Artiste/Groupe:

Jerry Cantrell

CD:

Degradation Trip Vol 1. & Vol 2.

Date de sortie:

2002

Label:

Roadrunner Records

Style:

Grunge

Chroniqueur:

ced12

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Depuis l’album éponyme paru en 1995, Alice in Chains avait presque disparu des radars. Un live unplugged remarquable mais le groupe était à l’arrêt, Layne Staley étant englué dans des problèmes de drogue dont il ne se sortira pas faisant ainsi de lui un martyr du grunge. Kurt Cobain l’avait précédé puis deux décennies plus tard, ce fut le regretté Chris Cornell. Pas la joie la vie des musiciens grunge. Bon vu la musique proposée, on s’en doutait un peu il est vrai. A l’arrêt forcé, Jerry Cantrell, compositeur principal du groupe, avait proposé son premier effort solo Boggy Depot. Le grunge se vendait alors moins bien, le néo-metal avait pris le relais dans la foulée d’un Korn tout aussi dark dans les thématiques. Bien reçu même si rencontrant moins de succès qu’avec son groupe principal, Jerry Cantrell avait fait contre mauvaise fortune bon cœur et choisi d’avancer. Après une tournée US en première partie de ses grands potes de Metallica (qui sont aussi ses premiers fans), il se remit au boulot et en 2002 proposa ni plus ni moins que ce qui allait devenir un double-album. 

Forte valeur émotionnelle, Layne Staley décédant peu avant et à qui ce disque est dédié. Forcément ! Le processus de composition fut un peu original Jerry Cantrell s’isolant volontairement pendant quelques mois dans la chaîne des Cascades, passif montagneux à l’Est de Seattle. En sortirent plus de vingt-cinq démos mais le label Roadrunner demanda de limiter à quatorze pistes ce disque. Ceci explique l’existence d’un disque simple Degradation Trip avant d’être complété dans un second temps générant ainsi un double-album. Changeant tout juste de label et délaissant Columbia Records pour Roadrunner, Jerry Cantrell n’était pas en position de force dans un premier temps. Intéressant aussi de noter que deux de ces démos (qui deviendront les titres Get Born Again et Died) furent proposées à Layne Staley qui a apporté sa contribution pour finalement être intégrés à la compilation Music Bankl (1999). Les derniers travaux avec Layne Staley

Au final, ce furent 26 pistes qui orneront ce double-album permis par des compléments ultérieurs. La liste des invités sur ce disque est hautement prestigieuse. On retrouve en Mike Bordin à la batterie, un certain Robert Trujillo qui un an après la parution de ces disques allait décrocher le job de sa vie, Chris deGarmo autre sommité de l’Etat de Washington (Etat qui a vu passer un nombre de musiciens prestigieux, statistiquement, c’est épatant). L’enregistrement fut compliqué, Jerry Cantrell devant financer l’enregistrement à ses frais et allant jusqu’à hypothéquer sa maison. Ajoutons des musiciens contraints de le laisser pour assurer leurs obligations professionnelles et on devine un Jerry Cantrell en mission. Moins aventureux que le précédent Boggy Depot, ce disque ressemble plus aux travaux d’Alice In Chains ce qui au final semble assez logique. Le Jerry Cantrell a son style et l’avenir le confirmera. Doublant les lignes vocales (sa marque de fabrique et un hommage même pas déguisé à son acolyte éternel), le guitariste offre presque une épitaphe gênant à la scène grunge et une belle œuvre marquante à titre personnel pour lui mais surtout qualitatif et synthétique de son style. Certes, c’est bien trop long et le style balisé rend l’écoute bien répétitive. Ecueil inévitable mais Jerry Cantrell n’était semble t-il pas dans le compromis alors. Enfanté dans la douleur et dans une posture presque sacrificielle, Jerry Cantrell a ainsi tenu le choc, continué d’avancer. Quelques années plus tard, les démons à peu près canalisés, Alice In Chains sera réactivée avec le succès que l’on sait. Une période difficile, un disque plutôt sombre d’un artiste à l’œuvre incomparable, au style infiniment marqué et immédiatement reconnaissable d’un artiste épatant dont le destin fut d’évoluer au sein d’une scène grunge éprouvée et où alcool et drogues faisaient des ravages terribles, où lutter pour sauver son âme dut être un combat exténuant. 

Tracklist de Degradation Trip Vol 1. & Vol 2. :
 
Vol.1
01. Psychotic Break
02. Bargain Basement Howard Hughes
03. Owned
04. Angel Eyes
05. Solitude
06. Mother’s Spinning in Her Grave (Glass Dick Jones)
07. Hellbound
08. Spiderbite
09. Pro False Idol
10. Feel the Void
11. Locked On
12. Gone
 
Vol2.
01. Castaway
02. Chemical Tribe
03. What It Takes
04. Dying Inside
05. Siddartha
06. Hurts Don’t It?
07. She Was My Girl
08. Pig Charmer
09. Anger Rising
10. S.O.S.
11. Give It a Name
12. Thanks Anyway
13. 31/32

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