Personnage intéressant que Jesse Leach, frontman de Killswitch Engage présent à l’origine du groupe peu avant le début du millénaire, parti trois années plus tard pour revenir en 2012. Garçon réfléchi, qui aime à se poser des questions sur ce qu’il est, son statut, le hurleur en chef est un personnage attachant et un des visages de la scène metalcore. Féru de poésie, issu d’une famille où la piété était rigoriste, Jesse Leach s’est construit dans un environnement marqué par les restrictions diverses et variées. Un homme qui a des choses à raconter, un vécu différent qui de fait le rend intéressant. Et qui a aussi dû sérieusement revoir son mode de vie pour rester chanteur. Ou la dure vie des vocalistes mécaniquement obligés de prendre soin de leur santé. The Consequence est le quatrième album des américains depuis le retour au bercail du fils prodigue (le neuvième depuis la formation du groupe) et le line-up est remarquablement stable depuis. Adam Dutkiewicz et Joel Stroetzel assurent les guitares, Mike d’Antonio la basse et Justin Foley les fûts.
Il s’agit du premier disque depuis 2019, la formation du Massachusetts a pris son temps pour revenir, presque sans se presser. L’opération aux cordes vocales subie en 2018 a imposé un autre rythme de travail et les musiciens cumulant les projets divers et variés (notamment Adam Dutkiewicz travaillant par ailleurs avec Howard Jones, l’homme qui a assuré le chant pendant une décennie après le départ de Jesse Leach). Ainsi personne ne s’est précipité. Aussi, et sans surprise, le groupe se fait un peu plus mélodique avec du chant clair toujours mieux maîtrisé. Ça ne fera pas plaisir à celles et ceux que la formule Metalcore a lassé, mais dans son registre, Killswitch Engage tient encore sacrément la route, continue de faire headbanguer mais en approfondissant son propos. Et puis, bah oui, les années passent, ça s’apaise peut-être un peu. Promis je vous épargne l’analyse de comptoir sur la maturité mais il y a un peu de ça. Un des groupes les plus attachants de la scène metalcore est donc de retour, avec un bon disque bien fichu et cohérent. Avis aux amateurs sachant qu’on attend aussi en live le retour des américains, très bons dans l’exercice.