Jusque ici, chroniquer un album d’Hell In The Club c’était easy. D’ailleurs certaines chroniques sont archivées sur notre ô combien estimé webzine, et les critiques sont plutôt positives. Donc à l’annonce de la sortie de Joker In The Park, je dis banco ! Et puis facile, normalement c’est bon, tout roule, la piste est ouverte, aucun nuage à l’horizon. Et c’est là que la machine s’enraye, aucune poussée au démarrage, mais qu’est-ce qui se passe bon dieu ! Petit feedback plus que nécessaire. Hell In The Club, groupe de heavy rock / AOR est en vitesse de croisière, six albums à son actif, des chroniques assez élogieuses, tout va bien dans le meilleur des mondes. Et patatras, en 2024 Dave Moras, chanteur et fondateur du groupe annonce son départ, et changer ce poste n’est jamais chose aisée nombreux sont les groupes qui se sont cassés la gueule. Le marqueur vocal est d’une importance rare par moment. Et là idée de génie d’Andy Buratto, bassiste et autre membre fondateur qui, au lieu de remplacer le poste du chant par un ersatz de Moras, décide de faire un virage serré et propose le poste à une chanteuse : Tezzi Persson. Forcément l’identité d’Hell In The Club va évoluer c’est certain.
Et voilà pourquoi ma petite missive qui s’annonçait bien peinard va devenir un vrai travail de découverte, ou de redécouverte du groupe. Gageons d’entrée de jeu que la patte Hell In The Club est toujours bien présente, on retrouve des lignes de basse très en avant (Fairytale) et toujours cette ambiance AOR très mélodique (The Devil Wont’ Forget Me, Magnetars). C’est énergique et entrainant, le genre de morceaux dont on se surprend à chanter à tue-tête le poing levé.
Et Tezzi dans tout ça ? Et bien elle se fond dans ce collectif et apporte une touche féminine qui sied au groupe, et lui donne un nouveau souffle, en un mot : une sacrée recrue ! En tout cas on trouve quelques pépites sur Joker In The Park avec des titres teintés de sonorités blues rock (Pretty Little Freak Show, Dirty Love) qui vont à merveille avec le timbre de la nouvelle chanteuse. Les mélodies sont ici aussi à tomber tout comme les guitares qui viennent en appui du chant sur Pretty Littel Freak Show, ça envoie, c’est bien trouvé. Et même l’exercice de style sur la ballade The Ocean, marqué par des beaux riffs de guitares, est réussi. On pardonnerait presque les « ah ah » tant ce titre, encore une fois marqué par le timbre de Tezzi, assure. Une petite cerise sur le gâteau avec deux titres plus speed et musclés (New Desire, When The Veil Of Night Falls) pour bien montrer à qui on a à faire, et voilà un album novateur dans la carrière du combo, un virage à 180 degrés, un renouveau qu’il fallait oser.
Avec Joker In The Park, Hell In The Club prouve qu’il y aura un avant et un après Dave Moras. Le groupe assume tant son passé que son avenir, c’est un nouveau chapitre qu’il vient d’ouvrir et que l’on souhaite le plus long possible.
Tracklist de Joker In The Park : 01. The Devil Won’t Forget Me 02. New Desire 03. Dirty Love 04. Robert The Doll 05. Fairytale 06. The Ocean 07. Magnetars 08. Pretty Little Freak Show 09. Out In The Distance 10. When The Veil Of Night Falls