Le nouveau Liv Kristine arrive, et personne sur le coup ? Sur de chez sur ? Même dans le fond ? Et pourtant nous ne sommes pas face à un perdreau de l’année avec la demoiselle norvégienne dont je ne ferais pas l’affront de faire une présentation exhaustive. Pour les moins érudits (ou ceux qui vivraient au fond d’une grotte), la chanteuse a fait (et fait encore) les beaux jours de Theatre Of Tragedy, Leaves’ Eye, The Sirens, sans compter un nombre de collaborations à faire pâlir un bourreau de travail de Delain à Primal Fear, en passant par Doro, Cradle Of Filth, ou encore Orden Organ, je ne citerai pas tout le monde tant le nombre de collaborations est pharaonique. Un petit tour dans les pages de notre webzine et hop ! Une remise à niveau.
C’est en format solo que Liv se présente cette année avec son huitième album (eh oui ! déjà !) Amor Vincit Omnia (l’amour triomphe de tout! Tout un programme dont certains philosophes ont noirci un nombre incalculable de pages sur ce thème sans jamais avoir trouvé de réponses). Et pour cet album elle s’est entourée de Sascha Dannenberger à la guitare et aussi le producteur de ce disque, Tobias Glier à la basse, Roland Bliesener aux claviers, et Bjorn Etzel à la batterie, et pour finir Liv a fait appel à Michael Espenaes en guest vocal. Ce qui est sympa avec cette artiste c’est qu’on ne sait jamais sur quoi on va tomber tant son talent n’a d’égal que la pureté de sa voix. C’est donc quitte ou double, album bourrino-puissant ou au contraire tout en retenue et lyrique ?
Cette galette est dans la plus pure tradition dark rock avec des passages doom par moment. Ce qui marque le plus la couleur de cet opus ce sont les rythmes lents dark doom portés la voix soprano lyrique de Liv d’une pureté telle l’eau de source qui coule, contrebalancée par moment par des growls sur Amor Vincit Omnia.
On retrouve ces éléments de lenteur recherchés ailleurs sur When Stillness Speaks, 12th February marqué par une belle mélodie, ou Ode To Life Pristine avec sur ce titre une frappe cristalline sublime.
Si l’ensemble fonctionne plutôt bien, notre chanteuse s’égare par moment avec des titres plus popisant, voire presque dispensables comme Sapphire Heaven ou Unzip My Love. Le problème de ces deux titres c’est qu’ils se suivent et renforcent donc ce sentiment pas terrible. Et pourtant quand les guitares reviennent au premier plan (Angel In Disguise, Hold It With Your Life), on retrouve un côté punchy des plus sympa comme l’a déjà pratiqué Liv par le passé. Mais bon elle explore, elle cherche de nouveaux sons qui parfois fonctionnent mieux que d’autres. Et quand arrive Melange (whenaddictioncalls) on est devant un titre synth wave à l’ambiance très dark / ambiant avec quelques mots chantés en français (merci madame) qui en déroutera plus d’un c’est moi qui vous le dis.
Ce huitième album de Liv Kristine brille par son honnêteté et son homogénéité. Il ravira les fans de la première heure de la demoiselle scandinave, ne risque pas de convertir les autres. Et pourtant il serait un non-sens de bouder notre plaisir à écouter cet opus plutôt bon dans l’ensemble, même si quelques titres partent vraiment très loin dans l’expérimentation.
Tracklist de Amor Vincit Omnia :
01. Prelude 02. Amor Vincit Omnia (feat. Michael Espenaes) 03. Ode To Life Prsitine 04. 12th February 05. Angel In Disguise 06. Hold It With Your Life 07. Sapphire Heaven 08. Unzip My Love 09. Melange (Whenaddictioncalls) 10. Tangerines 11. When Stillness Speaks