Artiste/Groupe:

Deathless Legacy

CD:

Damnatio Aeterna

Date de sortie:

Mars 2025

Label:

Scarlet Records

Style:

Gothic Horror Metal

Chroniqueurs:

KABET

Le Diable Bleu

Note KABET:

14.5/20

Note Le Diable Bleu:

14/20

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Chronique de KABET :

Avec le retour aux affaires de Deathless Legacy, les oreilles chastes ont intérêt à se méfier. Avec leur metal gothique et satanique et leurs textes foncièrement anticléricaux et sataniques eux-aussi, je ne suis pas sur qu’ils aient leur place dans une église un dimanche de messe à la droite du curé. A l’origine de ce projet on trouve Andrea Falaschi à la batterie, Steva La Cinghiala au chant et Anfitrite aux chœurs, The Cyborg à la basse, El’Cavaler à la guitare, Nicola d’Alessio également à la basse et Alex Van Eden aux claviers. Tout ce petit monde nous débarque d’Italie et ce projet Deathless Legacy ne date pas d’hier puisqu’ils officient depuis 2006. Damnatio Aeterna est déjà leur sixième album, les cinq premiers ayant tous fait mouche pour ceux qui ont eu le plaisir de les avoir dans les esgourdes.
Donc entre un projet décalé et un groupe qui se présente avec des tenues vestimentaires très recherchées et dans le style, l’auteur de ces lignes se frotte les mains à l’avance devant ce bon moment que nous réserve cette galette.

Deathless Legacy commence sa prière satanique par la chanson éponyme dans le style horror metal symphonique, très propre sur lui et qui n’évite malheureusement pas les poncifs et les grosses ficelles du genre. Si ce titre demeure au final très correct, on reste sur notre faim tant le teasing annonçait du lourd. Je passe directement sur Get On Your Knees dans la mesure où Miserere ressemble beaucoup à Damnatio Aeterna, donc pas trop envie d’y rester trop longtemps.

Ce troisième morceau est beaucoup plus doom tout en restant dans le style symphonique (ouais je sais ce n’est pas logique ce que je viens d’écrire, il n’empêche que j’ai raison). Le chant de Steva tire presque vers le blues et l’apport de claviers nous plonge direct dans les meilleurs Deep Purple. Malheureusement le soufflé retombe très vite dès Communion qui suit. Et si le combo nous offre ici un titre très horror metal, bien plus que metal symphonique, il faut rendre à César ce qu’il lui appartient puisque c’est correct mais pas transcendant. Je resterai donc sur les bons moments que nous offre cet opus et notamment Oblivion où les guitares sont bien plus mises en avant et le chant plus marqué. Le rythme est plus soutenu ce qui convient mieux au groupe. On ressent de suite qu’ils sont dans leur élément ici, ils s’éclatent à tout va et nous le font partager, avec mention spéciale à Andrea Falaschi et sa grosse frappe bien sympa. Ça enchaine avec Spiritus Sanctus Diabolicus et ses chœurs d’église à la Within Temptation, accompagnés d’orgues qui vont appuyer sur cet aspect liturgique. La aussi, rien de novateur à se mettre sous la dent, si ce n’est un titre correctement exécuté, ce qui est déjà pas mal me direz-vous. Deathless Legacy s’essaie forcément à l’obligatoire ballade avec Sanctified. Cette dernière est assez rentre dedans avec un refrain puissant qui nous fait dire que le groupe excelle dans ce domaine, c’est presque dommage qu’ils n’en aient pas fait d’autres, et rien que d’écrire ça je me surprends moi-même. 

On va retrouver un gros refrain sur Nightshade où le groupe glisse vers un hard rock plus classique ce qui n’est pas pour déplaire à nos tites zoreilles, avec ici et une fois de plus, les guitares encore une fois qui font le boulot comme il faut. Un petit final prog sur Gehenna, planant et surtout flippant, le groupe est fidèle à sa réputation de horror metal qui parachève à merveille ce Damnatio Aeterna.

Et si au global on trouve quelques approximations, question de gout, le rendu général est réussi, et c’est une belle découverte ou redécouverte que ce groupe. Il n’en reste surtout que sur scène les nouveaux morceaux trouveront très vite leur place dans la setlist du groupe qui mérite d’aller les voir.

Chronique du Diable Bleu :

Je ne feinte pas, j’ai failli en avaler mon dentifrice alors que je venais de prendre connaissance tout récemment à la radio de l’horreur suivante.
En France, les Victoires de la Musique auraient depuis longtemps tourné le dos aux groupes de rock, alors vous imaginez bien ce qu’il reste pour ceux qui œuvrent dans le métal. Ben nada pardi ! Cette pompeuse institution a donc poursuivi sa logique comptable pour atteindre le paroxysme de la sélection culturelle. Dans l’antre soi des maisons de prod ayant pignon sur les avenues des beaux quartiers de la capitale, on va s’échiner à promouvoir du volume, à gaver le cerveau des auditeurs clients, à inoculer des gouts avec des m..des immondes, pourvu qu’elles fassent tourner les TPE. En faisant fi de tout le reste. Félicitations, mesdames et messieurs des Victoires de la Musique pour votre modèle culturel enthousiasmant et synonyme du lisier de vache.
Et moi qui pensais que toute cette belle industrie se démenait pour la musique, toutes les musiques.. Bien naïf ce c.n de Diable Bleu. Les clichés n’ont que rarement la vie dure.

Pourtant certains (les clichés) perdurent encore, par exemple, nous français, imaginons souvent les chanteurs italiens comme des crooners romantiques, bercés par la mélodie de la dolce vita et équipés tout bébé d’une voix rocailleuse. Pourtant, la scène rock italienne est non seulement vivante, mais elle est aussi bien plus excitante que véhiculent nos vieux clichés surannés de notre hexagone. Preuve par cinq : Gianna Nannini qui déchire tout de sa voix Rock en live, le festival de chanson de San Remo, le groupe Maneskin, l’émergence de nombreux groupes de métal dans la pépinière de Milan, et bien sûr, Deathless Legacy.

Prenons un instant pour tenter de piger ce contraste. En France, le rock et le métal sont souvent relégués au second plan, voire ignorés par les grands médias alors que les festivals du genre, rock, et Metal explosent les compteurs. Bien normal alors que les Victoires du purin ne daignent même plus considérer ces genres depuis des années, préférant se concentrer sur des styles plus "grand public", plus juteux. Tout cela amies lectrices et amis lecteurs vous le saviez déjà, je ne vous ai rien appris évidemment.

En Italie, en revanche, la scène rock est en pleine effervescence (10 émissions musicales les samedis soir à la télévision, et l’on y glane souvent quelques pépites pop et rock). Le festival de San Remo, bien que souvent associé à la musique populaire, a vu émerger des talents rock qui ont su se démarquer de la vague romantique. Des groupes comme Maneskin ont prouvé que le rock italien pouvait être à la fois puissant, pertinent et décadent. Et que dire de la pépinière de Milan, qui a vu naître de nombreux groupes de métal ces dernières années (nous y reviendrons à l’occasion de futures chroniques, car le dossier Italie est ouvert depuis quelques mises à jour... Lacuna Coil a ouvert le bal). Et Deathless Legacy (hors pépinière de Milan), avec leur Metal gothique et satanique, en est un parfait exemple, vous en conviendrez si vous les connaissez un tant soit peu. Pour les autres, mettons-nous en oreille avec eux...
Voici enfin les Deathless Legacy de retour dans notre Metal actualité, je les attendais avec impatience, car ils sont l’image même de la renaissance du Metal transalpin. Les âmes fragiles et autres oreilles sensibles doivent être prévenues : leur Rock/Metal/Sympho gothisant à la sauce piémontaise et satanique, accompagné de textes résolument anticléricaux, ne sera pas entonné par les ouailles de ma paroisse. Et elles sont encore bien nombreuses ici en Italie, bien susceptibles et peu enclines à rire de la religion. Le groupe c’était fait remarquer des censeurs avec ceci, piste que j’adore, sortie en vidéo il y a peu.

Vous comprenez aisément que ceci puisse faire grincer les dents, faire sortir les hosties des tabernacles. Ce groupe, actif depuis presque 20 années, nous présente Damnatio Aeterna, leur sixième album, après cinq précédents opus acclamés par les fans. Il s’articule autour de la chanteuse à la voix incroyable, un ravissement cette Steva (Eleonora Vaiana) . Dans ce Damnatio Aeterna, elle va s’attacher à mettre en obscurité (en lumière) l’étendue de sa palette vocale qui flirte avec les capacités du démon. Nul doute, un pacte aurait bien été passé, et les Deathless Legacy vont délivrer leur messe noire.

L’album s’ouvre avec le titre éponyme, Damnatio Aeterna, un morceau bien typique d’un Horror Metal Sympho bien exécuté, affichant clairement les clichés du genre. Bien que correct, on était en droit de s’attendre à un antipasti plus conséquent. Get On Your Knees et Miserere suivent agréablement, mais ne parviennent pas à se démarquer suffisamment pour contenir mon impatience.

Le troisième morceau, Communion, se distingue par son atmosphère Doom tout en y apportant des éléments symphoniques. Le chant de Steva tire vers un Rock puissant, avec son timbre dingue, on y trouve des claviers évoquant ceux de Rainbow. Les moments forts de l’album incluent Oblivion, où les guitares et le chant sont mis en avant, et Spiritus Sanctus Diabolicus, avec ses chœurs d’église et ses orgues qui renforcent l’aspect liturgique. Sanctified, la ballade obligatoire, surprend par sa puissance et son refrain accrocheur, démontrant que le groupe excelle dans ce registre. Nightshade nous offre un hard rock plus classique et assez classieux, tandis que Gehenna conclut magnifiquement l’album avec sa touche progressive et sombre, fidèle à la réputation du Horror Metal du groupe.

Malgré un manque évident de mélodie musclée, malgré un manque cruel de prise de risque, malgré un sentiment mitigé inhérent sans doute à une trop forte attente, ce Damnatio Aeterna est une réussite globale et restera une belle découverte pour la majorité d’entre nous. Je vous recommande vivement de les retrouver sur scène où leur style prendra toute sa force. Quant à la voix de Stella, ou la la vous allez rugir, grrrrrrr !

Et alors que les Victoires de la Musique continuent d’ignorer les groupes de rock et de métal, Deathless Legacy nous rappelle que la vraie musique se trouve souvent là où on ne l’attend pas. Ils nous démontrent que le Metal, loin d’être un simple genre marginal, peut être à la fois puissant, mélodique et innovant. Damnatio Aeterna est un album qui mérite d’être écouté et réécouté, non seulement pour ses qualités musicales, mais aussi pour ce qu’il représente : une scène rock italienne vivante, créative et passionnante. En ces temps où le rock et le métal sont ainsi relégués au second plan, Deathless Legacy nous offre une bouffée d’air frais et un souffle de rébellion bienvenu et rafraichissant.

Aux Victoires Pudiques, affiliées aux Victoires Économiques,
ici aux Portes du Metal, on a privilégié les Victoires Metallurgiques.

Tracklist de Damnatio Aeterna :

01. Damnatio Aeterna
02. Miserere
03. Get On Your Knees
04. Communion
05. Indulgentia Pleneria
06. Oblivion
07. Spiritus Sanctus Diabolicus
08. Sanctified
09. Mother Of God
10. Nightshade
11. Gehenna

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