Halestorm

Artiste/Groupe

Halestorm

CD

The Strange Case Of...

Date de sortie

Avril 2012

Label

Roadrunner Records

Style

Hard Rock

Chroniqueur

Ostianne

Note Ostianne

14/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Si Halestorm a déjà sorti quelques albums depuis 1998, date de sa formation, c'est avec leur album éponyme que le groupe se fait véritablement connaître du grand public. On présente même souvent cet opus comme étant leur premier. Trois petites années plus tard, les Américains venus de Pennsylvanie sortent, via Roadrunner, un nouveau CD intitulé The Strange Case Of... avec toujours le même line-up et la même chanteuse présents, comme précédemment, sur la pochette de l'album. Et comme pour Halestorm, la mise en scène du groupe est faite dans une esthétique particulière.

La jaquette de cet album est sombre (absence totale de couleur, à part le "O" de leur nom); en sera-t-il de même pour leur musique ? Flanqué d'un "Parental Advisory explicit content", l'album commence en grandes pompes avec le premier single du groupe, Love Bites (So Do I) et le ton est donné. Il y a de la "bitch" dans le coin. On retrouve même ça dans le titre d'une chanson, You Call Me Bitch Like It's A Bad Thing. On citera encore Mz Hyde, qui elle aussi contient un vocabulaire particulier. Mais à part le vocabulaire employé, rien de sombre à l'horizon contrairement à ce que la pochette pourrait laisser penser.

Parce que finalement, sans les paroles, la musique d'Halestorm est bien gentillette, un peu formatée à l'américaine. Les refrains entrent vite en tête et sont efficaces comme I Miss The Misery, ou Freak Like Me qui semble être un hymne de concert très bien trouvé. Les solos de guitares sont sympathiques sans être prodigieux à nous en faire tomber la mâchoire. La rythmique de Rock Show colle au titre de la chanson, qui aurait même pu être un single, s'il n'était pas si rock comparé aux autres titres plus hard de l'album. Les plus mauvaises langues diront même que ça aurait pu être un titre d'Avril Lavigne. Et on se demande d'ailleurs si Halestorm ne vise pas son public. Oui, mais en même temps, si on a envie de passer un bon moment, si on veut écouter de la musique sans prise de tête, The Strange Case Of... est approprié, et il est presque évident que sur scène, ça doit dépoter comme on dit ! Et finalement, on peut écouter l'album à tout âge.

Il semblerait donc qu'au fur et à mesure, on se laisse prendre aux filets du groupe. De plus que tout au long de l'album, on se rend compte que la chanteuse, en plus d'être bien jolie et sexy, pour bien racoler le public, a une voix très intéressante. Parfois un peu trop gueularde, elle donne un véritable rythme aux titres, une vraie hargne qui n'est pas toujours assez présente dans les morceaux. Pas une voix gutturale, mais un peu rocailleuse, plus claire quand elle le souhaite, passée au vocodeur (Daughters Of Darkness), quelle que soit la voix qu'elle prend, ou les moyens technologiques qu'elle emploie, Lzzy Hale est sans aucun doute le point fort de The Strange Case Of...

Pourtant à l'écoute de l'album, de détails en véritables faux pas, des choses nous gênent. La dernière reprise du refrain de Call Me A... avec la répétition de "bad" manière je rappe (ou mon CD est rayé) n'était pas forcément utile, alors que le refrain est le point fort du titre. Avec le dernier morceau Here's To Us, au langage peu châtié, le groupe lasse : était-ce vraiment nécessaire d'aller dans la démesure verbale ? De plus, les deux derniers refrains donnent une impression de remplissage et une dimension "sans fin" à la chanson qui finit par tourner en rond. Ceci est fort désagréable et fait perdre à ce titre pop-rock la fraîcheur qu'il avait.

Mais ce qui ne va véritablement pas avec cet album, c'est l'enchainement Beautiful With You, In Your Room et Break In. On commence avec la première et son côté ballade pop rock, pas désagréable, pas hyper emballante non plus. Elle nous permet même d'entendre, plus que sur les morceaux précédents, la voix mélodieuse de Lzzy Hale. Qu'on apprécie ou non l'exercice, ce morceau-ci colle encore à la tendance parfois rock d'Halestorm et confirme le public que le groupe vise. Il est donc cohérent avec le reste de l'album. Ce qui n'est pas le cas par la suite. La seconde, est déjà plus anecdotique. Cette dernière confirme que Lzzy chante très bien quand elle ne gueule pas et qu'elle peut faire, visiblement, ce qu'elle veut de sa voix. Chanson pour une fille qui a besoin de pleurer après rupture. Sauf que, quand on n'est pas dans cet état d'esprit, on reste hermétique aux pseudo-sentiments qui découlent de la chanson. Et avec Break In, c'est le pompon ! On tombe dans le morceau sans intérêt, où on n'en peut plus de la ballade : titre le plus mielleux de l'album, le plus niais, le plus tire-larme sans y arriver, en un mot le plus dispensable ! Trois morceaux de ce genre à la suite, ça casse tout, et surtout le rythme de l'album dans lequel on a du mal à se remettre par la suite.

Si on en veut un peu à Halestorm d'avoir cassé le rythme de son album avec les trois morceaux précédemment cités, on ne leur en tiendra pas rigueur pour le reste du disque. En effet, sans casser des briques, The Strange Case Of... est un album qui s'écoute et s'apprécie pour ce qu'il est. Bien sûr, il ne marquera pas tant les esprits que ça et n'est pas l'album de l'année, mais pour quelles raisons bouderions-nous un opus qui nous permet tout de même de passer de bons moments ? Aucune.

 

Tracklist de The Strange Case Of... :

01. Love Bites (So Do I)
02. Mz. Hyde
03. I Miss The Misery
04. Freak Like Me
05. Beautiful With You
06. In Your Room
07. Break In
08. Rock Show
09. Daughters Of Darkness
10. You Call Me A Bitch Like It’s A Bad Thing
11. American Boys
12. Here’s To Us

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