Artiste/Groupe:

Gazpacho

CD:

Magic 8-Ball

Date de sortie:

Novembre 2025

Label:

KScope

Style:

Rock Progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

14.5/20

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Ça faisait un moment que j’avais lâché la bride avec Gazpacho. Faute de temps, lassitude ou simplement évolution musicale divergente. Probablement un peu des trois. L’occasion de la sortie de Magic 8-Ball, le onzième album studio du groupe, m’a donné l’occasion de me replonger dans l’ambiance musicale très spéciale que Gazpacho propose. Son empreinte musicale est tellement spécifique, que même après plusieurs années sans avoir écouté leurs disques, je me suis immédiatement retrouvé en milieu connu avec ce Magic 8-Ball.  Pour un bien, certainement, mais aussi pour un mal tant la continuité musicale semble prédictible.

Pourtant il n’y a pas grand-chose à reprocher à Magic 8-Ball ; c’est propre, bien produit et certains titres sont accrocheurs juste ce qu’il faut. Malgré cela, l’album n’a pas réussi à rallumer la flamme, du moins pas autant que ce que je pouvais l’espérer.

Un peu plus électro pop que certains de leur précédents albums, Magic 8-Ball égraine ses 8 titres tout au long de ses 46 minutes. Certains titres sont courts pour un groupe progressif (Ceres, Magic 8-Ball), écoutables par le commun des mortels. Force m’est de reconnaitre que ce ne sont pas les plus intéressants, mais peut-être, les plus racoleurs. Si je suis un peu sévère avec Ceres, qui après tout est un condensé de Gazpacho (ou un bouillon cube si le lecteur préfère), je n’ai aucune affinité avec le titre Magic 8-Ball. Trop pop, ce titre me laisse froid. Je n’aime ni son intro ni son refrain ni sa rythmique. Pas grave, après tout ce n’est qu’un peu plus de 3 minutes de perdu. Outre ces deux titres courts, Magic 8-ball comprend des titres un poil plus long qui permettent au groupe de mieux s’exprimer, de mieux poser son univers. Sans être révolutionnaire, Gingerbread Men sait profiter de ses 7 minutes. Malgré une rythmique très lente et une certaine conventionalité, le titre explore différents univers et guide ses auditeurs tout au long d’un voyage loin d’être inintéressant.

Cette rythmique très lente, on la retrouve également sur deux autres titres. Le mélancolique, aérien et finalement très Gazpachien Unrisen et le plus rock Immerwahr. C’est un titre que j’aime bien qui lui aussi, permet au groupe d‘exprimer au mieux ses idées et de faire suffisamment varier son univers pour le rendre intéressant. C’est le cas également pour le titre d’ouverture, Starling, celui qui nous permet d’immédiatement replonger dans l’univers du groupe. Sa force, c’est de nous permettre de nous sentir bien immédiatement. Jan Henrik Ohme sait y placer sa voix, la présence du violon de Mikael Krømer et du clavier de Thomas Andersen, si typique du groupe, n’empêche pas à la guitare sèche de Jon-Arne Vilbo de trouver sa place. Manque à l’appel la batterie et la basse. C’est comme ça avec Gazpacho ; sans être absente, la partie rythmique reste bien à sa place, même si elle finit, en général, par trouver le moyen de s’exprimer. Reste les deux titres We Are Strangers et Sky Kings. L’approche électro prog du premier est plutôt intéressante alors que la mélancolie du second, même secondée par des incrustations et quelques riffs bien placés, ne fait que renforcer l’impression de déjà entendu.

Bref sans être moyen, Magic 8-Ball ne m’a pas transcendé. Tout y est tiré au cordeau, propre, lisse et sans défauts. Ce manque de rugosité est finalement peut-être son principal défaut.

Tracklist de Magic 8-Ball:
01. Starling
02. We Are Strangers
03. Sky King
04. Ceres
05. Gingerbread Men
06. Magic 8-Ball
07. Immerwahr
08. The Unrisen

 

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