Au commencement de la musique d’Heaven Shall Burn on trouve une rythmique ultra dense, épaisse comme un mur de béton (armé). C’est le fruit de l’impeccable travail de la doublette Eric Bischhoff (basse) - Christian Bass (batterie contrairement à ce que son patronyme aurait pu laisser penser). Maik Weichert et Alexander Dietz s’appuient sur ce travail de démolition pour poser des riffs solides, écrasants. L’ensemble est massif, hyper solide. Et les vocaux de Marcus Bischoff bien profonds et écorchés rajoutent à la densité de l’ensemble. Heaven Shall Burn, il faut rentrer dedans mais une fois l’effort fait, quelle luminosité on y trouve. Les mélodies apportent un immense plus et n’en sont que plus percutantes. Du death mélo / deathcore grande classe si je peux exprimer le fond de ma pensée.
Aimant par le passé l’exercice du double-album, le groupe allemand a réduit la quantité pour axer sur la qualité et ainsi gagne en impact et en force de frappe. C’est donc un disque hyper efficace que nous avons là. La production est toujours aussi cohérente, on discerne bien tout ce qui se passe, et ce, malgré l’épaisseur et les arrangements, haut de gamme encore une fois. Comment ne pas s’enthousiasmer devant les accrocheuses lignes vocales sur Cofounder, les riffs infernaux de Those Left Behind, Ten Days In May ? L’album regorge de titres plus incisifs les uns que les autres et Heaven Shall Burn, fidèle à ses habitudes, martèle son auditoire avec sa maestria habituelle. Certes, il ne faut pas être rétif à la double-pédale, quasi incessante comme toujours chez eux. On saluera aussi la présence de Jesse Leach (Killswitch Engage) sur Numbered Days. Gros disque encore pour nos allemands qui ne cessent de régaler. Un très bon disque, un de plus, plus accessible parce que plus ramassé gagnant ainsi en efficacité. On ne cessera de dire du bien d’eux et on recommandera inlassablement de les voir en live, là où le groupe démolit tout sur son passage. Un groupe délicieusement éreintant.