Artiste/Groupe:

Mark Morton

CD:

Without The Pain

Date de sortie:

Avril 2025

Label:

Snakefarm Records

Style:

Rock Sudiste

Chroniqueur:

ced12

Note:

16.5/20

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On ne fera pas l’injure à nos estimés lecteurs de présenter Mark Morton, le guitariste de Lamb Of God. Les années avançant, notre jeune quinquagénaire originaire de Virginie a souhaité s’affirmer sur le plan individuel et sortir du voile protecteur de son groupe de cœur. Point intéressant : nous ne sommes pas devant un ego trip mais ici sur une œuvre plus personnelle. La notion de projet solo prend ici tout son sens, la musique proposée différant fortement de l’œuvre original. Au groove metal de Lamb Of God répond ici un hard rock sudiste et bluesy mâtiné d’Americana typiquement US. La musique est donc ici très personnelle et la démarche tout autant. Après avoir écrit une autobiographie pour raconter ses tourments, sa lutte contre les addictions, son combat contre une santé mentale défaillante, Mark Morton se confie aussi en musique. Les fans de Lamb Of God ne doivent donc pas s’attendre à retrouver une « variante » mais un autre registre. Mais aussi une possibilité de mieux connaître et comprendre Mark Morton musicien qui dégage une réelle sympathie par ailleurs. 

Dans la tradition de ces musiciens qui ont un carnet d’adresse longue comme le bras, Mark Morton fait appel à ses potes et s’offre une sacrée liste de guests. La liste exhaustive est disponible plus bas via la setlist mais notons Charlie Starr de Blackberry Smoke (forcément tout à fait à sa place), Jared James Nichols (lui aussi très cohérent vu l’univers proposé ici), Tyler Brant, Troy Sanders (qu’on fera attention à ne plus associer à Mastodon dont il vient de se séparer) et j’en passe. Vocalement ça tient ici la route chez les guests et ça permet de varier le propos qui oscille entre rock sudiste, éléments country, riffs bluesy. Les deux titres d’ouverture sont ainsi accessibles, blues rock sudiste avec pour le morceau Brother un bon riff un peu plus hard. Le morceau-titre est 100% americana, ce genre de morceaux qu’on a la sensation d’avoir entendus des centaines de fois, desquels des images de l’Amérique profonde (celle du Sud, Est & Centre) viennent spontanément à l’esprit. Pour ma part, c’est à Thelma & Louise que j’ai songé. Le plus récent Twisters (pour sa version Oklahoma mais c’est juste que je viens de voir le film ceci expliquant sûrement ce rapprochement très personnel) marche aussi. Impression de déjà entendu mais hyper agréable, attachante et plaisante à l’écoute quand bien même ce n’est pas notre Culture. 

Un très bon disque ici, intimiste et attachant et doté d’un roster haut de gamme. Et avec une reprise Lynyrd Skynyrd référence absolue du style associé de fait à ce disque sans que cela surprenne le moins du monde. Pour son second disque (après Anesthetic bien reçu en 2019), Mark Morton se confie sur ses démons, partage sur ses tourments (ce qui le renvoie à une Amérique très contemporaine / moderne là où sa musique renvoie à une Amérique plus intemporelle, éternel paradoxe américain). Un joli symbole de résilience venant d’une Amérique qui semble n’en plus finir de tourmenter ses citoyens. Une Amérique plus que jamais en quête de son Identité (perdue ?) ici représentée par l’excellent Mark Morton pour un disque de qualité qu’on recommandera. 

Tracklist de Without The Pain :
 
01. Hell & Back (feat. Jaren Johnston de The Cadillac Three)
02. Brother (feat. Cody Jinks)
03. Without The Pain (feat. Matt James de Blacktop Mojo)
04. Kite String (feat. Travis Denning
05. Come December (feat. Charlie Starr de Blackberry Smoke & Jason Isbell)
06. Dust (feat. Cody Jinks & Grace Bowers
07. Forever In The Light (feat. Tyler Bryant & The Shakedown)
08. Nocturnal Sun (feat. Troy Sanders & Jared James Nichols)
09. The Needle And The Spoon (feat. Neil Fallon de Clutch)
10. Home (feat. Travis Denning)

 

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