Si Liquid Bear est un combo parisien qui officie depuis 2018, c’est leur premier album qu’ils nous présentent maintenant. Non pas qu’ils ont trainaillés vu qu’ils ont déjà sorti 2 EP, mais avec un album entier, le groupe passe un cap pour entrer dans une autre catégorie. C’est au sein de la capitale que s’est formé le groupe autour de quatre musiciens, Ilya Franciosi à la gratte, Gaspard Kremer aux claviers, Adrien Rouyer derrière les futs et Kostia Yordanoff à la basse.
Le groupe navigue dans un rock progressif, à la limite du metal et au chant mélodique. La première impression à l’écoute de cet album c’est la maitrise de leur univers. On se croirait face à un groupe avec une très grosse expérience derrière eux (non pas qu’ils soient novices), la production est vraiment au diapason. Alors oui on va pas se raconter des histoires, les rythmes sont lents, lourds par moment et il faut un minimum de concentration pour appréhender comme il se doit leurs morceaux, mais qu’est-ce que ça en vaut la peine ! L’entame de Second Life est vraiment dans ce registre, Farewell et Second Life sont marqués par cette lenteur lourde qui lorgne presque vers le doom / stoner mais de manière très particulière et propre à Liquid Bear.
Avec Headless les riffs de guitares sont un peu plus musclés même si cela reste très prog / planant, l’ensemble est rudement bien exécuté.
Mais là ou le groupe risque de cueillir les auditeurs c’est sur All About You car, bien qu’on reste dans cette ambiance psyché / planant, ce titre est magnifié par la présence d’Eva Hägen de Grandma’s Ashes en featuring. Le choix est excellent et la demoiselle apporte bien plus qu’une simple couche supplémentaire. Sa voix en harmonie avec celle de Kostia donne une envergure sublime ici. Je passerai rapidement sur The More You Show, le phrasé limite rappé ne passe pas dans mes esgourdes, mais cela reste très personnel. C’est pourquoi je ne ferai pas de critique ici (d’ailleurs il n’y a aucune raison), chacun pourra y trouver son compte, moi un peu moins et je préfère aller directement sur Lightrunner et son intro à la Foxey Lady de Jimmy Hendrix. Alors avec ce type d’intro connu de tous (enfin je l’espère), Liquid Bear monte d’un cran et nous renvoie presque au milieu des seventies tout en restant bien péchu. L’apport de l’orgue n’y est évidemment pas pour rien dans cette histoire pour l’un des meilleurs titre de cette galette. Et quitte à s’inspirer de ses pairs j’invite nos estimés lecteurs mélomanes à se pencher sur Daddy Gets Dizzy et me dire à qui cela fait penser…Bon ce n’est pas très compliqué, on dirait presque du Ghost dans les riffs, la mélodie, le chant et les claviers. Et qu’est-ce que c’est bon ! Diantre ils assurent les gars !
Liquid Bear relève le challenge du premier album puisque ce dernier est formidablement réussi avec neuf titres de rock progressif dont on ressent par moment certaines inspirations. Si à cela on rajoute un artwork très beau dans les tons roses et bien travaillé, moi je dis qu’il ne reste plus qu’à aller les soutenir sur scène, ils ne vont forcément pas passer loin.
Tracklist de Second Life :
01. Farewell 02. Second Life 03. Headless 04. I Lost My Crown 05. All About You 06. The More You Show 07. Lightrunner 08. Daddy Gets Dizzy 09. It Will Never Happen Again