Dream Evil

Artiste/Groupe

Dream Evil

CD

In the night

Date de sortie

Janvier 2010

Style

Heavy Métal

Chroniqueur

christian, Blaster of Muppets

Note christian

11/20

Note Blaster of Muppets

12/20

Site Officiel

Myspace

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C H R O N I Q U E Christian

 Avec ce cinquième album des Suédois de Dream Evil, il eût été souhaitable de constater un renouvellement voire un cap franchi tant les albums précédents soulignaient certes une maîtrise d'un style heavy 80's mais surtout un enlisement au niveau des compositions : nouvelle déception !
 Ni les changements successifs de line-up, ni les multiples tournées avec des groupes aussi prestigieux que Blind Guardian (2002), Hammerfall (2003), Masterplan (2003) ou Saxon (2004) n'auront eu raison d'une stagnation maladive...
 Ici encore,l'ennui gagne au fil des morceaux : il y a bien quelques timides soubresauts pour extraire l'auditeur de sa torpeur : le superbe refrain d'"On the wind", la ballade bien léchée  intitulée "The ballad" (là encore, quelle originalité !) ou quelques soli de guitare par ci-par là mais vraiment pas de quoi vous inciter à courir claquer quinze Euros pour acquérir cette galette !
 Je comprends aujourd'hui un peu mieux ce qui a poussé Kostas Karamitroudis (alias Gus G.) à larguer les amarres fin 2004 pour se consacrer pleinement à Firewind : effectivement, Fredrik Nordström l'autre membre fondateur, produit mieux (Arch Enemy, In Flames, Dark Tranquility ou Opeth...) qu'il ne compose et à part la garantie d'un bon son, rien ne justifiait un sur-place supplémentaire pour le guitariste Grec qui a quand même officié 5 longues années avec Dream Evil...
 Au bout du compte, resteront peut-être de cette "nouveauté" deux confirmations : la voix de Niklas Isfeldt s'affine (comme celle de Marat...) et l'avenir de Dream Evil s'assombrit (comme celui d'un hypothétique Titanic Maghrébin...) : ouais pas fameux, mais je craque un peu...

C H R O N I Q U E Blaster of Muppets

Les suédois de Dream Evil nous reviennent en ce début 2010 avec leur cinquième offrande appelée In The Night. Hmmm... In The Night donc... Un rapide coup d'oeil aux titres (Immortal, Bang Your Head, Electric, In the Fires of the Sun, Mean Machine, Kill Burn Be Evil...) suffit à se rendre compte qu'il y a peu de chances pour que l'on nous parle du réchauffement climatique ou de la crise économique. En effet, on est bien là pour évoquer le métal, les chaines, le cuir, la nuit, le feu, etc.

Et niveau musique, alors? Du changement? Pas du tout, mon bon monsieur. Il y a totale adéquation entre le fond et la forme, la musique et les paroles. On est en terrain connu, balisé. Un bon vieux power metal mélodique des familles aux rythmiques de plomb, et fortement influencé par les 80's. On pense parfois à Maiden (avec la très sympa In the Fires of The Sun), à Primal Fear ou Hammerfall (eux-mêmes inspirés par Judas Priest, Accept)... vous voyez le tableau. Tout cela est plutôt bien fichu, assez rythmé (malgré l'absence totale de vrais morceaux speed) et parfaitement bien produit (section rythmique percutante et grosses guitares). Il y a un savoir-faire indéniable dans l'exécution, et on voit bien In The Night comme compagnon de route idéal pour la voiture, le matin en empruntant les routes enneigées. Mais il ne faudra pas lui en demander plus. Tout cela est bien agréable mais pas très nouveau, ni très varié. Sympathique, d'accord. Inoubliable, certainement pas.

Revenons quand même un instant sur les paroles. Premier refrain "Immortal Forever - We Stand in line, Immortal Forever - We just can't die"... mouais, d'accord.
Deuxième chanson? Joli tour de force, observez plutôt: "In the Night, bonded by leather - In the Night, surrounded by chains - In the night, metal forever - In the night, we rest through the flames". Arriver à caser dans un refrain de 13 secondes les mots "nuit", "cuir", "chaines", "métal", "forever" et "flammes" relève de l'exploit et pourrait même rendre un groupe comme Manowar jaloux.
Les pistes suivantes sont dans la lignée, et globalement, je pense qu'on peut se laisser aller à dire que c'est assez con. Mais avec la huitième piste, une ballade simplement intitulée... The Ballad (on ne peut pas être inspiré tous les jours !), un espoir un peu fou survient, les premiers accords de piano retentissent et là: "We are made of metal oh oh, our hearts are made of steel". La vache !! Je suis presque admiratif. Presque...
J'imagine les sessions d'écriture avec le groupe devant un tableau blanc, avec les mots "steel", "metal", "iron", "fire", et compagnie à placer dans un maximum de compositions...

Cela dit, ce qui sauve Dream Evil du naufrage, c'est leur évident second degré (regardez leur têtes sur les photos et les surnoms qu'ils se sont donnés: Nick Night, Richie Rainbow, Pat Power, Pete Pain, Dannee Demon), un certain humour dans leurs paroles finalement (quand on creuse un peu), et le fait que leur musique se veuille un hommage à une certaine forme de Heavy Metal cliché. Le groupe n'a pas d'autre ambition que cela et n'a pas l'air de trop se prendre au sérieux, alors on leur pardonne.
Cependant, le sauvetage n'est que partiel car aussi sympa soit-elle, leur recette est tout de même bien éculée. Et s'il faut reconnaître qu'on passe un moment agréable à l'écoute de In The Night, on ne peut nier que l'on est rarement impressionné ou passionné par ce qui se passe. The Book of Heavy Metal sorti il y a quelques années, pourtant tout aussi cliché, était plus varié dans ses hommages et globalement plus fun (ils n'avaient pas fait 5 fois le même album à l'époque aussi). Il ne s'agit pas pour autant de cracher sur cette nouvelle livraison des sympathiques Dream Evil, les inconditionnels (les vrais, les purs et durs !) se régaleront sans doute et headbangeront sans retenue, d'autres (comme moi) l'écouteront pendant quelques semaines, chantonneront probablement un ou deux refrains accrocheurs sous la douche matinale, et finiront par l'oublier.