Korpiklaani sortait des albums à la pelle chaque année, avec forcément de moins en moins d’inspiration, le groupe a semble-t-il retenu la leçon. En effet il a fallu attendre trois ans entre Manala et Noita, et encore trois entre Noita et Kulkija. Et force est de constater que le résultat était plutôt probant, tant Noita relevait le niveau comparé aux précédentes productions des Finlandais. Entre temps le groupe a sorti un live bien sympathique, bref, Korpiklaani semble sur une phase ascendante. Et vu que Kulkija est rempli de soixante-dix minutes de musique, il est à espérer qu’il en soit de même, autrement l’écoute risque d’être bien longue…
L’intro de Neito est étonnante pour du Korpiklaani. Sombre et presque inquiétante. Mais rassurez-vous, dès que le groupe arrive on comprend qu’on ne s’est pas trompé de disque. Le tout est guilleret à souhait, bon, un titre ultra classique du groupe qui ouvre comme il se doit l’album. Pas flamboyant et d’un classicisme absolu. Le rythme se ralentit sur Korpikuusen kyynel, un titre trop répétitif pour être intéressant. Sur plusieurs titres, on sent malgré tout une envie d’évoluer en calmant le jeu. L’album propose des morceaux plus calmes, à l’image de la ballade Harmaja. Si l’initiative est plus que louable, le résultat n’est pas très convaincant. On a du mal à rester captivé et on se met (déjà) à vouloir enchaîner avec les titres suivants. Kotikonnut, un des nombreux singles proposés, est plus commun et également plus captivant. Le groupe ne serait-il pas cantonné à faire ce qu’il fait de mieux au final, à savoir des titres enlevés, concis et festifs ?
Kallon Malja en est un bel exemple avec des guitares plus soutenues. En revanche, ses presque dix minutes ne semblent plus en finir, et on en revient à ma phrase précédente… Sillanrakentaja surprend totalement également avec son riff tout droit sorti d’un album de… doom ! Le refrain et la fin du titre sont plus légers, avec au passage des chœurs d’enfants, mais la volonté d’évoluer est assez flagrante ici. Après deux titres surprenants, le groupe a eu la bonne idée de mettre Henkselipoika, qui se veut être du Korpiklaani pur jus. Violon et accordéon, un refrain bien foutu et une durée concise. Là je retrouve ce que j’aime chez eux ! Pellervoinen, l’instrumental qui suit, est également bien fun, et donne envie de danser et taper du pied. Pour terminer l’album, Tuttu on tie s’ouvre sur de belles mélodies bien connues de violon et mandoline. Un beau final à la tristesse palpable, encore à l’opposé de ce à quoi le groupe nous avait habitués.
On retrouve un Korpiklaani transformé, plus sérieux et mature. Sans renoncer à la fiesta et la gaudriole, les Finlandais semblent mûrir et tous les titres ne sont pas une fête à la bière. Il aura fallu attendre le dixième album pour voir un groupe plus posé et calme. Malheureusement le résultat est mitigé, avec un album beaucoup trop long à digérer quand l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous. Avis mitigé mais effort d’évolution louable.
Tracklist de Kulkija :
01. Neito 02. Korpikuusen kyynel 03. Aallon alla 04. Harmaja 05. Kotikonnut 06. Korppikalliota 07. Kallon malja 08. Sillanrakentaja 09. Henkselipoika 10. Pellervoinen 11. Riemu 12. Kuin korpi nukkuva 13. Juomamaa 14. Tuttu on tie
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