Artiste/Groupe:

Korn

CD:

Requiem

Date de sortie:

Février 2022

Label:

Loma Vista Records

Style:

Neo Metal

Chroniqueur:

ced12

Note:

15/20

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On avait laissé Korn et surtout son attachant chanteur en plein deuil avec un The Nothing réussi et inspiré paru en 2019. Avec ce quatorzième album, intitulé Requiem faisant ainsi le lien entre ces deux disques, le groupe californien nous revient en bonne forme en ayant pris le temps – bien aidé par le contexte – de bien peaufiner son affaire. Bonne nouvelle pour les fans, Korn reste présent aux affaires et en dépit de circonstances individuelles difficiles, voir tragiques, continue d’avancer. On ne se pose trente-six mille questions chez Korn, on avance. Artistiquement, la messe est dite, Korn a son style et, le temps ayant fait son œuvre, ne semble plus désireux d’innover. Korn fait ce qu’il sait faire. Et le fait bien. A leur décharge, le hiatus du légendaire Fieldy, composante majeure du son Korn, a dû les laisser un peu orphelins et on comprend aisément la volonté d’en revenir aux fondamentaux. Le sujet "Fieldy" est d’ailleurs un peu inquiétant pour la présence future du bassiste avec Korn surtout quand on lit que Jonathan Davis, toujours aussi « nature » dans ses interviews, dire n’avoir aucune nouvelle du garçon. 

La triplette Jonathan Davis – "Munky" – Brian "Head" Welch est donc plus que jamais aux affaires. Ce Requiem a été composé en distanciel, pratique de plus en plus récurrente dans la musique. A croire que nos musiciens préférés sont des précurseurs du télétravail. On me pardonnera, je l’espère, ce faible trait d’esprit et j’en reviens à ce disque, proposé par un groupe débordant d’énergie et plutôt enthousiaste. Tout cela reste sombre, Korn compatible jusqu’à ce titre qui, point d’inquiétude, ne marque pas la fin du groupe mais plutôt la fin d’une époque. J’ai déjà mentionné la connexion avec le précédent disque mais on pourrait aussi y voir une "dédicace" au départ de Fieldy. L’avenir infirmera ou non ce point. La basse slappe toujours autant (Let The Dark Do The Rest totalement dans la lignée des premiers disques). 

Côté titres, neuf sont au programme. C’est court (une grosse demi-heure) mais efficace. Mais franchement léger en termes de quantité surtout quand le groupe aime à dire qu’il a pris le temps de fignoler ce disque. Reste que la qualité est là. Korn ne prend ici aucun risque mais sait y faire. Korn a-t-il atteint ce point de carrière où le groupe va se contenter de dérouler une formule maîtrisée ? Autre point qu’on aura à cœur de surveiller chez un groupe qui a retrouvé sa verve, de l’inspiration et un savoir-faire. Le retour de Brian Welch a fait du bien, remis l’église au milieu du village on dirait. Moins d’innovation ce qui en décevra certains, ceux fans du Korn plus expérimental, mais ravira les fans des premiers disques. Korn est une institution et, comme des AC/DC, déroule. Le résultat est là, qualitatif, bien produit (quoique plus épuré ici comparativement à The Nothing) et toujours porté un Jonathan Davis aussi dark que bluffant. Moins étouffant que sur ses débuts, Korn assure et se paie un joli succès, mérité, tout en donnant à son auditoire ce qu’il veut : un néo-metal sombre, torturé mais où les mélodies tiennent un joli rôle. Un sacré groupe qu’il m’aura fallu deux décennies pour réussir à cerner. Cela restera toujours trop sombre et étouffant pour moi, manquant certes d’espoir (ce dernier titre dénommé lumineusement Worst Is On Its Way !!) mais il y a de bonnes choses et un style qui vieillit bien et dont les productions plus récentes atténuent positivement les quelques reproches que je peux formuler. 

Tracklist de Requiem :

01. Forgotten
02. 
Let The Dark Do The Rest
03. Start The Healing
04. Lost In The Grandeur
05. Disconnect
06. Hopeless And Beaten
07. Penance To Sorrow
08. My Confession
09. Worst Is On Its Way

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