Convaincue que les meilleurs groupes de la scène metal sont issus des pays nordiques, je me suis facilement laissée séduire à l’idée de réaliser une chronique sur Magic Pie, groupe de rock progressif norvégien.
Sorti le 16 Mai 2025, Maestro est le 6ème album de Magic Pie, orchestré par Kim Stenberg, guitariste et compositeur du groupe. Impossible de parler de l’album sans s’arrêter sur le visuel qui donne déjà des éléments initiatiques au disque. En effet, la pochette dévoile un homme de dos sobrement vêtu d’un costume noir s’apprêtant à traverser un chemin dans un tourbillon de bleu, rouge, gris et noir. S’adjoignent deux plumes à la même composition chromatique. Avec des inspirations des années 70 et des signatures rythmiques complexes, c’est bien à un voyage que nous invite Magic Pie à travers les 7 titres de Maestro.
On débute sur un air conquérant, qui pourrait bien matcher comme bande originale de jeux d’héroïc fantasy. Sur ce premier titre nommé trop modestement Opus Imperfectus Pt.1 - The Missing Chord les guitares se lancent. Les claviers d’Erling Henanger aux sonorités de xylophone s’ajoutent pour former un ensemble qui résonne comme une musique du célèbre Super Mario. S’enchaîne un riff type ballade qui vient alléger le rythme. Et c’est amorcé par des notes de piano que le chant s’introduit à 4:14. La sonorité d’une des guitares électriques n’aura de cesse de me faire penser au Miasma de Ghost. Accompagné de chœurs sur les refrains, Eiríkur Hauksson, chanteur et parolier de la formation, nous conte cette épopée de pas moins de 18:29.
Cette introduction néo prog nous permet d’emblée de découvrir le spectre musical du groupe, on n’est pas loin d’une formule entrée-plat-fromage-dessert. Un morceau ponctué d’un coup de duo de batterie (Martin Utby) et de basse (Lars Petter Holstad), un autre d’un riff envoûtant, étapes après étapes, chacun trouvera une harmonie à son goût dans cette intro. Le titre se clôt avec un chant de chœurs ténor accompagnant merveilleusement la voix du frontman. Bref, une bonne claque! C’est donc ça la Tarte Magique?
L’album continue avec By The Smokers Pole qui débute tel un slow qui vous embarque. Sublimé par les chœurs, le morceau aux influences floydiennes assez perceptibles, nous laisse pour le coup presque sur notre faim.
Sur une instru plus rythmée débarque Name It To Name It, sans conteste l’introduction la plus hard rock du disque. S’ensuit un break un peu déroutant mais qui rappelle qu’on est bien sur un album progressif. Une batterie inarrêtable vient terminer le titre.
Le souffle du vent et le chant d’oiseaux introduisent Kiddo..., morceau acoustique court qui amorce parfaitement la chanson suivante Someone Else’s Wannabe. J’étais surprise de retrouver des similarités dans la rythmique et la voix d’un Maiden sur les premiers couplets. Des breaks de slow viennent ralentir une rythmique assez soutenue. On y retrouvera également des claviers à consonanceYes.
Une chevauchée de grattes lance Everyday Hero. On pourrait s’attendre à une suite très changeante et pourtant c’est un titre accessible, avec des refrains qu’on a envie de fredonner qui nous est ici offert. Un morceau qui semble-t-il parlera au plus grand nombre et qui pourra facilement se diffuser sur les ondes. Le disque fait ses adieux sur l’outro Opus Imperfectus Pt.2 - Maestro, un morceau puissant, qui dressera les poils des sensibles comme moi aux chœurs et riffs de guitares aigus.
Et c’est avec brio que durant tout le disque, chœurs et autres chants sont menés alternativement par Eiríkur Hauksson, Kim Stenberg, Lars Petter Holstad, Eirik Hanssen et Erling Henanger. Avec cet album conceptuel, les amoureux de Yes, Pink Floyd et autreDream Theater y trouveront assurément leur compte. Eiríkur Hauksson, aurait paraît il inséré un titre des Beatles dans l’une de ces chansons. A vous de le trouver !