Un disque plaisir de l’ancien batteur mythique de ScorpionsHerman Rarebell devrait suffire à nous émoustiller à tous les niveaux. Ben oui, il avait marqué toute une génération avec son jeu de frappe puissant dans les années 80, donc souvenirs et plaisirs se bousculent dans notre petite caboche. Surtout que le menu parait pour le moins alléchant avec la présence de Bob Daisley, Dann Huff, Howard Leese ou encore Michael Voss. Si là-dessus vous remarquez (comme moi) une pochette qui met au premier plan une batterie dans un décor de guerre, bon tous les feux sont au vert pour s’en mettre plein les cages à miel.
Et bien pas du tout, tout est raté, nous sommes là en présence d’un pseudo metal daté eighties, plus taillé pour les salons feutrés d’ancien metalleux dont les accompagnements sont plus le Cognac, le pognon et les souvenirs d’anciennes gloires que la bière, l’envie et la puissance. Je préviens de suite nos lecteurs que ce qui va suivre ne va pas être très gentil, mais avec le pédigrée d’Herman, on pouvait en attendre bien plus que ce que contient cette galette, et si le sieur Herman n’a plus besoin de pognon, ce n’est pas la peine de nous faire dépenser le notre inutilement.
Dès le premier titre, quand un batteur s’attaque à une reprise d’un autre batteur (Phil Collins), l’auditeur que je suis se frotte les mains, et pourtant c’est plat, mièvre, cette reprise n’apporte rien de nouveau et donne surtout envie soit de hurler, soit de balancer le disque par la fenêtre (et ce sentiment va revenir souvent, entre nous j’ai failli le faire plusieurs fois). Je passerai très vite sur What About Love ou I Want To Know What Love Is, dégoulinant de tout ce qui fait un mauvais morceau daté et foiré. Même les parties de batterie n’apportent rien, réussir à aller au bout de ces morceaux sans les zapper est déjà un exploit.
La version acoustique de Sweet Child O Mine des Guns N’ Roses est massacrée comme elle a rarement été, heureusement qu’elle ne dure qu’à peine plus de trois minutes. C’est sur qu’Axl Rose doit de retourner dans sa tombe (ah non merde, il est encore vivant). Y’a rien à sauver ici, et même quand on voit pointer une reprise de Scorpions (Rock You Like A Hurricane), celle-ci est une foirade complète, autant se mettre l’original dans les feuilles. D’ailleurs en comparant les deux versions, il faut se rendre à l’évidence, Herman n’a plus son punch d’antan. Tout est dispensable, le seul exploit (que j’ai réussi à atteindre non sans mal) est d’arriver au bout de cet opus aussi plat que pourrait l’être les montagnes belges, du début à la fin. Entre parties de batteries faiblardes, guitares datées, tentatives d’ajout de claviers inutiles et parties chantées sans relief, seuls les amateurs du batteur les plus indulgents trouveront peut-être de l’intérêt au projet, et encore je n’en suis pas convaincu. Moi j’ai fait ma bonne action, maintenant je passe mon tour.
Tracklist de What About Love :
01. In the Air Tonight 02. I Want To Know What Love Is 03. Love Is A Battlefield 04. What About Love 05. Every Breath You Take 06. Sweet Child O Mine 07. Here I Go Again 08. Addicted To Love 09. Passion Rules The Game 10. Rock You Like A Hurricane 11. These Dreams 12. I Love Rock’n’Roll