Étrange œuvre que ce Trøst (prononcez Troest) de Danefae. A l’écoute des première note de Fuglekongen, titre d’ouverture de l’album, on peut se dire que c’est un peu une erreur de casting de le chroniquer sur votre site metal préféré. Pourtant il suffit de quelques secondes d’écoutes en plus et surtout de se plonger un peu plus en avant dans la lecture de Trøst pour comprendre que, parfois il ne faut pas se fier à ses premières impressions. Cette chronique de Trøst a toute à fait sa place sur ce site ; l’album est un savoureux mélange de prog rock, de riffs metal et surtout de créativité.
Je ne vais pas vous mentir ; la voix claire, franche et lumineuse de Anne Olesen est pour beaucoup dans ma sélection de Trøst comme album à chroniquer. Celle-ci a été mon point d’entrée dans l’univers du quartet danois. Un vrai compliment pour quelqu’un qui n’a que peu d’accointance avec les voix féminines. Une fois cette clé utilisée pour pénétrer dans le monde de Danefae, la suite a été beaucoup aisée. Les rythmes, ruptures et autres riffs semblent si naturels et la musique tellement facile à apprivoiser que l’écoute répétitive de ces titres chantés en danois s’est avérée attractive, voir addictive.
Les quatre premiers titres sont en permanence sur le corde raide entre folk nordique, rock prog simple et touche de metal. Fuglekongen, Vætter, Natsværmer et Vandskabt vous permettent de plonger dans l’univers du groupe progressivement. Les titres sont en effet de plus en plus imprégnés de sonorité plus lourdes, de guitare agressive (Vandskabt) ou de rythmique plus complexes (Vætter). Les ruptures avec cet équilibre fragile se font par l’intermédiaire de l’audacieux P.S Far er død et du court, instrumental et mélancolique Trøst. Quant au premier des deux titres mentionnés, il permet, grâce à ses douze minutes, des incursions prolongées dans les mondes du metal , qu’il soient prog, post ou heavy.
La fin de Trøst affiche ouvertement les penchants du groupe pour le gros son. L’excellent et progressif Blind mélange allégrement les textures de Genesis avec la rythmique de Dream Theater et la couche de post rock de The Ocean. Un très bel exemple de ce que vous pouvez entendre tout au long des 45 minutes de l’album.
L’album se clôt sur l’original, puissant et résolument prog metal Sang om Håb. Ce final ne laisse que peu de place au rock et s’appuie sur les qualités musicales des musiciens (Anders Mogensen à la guitare, Carl Emil Tofte Jensen à la basse et Jonas Agerskov à la batterie). Bel album donc que ce second LP de Danefae. Un album qui démontre beaucoup de maturité, d’équilibre et de qualité de la part d’un jeune groupe. Une belle découverte.