perçoit bon, mais qui est quelque peu différent, un truc qui nous fait un peu sortir de notre zone de confort musical, cet inconfort n’est pas désagréable, il est juste déstabilisant ; il nous suggère que quelques écoutes seront certainement nécessaires pour comprendre et apprécier au mieux ce qui est proposé. Toutefois, comme la bande de Mikael Åkerfeldt n’est pas folle, la demande d’adaptation n’est pas insurmontable pour l’auditeur. Les repères historiques sont là ; pour les vieux fans du passé death du groupe tout comme pour les plus récents attirés par l’axe résolument progressif de la musique. Ils le disent eux-mêmes : cet album est certainement le plus sombre et le plus lourd qu’ils aient produit depuis des années, mais c’est aussi le plus progressif, donc le plus innovant. Et puis il y a aussi l’autre force majeur d’Opeth : leur capacité à raconter des histoires avec leur musique. Un don qui n’est pas donné à tous les groupes et qui fait selon moi une grande différence, surtout dans ce The Last Will And Testament. Comme The Reticent, Opeth utilise ses compétences de « story telling » pour aborder un sujet difficile et pour en tirer une histoire qui vous prend aux tripes. Pas de pitié et peu de compromis depuis l’ouverture prog du premier chapitre (§1) jusqu’à conclusion douce de A Story Never Told. Ce qui doit être dit sera dit. Ce sera parfois violent, souvent compliqué, fait autant d’espoirs que de déceptions, de calme que de révélations douloureuses. C’est ce que l’on ressent très rapidement à l’écoute répétée de §1, §2, §3, §4, §5, §6, §7 et de A Story Never Told

Si je n’isole pas (ou peu) de titres, c’est que l’album doit être pris comme un tout. En sortir des éléments ne fait pas de sens. Chaque pièce du puzzle a son importance, sa rythmique propre, son ambiance qui nous fait ressentir ce qui se passe au sein de cette famille. Du décès et du manque à l’ouverture du testament, de §1 à §7 l’album est musicalement bluffant changeant, incrusté de texte, de solos et de ruptures rythmiques. Un album grandiloquent et émouvant. Une nouvelle pièce maitresse de la part d’Opeth, qui n’a pas hésité à s’entourer des meilleurs dans sa recherche de l’excellence. Pour The Last Will And Testament, ils ont demandé à Ian Anderson (Jethro Tull) et Joey Tempest (Europe) de faire des apparitions. Et comme les références ne suffisent pas, il faut également noter qu’un nouveau, et excellent, batteur a rejoint le groupe pour cet album. Waltteri Väyrynen y fait un travail phénoménal. Un grand batteur prog.

Au final ce sera pour moi l’album de l’année ; et une stimulation pour me pencher sur les plus vieux albums considérés par certains comme des sommets. Je ne demande qu’à être convaincu. Tout en restant confiant que le niveau atteint avec In Cauda Venenum et The Last Will And Testament ne pourra que difficilement être dépassé.

Tracklist de The Last Will And Testament:

01. §1
02. §2
03. §3
04. §4
05. §5
06. §6
07. §7
08. A Story Never Told

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