Artiste/Groupe:

Dreadnought

EP:

The Endless

Date de sortie:

Aout 2022

Label:

Profound Lore Records!

Style:

Doom progressif

Chroniqueur:

dominique

Note:

16/20

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Ce fut une rencontre impromptue et étonnante que cette écoute de The Endless, le cinquième album de Dreadnought. Le quatuor de de Denver va en effet sortir à la fin du mois ce nouvel EP, à la frontière du doom, du prog metal, du black metal et du post rock. Mais au-delà de la mixité des genres, ce qui étonne le plus dans le très bon travail de Dreadnought, ce sont les voix. Les titres du groupe sont en effet supportés par les deux voix féminines de Kelly Schilling et Lauren Vieira, qui sont aussi respectivement la guitariste et la claviériste du groupe. Et dans le cas de Kelly, sa voix se décline dans un panel aussi large qu’impressionnant puisque cela passe d’une douceur veloutée à un cri guttural et rugueux. Une première pour moi, et certainement une façon de mieux apprécier cet aspect du metal auquel je reste encore très hermétique.

L’axe prog de la musique que Dreadnought, vous pouvez l’entendre dès l’ouverture de Worlds Break, avec un côté folk prononcé, une rythmique parfaitement soutenue par l’excellent Jordan Clancy (batterie) et le plus discret Kevin Handlon (basse), les claviers fins aussi ainsi que la voix haute mesurée de Lauren, une voix qui s’entremêle parfaitement avec celle de Kelly. Cette finesse, que l’on rencontrera très régulièrement, va soudainement être rompue par la voix gutturale de Kelly et par une rythmique qui va s’accélérer avec un volume musical qui va s’amplifier. Un joli titre d’ouverture qui représente assez bien ce que propose le groupe. Midnight Moon est de la même trempe, avec un travail remarquable sur les lignes vocales et un gros cœur black metal teinté indu. La solidité de la partie rythmique permet aux deux femmes de se lâcher et de produire une très belle musicalité. L’enchainement avec le plus calme et sombre The Endless est limpide. Sa seconde partie plus folk-jazz, ou les sons électro-travaillés et les acoustiques se rencontrent est, très intéressante.

La voix plus haute et plus stridente de Lauren ouvre Liminal Veil, un long titre ou l’atmosphère post-rock teintée électro est plus présente. Ici encore les tonalités et les veloutés des deux voix font merveille. A la fois post rock et prog, laisse aussi une place assez importante aux instruments, ce qui permet au titre de facilement osciller entre les deux genres musicaux. Éthéré, violent et sombre, parfois à la limite du nu-jazz, Liminal Veil éclabousse le centre de l’album, avant de laisser la place à Gears Of Violent Endurance ; c’est ce titre qui m’a fait vraiment apprécier le travail de Dreadnought. On atteint ici la quintessence du mélange des genres. Prog, black, jazz, folk, doom, ce titre tient de tous les genres et permet à tous les musiciens de se mettre en valeur. Excellent.

Si l’album se termine sur le doom plus calme et éthéré The Paradigm Mirror, ce n’est pas forcément l’image que je souhaite garder de The Endless. Non, ce que je souhaite garder et promouvoir c’est avant tout le grand intérêt que m’a suscité ce mélange des genres. Cet album relativement court (41 minutes) tient aussi par les qualités musicales du quartet, Jordan Clancy à la batterie en tête. Le travail de chacun est à la fois homogène et individuellement perceptible. Finalement, et pour quelqu’un qui n’est pas vraiment fan des voix féminines, je dois admettre que le duo Kelly et Lauren effectue un travail de grande qualité qu’il faut absolument signaler. Sans prendre le dessus sur l’autre, les voix se partagent les titres et donnent à The Endless une teinte bien particulière. Un album captivant à écouter.

 

Tracklist de The Endless:

01. Worlds Break
02. Midnight Moon
03. The Endless
04. Liminal Veil
05. Gears Of Violent Endurance
06. The Paradigm Mirror

 

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