Artiste/Groupe:

Helloween

CD:

The Dark Ride

Date de sortie:

2000

Label:

Style:

Power Metal Mélodique

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

En 2000, Helloween nous a tous surpris avec The Dark Ride. Pas une surprise à la Chameleon, non, ça c’est le genre de chose qu’on ne fait pas deux fois (à moins de vouloir absolument planter sa carrière)... Après cette fameuse mésaventure, le groupe avait, petit à petit, réussi à revenir sur le devant de la scène. Avec un Master Of The Rings encourageant d’abord (1994), puis un très bon The Time Of The Oath deux ans plus tard, qui rassura définitivement les fans et permit aux Hambourgeois de remplir à nouveau convenablement les salles. En 1998, Better Than Raw, bien que légèrement en-dessous de son prédécesseur, confirma la forme retrouvée du quintet. A la fin de la décennie, Helloween était redevenu une tête d’affiche, une valeur sûre du metal germanique. Et c’est là que le groupe décida de sortir de sa zone de confort et prendre à nouveau quelques risques (calculés, cette fois-ci).

Oui, car si changement il y a, la musique des citrouilles reste bien ancrée dans le heavy metal. Pas question de refaire de la pop, le groupe s’est bien fait taper sur les doigts il y a sept ans, inutile de recommencer. The Dark Ride est donc bien metal mais, comme son titre l’indique, il s’éloigne sensiblement de l’image fun qui collait à Helloween jusque-là en proposant une musique plus lourde et sombre. L’artwork (pas forcément des plus réussis d’ailleurs, à mon sens) nous met sur la voie et la courte intro Beyond The Portal aux bruitages inquiétants le confirme bien : The Dark Ride va proposer du changement. L’excellente Mr. Torture qui suit mélange d’ailleurs un peu tradition et nouveauté. Elle ne déroute pas tant que ça, malgré sa rythmique rapide et sèche (avec ses guitares bénéficiant d’un accordage bas) et son couplet direct et brut... car le refrain très mélodique et enjoué ressemble à du Helloween classique. En tout cas, la compo est ultra efficace et permet à l’album de démarrer de très belle façon. Je n’en dirai pas autant de All Over The Nations, un titre speed très gentillet et très classique qui annule les belles promesses faites en amont. Le nouveau virage du groupe s’affirmera davantage avec les pistes suivantes : Escalation 666 (une compo de Grapow à la tonalité grave, pourvue un gros riff très heavy qui préfigure le Masterplan de maître Roland) et Mirror Mirror qui explore le côté obscur de la force avec un couplet sombre et un refrain chanté de manière hargneuse par un Andi Deris qui livre d’ailleurs sur cet album une excellente prestation. Et puis, il y a le single If I Could Fly, assez différent des singles habituels du groupe. La compo, mid-tempo mi-heavy mi-ballade, est menée par un piano entêtant et un riff rock assez gras... le travail mélodique de Deris est d’une efficacité maximale, le refrain est mémorable, l’atmosphère créée assez singulière, le groupe marque des points. Et ce n’est pas fini...

Tiens, j’y pense, on n’a pas parlé du son de The Dark Ride. Assez différent lui aussi des productions antérieures du combo. Parce que, cette fois, les Hambourgeois ont fait appel à deux personnes, Charlie Bauerfeind (allemand, classique) et Roy Z (américain, qui a notamment produit Dickinson et Halford et permet à Helloween d’arborer un son moins power allemand typique). Revenons aux compos. Il reste de belles choses à se mettre sous la dent dans la deuxième moitié du disque. Un deuxième titre speed (ils ne sont clairement pas majoritaires sur cet opus), Salvation, plus convaincant que All Over The Nations ouvre le bal de façon assez classique mais la surprise provient surtout du batteur Uli Kusch qui nous avait déjà régalé avec Mr. Torture (qu’il avait composé) et recommence avec une deuxième compo bien classe intitulée The Departed (Sun Is Going Down) proposant une ambiance et un style totalement nouveaux pour Helloween. Un riff simple et répétitif avec un petit effet reverb sympa, un clavier qui pose une atmosphère étrange, des vocalises menaçantes, entre le râle et le soupir, sur le pré-refrain... des mélodies prenantes sur un refrain conquérant. Un joli tour de force. I Live For Your Pain fait dans le hard rock un peu dark (toujours grâce à ces guitares graves), avec une bonne basse bien en avant, un tempo qui entraîne et un refrain efficace. We Damn The Night est sans conteste le titre véloce le plus convaincant de la galette : on arrête les mélodies naïves, un riff bien heavy est de sorti et le refrain est épique (merci à Andi Deris qui se montre plus inspiré que Weikath quand il s’agit de balancer du bon speed mélodique). Enfin ! Immortal, c’est la ballade de l’album. Je n’en suis pas fan mais elle a le mérite de rester dans cette tonalité propre à The Dark Ride, avec ses cloches et une ambiance lugubres qui lui permettent de ne pas sombrer dans la guimauve. L’aventure se conclut avec la chanson titre (que l’on doit à Grapow) qui tutoie les neuf minutes et nous convie à une virée mouvementée avec leads de guitares épiques, belles accélérations, passages sombres, un refrain glorieux, d’excellents solos aussi agiles que mélodiques, une petite accalmie avant de repartir de plus belle et un beau final avec chœurs en soutien ! 

The Dark Ride, un disque parfait ? Peut-être pas quand même. Il y a bien quelques pistes qui me semblent un peu en dessous des autres, surtout la speed guillerette All Over The Nations à la mélodie trop enfantine... un faux-pas (à mon sens) que l’on doit à Weikath. C’est dommage, il n’a pas écrit grand-chose pour ce disque, deux compos seulement, et celle-là est vraiment faiblarde, en plus d’être un peu hors-sujet vu l’ambiance générale de l’album. D’ailleurs, après le limogeage de Roland Grapow et Uli Kusch (dommage), le guitariste reniera en grande partie cet opus. On comprendra alors que cette direction ne lui avait vraisemblablement pas convenu. Mais on s’en fiche, il a beau s’appeler Michael Weikath, il a tort (stupeur, choc... "mais pour qui se prend ce chroniqueur ? Abattez-le sur le champ !"). The Dark Ride est un disque rafraîchissant, bien écrit, varié, puissant, qui reste dans la sphère power metal et arriva pile au bon moment pour éviter aux fans du groupe de ressentir une éventuelle lassitude. Avis personnel : je pense même qu’il est sans doute l’un des derniers très bons albums d’Helloween

Tracklist de The Dark Ride :

01. Beyond The Portal
02. Mr. Torture
03. All Over The Nations
04. Escalation 666
05. Mirror Mirror
06. If I Could Fly
07. Salvation
08. The Departed (Sun Is Going Down)
09. I Live For Your Pain
10. We Damn The Night
11. Immortal
12. The Dark Ride

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !