Une soirée pré printanière encore bien trop fraîche, une tasse de café noir brûlant, et ce mail qui me hante, alors que j’avais passé toute ma journée à chercher une idée de chronique. Pas n’importe quel mail, non, une missive du Grand Ordonnateur lui-même que l’on n’oserait nullement envoyer rejoindre d’autres, trop nombreux, messages, collants et puants remplissant déjà la corbeille débordante. Le type, du genre pas commode, de nature, se trouve au top de l’irritabilité en ces derniers instants, on soupçonne tous que les bons résultats de ces derniers mois lui auraient monté au bulbe, pile-poil au centre de l’Ego. Amies lectrices, amis lecteurs, je vous laisse en apprécier facilement le tableau et les conséquences inéluctables qui ne vont pas tarder à bousculer nos petites vies de chroniqueurs.
"Chroniqueurs, vous me décevez. Vous pensez peut-être que je passe mes journées à rattraper vos inefficacités structurelles pour que vous puissiez vous la couler douce ? Il est temps maintenant de passer à la vitesse supérieure. Je veux du rendement, de la productivité et de la brillance. Écrivez plus, écrivez mieux, et surtout, écrivez vite. Ced et Kabet qui montrent l’exemple depuis de nombreuses mises à jour sont à imiter, suivez-les ou dégagez. Je vous envoie mon équipe des Hell-DoAPMe (le Département de l’efficacité des APM (aux Portes du Metal)) qui aura toutes diligences pour soupeser votre ardeur au travail et la véracité sur votre présence parmi mes équipes. À ce jour, marqué d’une Hell-stone, et pour le bien de tous, nous basculons vers un management à la Elon Musk. La rigolade et la non-productivité ne résonneront plus que dans la nostalgie des oisifs. Notre Hell-redpent détient d’ores et déjà toute ma confiance pour mener à bien cette noble tâche.
PS : Quant à toi, Diable Bleu, tes blagues nulles, ta suffisance et ta verve insupportable nous lassent. Pour couronner le tout, tu ne dépasses jamais plus de 3 chroniques par mise à jour, ton rendement est nul. Reprends-toi, et vite, au boulot ! Tu as la nuit pour nous sortir 4 chroniques."
Le Grand Ordonnateur n’est pas du genre à plaisanter... Le ton, la réputation, le passé du bonhomme ne souffrent jamais de commentaire... il n’est pas genre à menacer gratuitement... et dans notre cas présent, avec le Hell-redpent à nos trousses, on risque la grande lessive au sein de l’équipe des chroniqueurs. Je me retrouve ainsi avachi sur mon ordinateur, moral en berne par ce missile et de surcroit toujours en panne d’idée lumineuse ... donc peu enthousiaste à l’idée d’attaquer cette soirée, tout bleu bien pâle... alors que je m’apprêtais à chroniquer Hälsingemörker d’Ereb Altor, un album qui promet de réveiller les morts.
Bon, pas le choix, je vais m’appliquer à écrire proprement, sans fioritures, en suivant les consignes draconiennes du Grand Ordonnateur :
Chers lecteurs, voici Hälsingemörker d’Ereb Altor. Un album qui va vous secouer, vous transporter et vous faire vibrer. Ce Hälsingemörker marque le grand retour d’Ereb Altor sur le devant de la scène. Le groupe suédois revient avec une énergie débordante et une maîtrise instrumentale impressionnante. La clarté du son et la précision des arrangements étaient déjà des points forts de leurs précédents albums, et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. La production est impeccable, chaque note résonne avec puissance et précision.
L’album commence sous les riffs accrocheurs et nerveux de Valkyrian Fate, nappant un refrain dévastateur sous des chœurs diablement captivants. La piste peut être bien la plus digne du courant Death Metal.
Je vous recommande ensuite vivement Hälsingemörker, un morceau qui rend parfaitement bien l’essence du groupe tout en se démarquant par son originalité. Varié et surprenant, il mélange plusieurs styles avec brio, créant une atmosphère envoûtante et intense. Un véritable bijou dans l’écrin de cet album.
The last Step est une autre pépite de cette galette, fluide et captivante, qui rappelle les meilleurs moments de Necrophobic. C’est mon coup de cœur personnel.
Je vous abandonne à la recherche d’autres ravissements, que vous ne manquerez pas de glaner ici ou là. En écoutant l’album dans son intégralité, vous ne serez pas déçus. Chaque morceau est une petite merveille, et l’ensemble forme une œuvre cohérente et fluide. Le rendu global est tout simplement bluffant.
Pour résumer : Une production soignée qui claque. Des mélodies accrocheuses qui restent en tête. Une écoute en boucle garantie.
Fans de Bathory, Borknagar, Ereb Altor est là pour vous faire découvrir leur univers sombre et mélodique. Ils créent un pont entre différents styles, tout en conservant leur identité unique. L’accent mis sur les instruments est hypnotique et captivant. La créativité déployée dans les limites d’un genre bien défini est impressionnante. Hälsingemörker est un album solide qui pourrait bien marquer l’année auprès des fans de Death Metal, et pas seulement ceux-ci. Je vous recommande chaudement la version enrichie intitulée Deluxe Edition, dans laquelle Ereb Altor apporte encore qualité plus que de volume. Vous y trouverez un Skogsrået aux sonorités Folk Ambient Dark Metal, des plus incroyables et un merveilleux Midvinter.
Voilà, mission accomplie, en tentant de respecter les consignes du Grand Ordonnateur... je m’endors, ravi par l’ouvrage difficilement réalisé, par cette modeste chronique accouchée dans un contexte stressant. En voilà une, c’est déjà ça de pris.
... ding ding ding de bon matin, ça sonne à la porte ... À grandes peines émergeant, je reconnais tout de même notre Hell-redpent dans le Judas, le Judas au sourire goguenard, le teint incandescent, armé pour sabrer dans les dépenses publiques et l’administration fédérale du Grand Ordonnateur. L’entretien va être assurément sanglant, je peux déjà m’apprêter à errer dans les couloirs de pôle emploi. Pauvre JeanMich’Hell qui venait enfin de s’acheter la baraque de ses rêves, triste aussi pour notre artiste PhilipppeC qui avait mis 20 ans à maitriser la profondeur de champ de ses photos shootées lors de remarquables live Reports, Botem retrouvera sans doute le chemin des universités où l’attendent ses étudiants en histoire du Rock, notre fou fou de Fabulous ira rédiger la setlist des incontournables du Metal américain en 1 000 albums sur Rock and Folk ... seuls survivront peut être le Ced et le Kabet, mais à quels prix, sans doute ceux les rapprochant d’un burn-out imminent...
Une question me taraude encore, mais comment ont-ils su que cette chronique serait nulle et que je n’atteindrais toujours pas les quatre chroniques sur cette mise à jour ?
Tracklist de Hälsingemörker :
01. Valkyrian Fate 02. Hälsingemörker 03. Ättestupan 04. Vi å mörkret 05. Träldom 06. The Waves, the Sky and the Pyre 07. The Last Step 08. Midvinter (bonus deluxe edition) 09. Skogsrået (bonus deluxe edition) 10. The Lake of Blood (bonus deluxe edition)