Alors là, pour une découverte, c’en est une ! Il est de bon ton de prévenir nos estimés lecteurs qu’on tient ici une sacrée pépite, dans la mesure où le metal gothique et ses variantes sont des styles sensibles de vos petites cages à miel. Master Dy est une formation portugaise, originaire de Porto pour être plus précis et s’est formé en 2019 sous la houlette de leur chanteuse Dy Moob (Madre Goth) complètement déjantée tant dans ses apparitions que dans son timbre vocal, qui il faut le reconnaitre assure un max, mais je reviendrai sur ce point. Aux guitares on retrouve Mr Draco pour la lead et Mr Cepheus pour la rythmique, Mr Perseus à la basse et enfin Mr Hydra à la frappe, ce dernier sera pas mal mis en lumière dans cette missive tant je me suis délecté de son jeu puissant et sauvage. Le groupe est annoncé dans un symphonique gothique metal, voire heavy metal, mais on y retrouve du symphonique, même du prog et du horror metal dans leurs compos, c’est dire s’ils élargissent au max leur palette. Fructus: The Master’s Zodiac est déjà leur troisième album et il faut reconnaitre, une totale découverte pour celui qui écrit ces quelques lignes, les deux autres albums étant passés en dessous des radars.
L’album, après une brève intro balance un Bad Omens Of January qui dès le début risque de vous scotcher au siège, moi j’aurai prévenu, faudra pas se plaindre après ! Si le groupe est à la limite d’un titre prog, la frappe de dingos de Mr Hydra donne un son doom, d’une puissance qui fait mouche. J’en profite à ce stade pour conseiller aux auditeurs de cette galette de pousser le volume un peu pour vraiment profiter de la batterie.
Le côté gothique metal, style principal du groupe, s’entend dès February Sinner, et son rock presque festif à la Ghost, les guitares sont plus pêchues et le solo limite shred donne du corps à l’ensemble. Et même si les claviers utilisés ici sont presque inutiles, on pardonnera au groupe tant tout fonctionne à merveille. Ça enchaine sur Nyctophile Serenade, un peu dans la lignée de la précédente mais en un peu plus mainstream, et donc un peu moins accrocheuse, malgré une belle prestation vocale de Dy Moob et un refrain qui risque de vous coller au cerveau comme un chewing-gum à la godasse. On retrouve ici la frappe bien lourde, marqueur de leur univers, y’a pas a dire: quel jeu et quel son de batterie qu’on retrouve ensuite sur Ephemeral Void, puisque le gus revient sur le devant de la scène avec son instrument. La-aussi la voix de Dy Moob est au firmament, même si on peut regretter les dispensables Who-ho sur ce morceau. Mais comme là aussi c’est réussi, on pardonne. Lorsque le groupe continue sur Mayhem In the Vortex, si je vous dit que la batterie est encore une fois monstrueuse, vous me croyez ? OK j’arrête d’en parler, même si ça reste le fil conducteur de tout l’album. Ici des gros riffs bien bourrins donnent une autre dimension au groupe avec plus d’orchestration.
Puisque je n’ai plus le droit de parler de certains instruments, je vais profiter du passage de Passionate Killer pour évoquer une mélodie assez accrocheuse et un titre dans une ambiance symphonique, avec un bon solo et un chant qui, une fois n’est pas coutume, montre tout le talent de Dy Moob. Sur Solitary EmberMaster Dy s’essaie dans une sorte de power heavy avec pas mal de changements de rythmes accompagnés de gros riffs de guitares qui au final peu paraitre un peu plus complexe, mais tellement bien chiadé. Et que dire de Sepulchral Equinox et son intro façon chœurs d’église pour un titre très doom gothique, soutenue là encore par une batterie lourde et massive qui donne la couleur à l’ensemble. Cet album s’écoute avec un tel plaisir que l’enchainement sur October’s Hunting et Nocturnal Veil passe tout seul. Ces deux chansons sont assez similaires dans le style horror metal avec l’apparition de growl masculin du plus bel effet qui parachève cette œuvre de Master Dy.
Ce troisième opus de Master Dy est une sacrée réussite du bout en bout, et même lorsque le groupe tente de nouvelles choses vers d’autres univers, ça marche à chaque fois. Ce Fructus: The Master’s Zodiac est juste un régal pour les oreilles et les amateurs de gothique.
Tracklist de Fructus: The Master’s Zodiac :
01. Intro: Master’s Zodiac 02. Bad Omens Of January 03. February Sinner 04. Nyctophile Serenade 05. Ephemeral Void 06. Mayhem In The Vortex 07. Passionate Killer 08. Solitary Ember 09. Regal Eclipse 10. Sepulchral Equinox 11. October’s Haunting 12. Nocturnal Veil 13. Frostbound Sonata