Cet album n’était absolument pas prévu au programme, mais si j’en suis à gribouiller ces quelques lignes c’est qu’il s’est forcément passé quelque chose, autrement j’aurais poliment passé mon chemin. Et ce n’est pas un cours d’histoire que je m’en vais conter ici, même si Euphrosyne est l’une des trois charités et fille de Zeus et également sœur d’Aglae et de Thalie. Non je ne vais pas continuer cette conférence sur la mythologie grecque, non seulement ça risque d’en lasser rapidement certains, mais ce n’est surtout pas le propos ici. Et pourtant on n’est pas si loin que ça vu que le groupe dont je parle depuis le début se prénomme Euphrosyne et nous vient…de Grèce ! Quelle surprise ! J’en reviens donc à mon propos initial après cette parenthèse culturelle et donc, pourquoi cet album n’était pas prévu ? Et bien le black metal, ou le post black metal, même mélodique, je ne suis pas le plus pointu en la matière, je le reconnais. Et pourtant vous comprendrez très vite avec ce qui va suivre que j’ai pris une calotte puissance dix avec nos amis hellènes.
Formé en 2019 autour d’Efi Eva au chant, d’Alex Despotidis à la guitare, George Gazis à la basse et Kostas Mamalis à la frappe, Morus est leur tout premier album, après un EP, Keres sorti en 2022. Euprhosyne ne fait pas dans la dentelle puisqu’ils vont nous éclabousser la tronche, les oreilles, et beaucoup d’autres choses de leur black metal porté par une douceur violente qui marque l’entièreté de cet album, jouissif du début à la fin. Cet album c’est la stupéfaction à tous les étages, l’incrédulité de la proposition. Non pas que le sujet soit abordé par-dessus la jambe, mais le projet d’Euphrosyne est d’une telle singularité que je vais essayer de l’exposer sans trop dénaturer l’œuvre puisque dès le départ et July 21th on est face à une intro voir carrément une première partie piano / voix tout en douceur jusqu’à l’explosion de violence qui arrive telle une déflagration portée par une frappe de dingo et un chant…plutôt un cri sorti d’outre tombe, juste imparable. C’est la rencontre du feu et de la glace pour reprendre une métaphore usée jusqu’à la trame. Ce titre est une entrée en matière qui vous rentre dedans tel un coup de poing dans le bide. L’univers d’Euphrosyne est posé, les titres vont s’enchainer sur le même modèle, mais toujours avec des éléments intéressants : des riffs super biens trouvés (Funeral Rites) qui donne à ce titre un côté presque mainstream (presque j’ai dit, n’oublions pas qu’on joue dans la cour du black metal), les changements de rythmes qui jouent sur cette ambivalence de chaud et froid (Mitera), ou encore cette partie de guitares en arpège sur Asphodel. Tout ce que le groupe entreprend fait mouche et assure. Et même quand ils envoient le très très gros son sur Valley Of White, c’est aussi une tuerie. En gros ça serait un crime de lèse majesté de passer à côté de cet opus, voilà je crois avoir bien résumer le propos, non ?
Euphrosyne touche là où il faut pour emporter l’auditeur dans leur univers, le caler dans le siège et le faire passer par toutes sortes d’émotions contradictoires sans lui laisser le moindre temps mort. Cet album est une belle réussite, et leur musique devrait, sans l’ombre d’un doute faire lever les foules sur scène tant leur univers est singulier et taillé pour le live. A bon entendeur…
Tracklist de Morus :
01. Morus 02. July 21th 03. Valley Of White 04. Eulogy 05. Funeral Rites 06. Mitera 07. Asphodel 08. Lilac Ward