C’est en explorant la discothèque familiale que je suis tombé presque par hasard puisque j’avais totalement zappé ce groupe, le Grand Funk Railroad. Et quoi de mieux que de se replonger dans cet univers fleurant bon le rock, la guitare, les hippies et tout cet environnement dont l’avenir semblait si radieux. Et oui c’est loin tout ça !
Evoquer le Grand Funk Railroad risque de rappeler des souvenirs à certains comme un gros bordel, ou plutôt un groupe réputé pour « faire du bruit ». Nous sommes en 1969 et Led Zeppelin fait des ravages en Angleterre avec leur musique nouvelle et moderne pour l’époque. Comme les Etats-Unis ne sont pas du genre à rester sur la touche, les magazines spécialisés non plus, ils ont vite fait de considérer ce nouveau groupe comme le pendant de Led Zep’ outre atlantique. Voilà comment faire naitre la légende Grand Funk Railroad. Quand on y regarde de près, la comparaison s’arrête là, les deux groupes étant diamétralement opposés.
GFR (acronyme qui sera utilisé ici) est donc un groupe de hard rock fondé en 1969 par Mark Farner, Don Brewer et Mel Schacher et nous provient de Flint dans le Michigan. Cette année 1969, charnière de beaucoup de choses en musique et qui verra éclore un nombre d’artistes majeurs, année du festival de Woodstock où le GFR aurait pu tenir sa place, sera le point de départ de ce groupe qui sera très prolifique sur son début de carrière avec rien moins que cinq album en un an. Forcément avec un tel rythme effréné, cumulé avec les moyens techniques de l’époque, la qualité sonore n’est pas toujours au rendez-vous, et cette réputation de « groupe qui fait du bruit » ne sera pas toujours galvaudé.
1969 donc ! GFR sort déjà son second album de l’année intitulé Grand Funk ou plus communément appelé The Red Album, seulement quatre mois après leur premier album. Leur musique marquée par un jeu de guitare très puissant et mis en avant, presque trop car certains titres passent plus pour des impros que des réelles compos. Les riffs hard blues sont gras au possible, ça groove dans un joyeux boxon. Les titres flirtent parfois limite avec du doom sans pour autant le savoir à cette époque (Paranoid).
Cet album comprend aussi la reprise Inside Looking Out des Animals dans une version GFR, donc forcément musclée. Ce titre restera un incontournable des setlists du groupe.
Cet album bougrement sympa à l’écoute est clairement en avance sur son temps sera classé 11e au Billboard américain, mais GFR n’aura pas le temps d’en profiter puisqu’en juillet 1970, soit tout juste sept mois plus tard, sortira Closer To Home. Le groupe fonce sur son destin en brulant les planches, sans regarder derrière. Peut-être un peu vite, le public ayant toujours eu du mal à suivre le groupe. Il n’empêche que ce Red Album reste un incontournable du hard rock US, un disque qui se doit de figurer dans toutes les discothèques des amateurs du genre.