Artiste/Groupe:

Guns N’ Roses

CD:

The Spaghetti Incident?

Date de sortie:

1993

Label:

Geffen

Style:

Hard Rock

Chroniqueur:

ced12

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The Spaghetti Incident? reste comme une espèce d’OVNI dans l’industrie musicale, étrange sortie presque aussi inintéressante musicalement que passionnante pour ce que ce disque raconte d’une époque. L’histoire des Guns n’Roses, c’est une étoile filante artistique, la sortie d’un disque référentiel (et toujours aussi génial) surfant sur une époque où le hard FM était à son zénith tout en tuant le game avec des titres déments, une production fabuleuse (le son des guitares !!!), des musiciens hyper charismatiques mais ingérables pour un album de légende où TOUT fonctionnait et qui continue de se vendre à bon rythme. Déjà, le caractère compliqué des membres du groupe était perceptible avec ce choix d’artwork qui fut censuré, une absence de compromis déjà présente. Certes, quand on est jeunes, on est arrogant, on a la vie devant soi mais tout de même, dans une telle industrie, avoir une telle foi en sa musique menait à un subtil équilibre entre inconscience et génie. Devenu phénomène de la scène hard rock grâce à ce Appetite For Destruction, les Guns allaient décrocher le jackpot avec les excellents et gargantuesques Use Your Illusion mais un étonnant paradoxe se mettait en place sans qu’on ne s’en aperçoive trop avec un succès populaire délirant (tout simplement le plus grand groupe du monde à l’époque) mais en interne une atmosphère détestable entre caprices de diva, excès de drogues en tout genre, une gestion autocratique avec un Axl tyrannisant les effectifs. Musicalement, on trouvait là de grandes choses mais en live, il suffit de voir le Live At Vincennes pour y trouver une prestation semblant interminable, manquant de rythmes malgré de réels moments de grâce permis par quelques titres dantesques qui trois décennies plus tard continuent de faire un malheur. 

En 1993, la tournée triomphale suivant bon an mal an son cours en dépit des nombreux dérapages d’un Axl Rose hors de contrôle (arrivées sur scène à pas d’heure, injures envers le public, abandon de scène au bout de seulement quelques titres) et à l’attitude profondément injurieuse envers un public pourtant très présent devant ses comparses semblant passifs, sûrement lassés mais tous dans un tel état de dépendance aux drogues qu’ils ne semblaient pas trop savoir où ils étaient. C’est dans ce gigantesque foutoire que Guns N’ Roses devait donner une suite à de tels disques et c’est peu de dire que le collectif Guns était au bord du naufrage. En plus, le monde de la musique avait radicalement changé en très peu de temps, la faute à un guitariste blond bien torturé qui en une intro de légende allait enterrer toute une scène (bon il n’est que le symbole d’une scène grunge alors très créative) et il ne fallait pas compter sur quelques éclairs de lucidité, qualité ayant définitivement disparue des Guns depuis le départ du génial Izzy Stradlin avant la sortie des Illusion dans la continuité du licenciement d’un Steven Adler ayant eu lieu deux années auparavant dans une certaine hypocrisie générale. Mais il y avait de tels enjeux financiers qu’on s’en doute, les managers du groupe poussaient tout ce petit monde à avancer quand la bonne conscience aurait recommandé une pause pour tout le monde. Alors que la sortie d’un live était envisagée, succès grunge oblige, les Guns ont opté pour la sortie d’un album de reprises plutôt orienté sur l’aspect punk rock  du groupe. Ce dernier avait un peu disparu des Illusion, mais porté notamment par un Duff qui en venait, les Guns ont toujours eu un aspect punk dans leur musique ce qui à mon sens avait fait la différence avec toute une scène hard FM / glam (appelez ça comme vous voulez !) assez « légère » au final là où les Guns appuyaient une dangerosité, une solidité salutaire. 

Disque de reprises donc  mais au final, derrière cette volonté de mettre en valeur des groupes de punk (The Damned, The Misfits que Metallica a bien mieux mis en valeur), c’est le single Since I Don’t Have You qui fit office de premier single (et de seul vrai bon morceau de ce disque au global très poussif et présentant un intérêt déjà limité à l’époque) et en l’occurrence une bonne grosse ballade commerciale où les guitares de Slash, toujours aussi merveilleuses avec ce son dont il a le secret, font merveille, et des paroles où Axl parle encore de ses chagrins d’amour. Originalité 0 mais bon, dans un tel état de délabrement général, on revient aux fondamentaux, toutes les équipes anglaises de rugby le savent ! Pour le reste, la bonne surprise reste de retrouver Duff au chant sur quatre pistes. Même complétement cramés, les Guns avaient gardé goût à la provocation puérile en reprenant en piste cachée un titre de Charles Manson. On passera le fait qu’ils ont ainsi malgré eux rapporté des droits d’auteur à un criminel. Décidément, en termes de provocation, Rammstein fera infiniment mieux et sur la durée. 

Chant du cygne des Guns N’ Roses qui aura eu pour seul intérêt réel de permettre à Gilby Clarke d’apparaître sur un enregistrement officiel du groupe, lui qui sera qualifié par la suite de « musicien additionnel » par un Axl un peu ingrat (même si Izzy restera évidemment LE pendant de Slash mais après tout, il était lui-même, fallait bien faire tourner la boutique !) mais dernier effort d’un groupe en phase finale de décomposition (Duff & Slash finiront par partir deux - trois années plus tard, plus pour survivre qu’autre chose). Un artwork laid, un titre d’album naze, ce fut au final un grand moment de n’importe quoi que la fin de cette époque des Guns, franchement ridicule a posteriori avec un Axl hors-sol, probablement bien mal entouré. J’avais prévenu en ouverture, ce disque ne vaut que par ce qu’il raconte un monde de la musique qui a depuis bien évolué (où tout n’était définitivement pas mieux avant). Après un long hiatus, une remise en forme de ces musiciens épuisés par cinq années vécues à un rythme infernal, un retour classieux avec Velvet Revolver et ce Chinese Democracy qui sortira finalement en 2008, disque au demeurant très bon et intéressant mais qui n’aurait pas dû sortir sous le nom de Guns n’ Roses. Duff & Slash reviendront bien plus tard au bercail pour une tournée triomphale, aux concerts toujours aussi interminables et dénués de rythme mais permettant de faire revivre le souvenir d’un groupe de légende, mais indéniablement attaché à une époque révolue.

Tracklist de The Spaghetti Incident? :

01. Since I Don’t Have You 
02. New Rose 
03. Down On The Farm 
04. Human Being 
05. Raw Power 
06. Ain’t It Fun 
07. Buick Makane [Big Dumb Sex] 
08. Hair Of The Dog 
09. Attitude 
10. Black Leather 
11.You Can’t Put Your Arms Around A Memory 
12. I Don’t Care About You 
13. Look At Your Game Girl 

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