|
|||||||||||||||||||
Disbelief
|
C H R O N I Q U E2010 est une grande année pour la musique allemande : une victoire au concours de l'eurovision face à notre Jessy Matador national et Disbelief fête ses vingt ans de carrière. Je peux vous raconter les deux (eh oui, j'ai regardé l'eurovision avec un terrible groupe de metal turc) mais je préfère l'option Disbelief. Et comme on n'a pas tous les jours vingt ans, autant bien le fêter en sortant un CD par exemple. Ou plutôt un EP, car Heal n'est composé que de quatre nouveaux titres et de quatre reprises dont une de Disbelief (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même). Le tout accompagné d'un DVD filmé au Walpurgis metal days l'année dernière avec notamment l'ex-guitariste, Alejandro Varela, remplacé depuis par Alex Hagenauer. Bref, le cadeau idéal pour les fans et pour la fête des mères. Quoi de neuf depuis un an et la sortie de Protected Hell ? Pas grand-chose à vrai dire. La production manque toujours de rondeur et la musique est à géométrie variable. The Eyes of Horror en introduction est une excellente tuerie thrash, simple dans sa conception mais très efficace, dans la lignée du précèdent album. Disbelief, à l'image de cet homme suffocant en début, vous prend par les c.... et ne lâche rien. Isolation fait ensuite immédiatement penser à Kreator ou à du vieux Slayer, bien speed mais pas forcément très inspiré. Assez toutefois pour nous contenter. Il n'en est pas de même avec le reste. The Last-Force Attack est heavy, avec ses bruits de combats furieux. Mais sa longueur excessive vient casser le rythme. Vraiment dommage car l'impact est quasi-nul. Certainty of Reality est un ovni, par sa lenteur et sa mélancolie. Karsten Jäger s'essaie à un chant moins hurlé, presque clair, soutenu par une rythmique tout en lourdeur doom. Mais là aussi, on peine à entrer dans la danse (façon de parler) par manque d'inspiration. Cela sent la chute de studio qui aurait mieux fait de rester sur un disque dur d'ordinateur. Restent les quatre reprises, Welcome Home de King Diamond, Red Sharks de Crimson Glory, Love Like Blood de Killing Joke et Shine de ...Disbelief. Les Allemands se sont fait plaisir en mettant l'accent sur les groupes qui ont bercé leurs jeunes années, les trois premiers morceaux étant directement tirés des années quatre-vingt au moment où ils essayaient d'attirer la galinette cendrée (enfin, pas la dessus je pense). Si Welcome Home et Red Sharks sont fidèles aux versions originales (la voix haut perchée en moins), bien que plus burnées, la version de la blague qui tue façon Disbelief vaut son pesant de cacahuètes à défaut de transcender la musique en donnant un peu plus de peps à une chanson mythique. Quant à Shine, je me demande encore l'intérêt de reprendre l'un de ses propres morceaux. Si encore la production initiale avait été faite dans le garage de Mémé, passe encore (comme le Stormblast de Dimmu Borgir par exemple), mais là, cela ressemble plus à du copier-coller façon bouche-trou. Je passerai rapidement sur le DVD, je n'y étais pas et je ne l'ai pas. Le groupe a une solide réputation sur scène, prions pour que celui-ci lui rende grâce. Au final, Heal est fait pour les fans les plus endurcis. Mais si vous voulez découvrir Disbelief, la discographie des vingt premières années est assez riche pour trouver votre bonheur.
Tracklist de Heal: 01. The eyes of horror. 02. Isolation. 03. The last force-attack. 04. Certainty of reality. 05. Welcome home (King Diamond cover). 06. Red sharks (Crimson Glory cover). 07. Love like blood (Killing Joke cover). 08. Shine.
|
||||||||||||||||||