Attention déferlantes de death bien brutal avec ce dernier Cryptopsy. Les canadiens au bientôt quarante ans de carrière, aux neuf albums (en comptant ce An Insatiable Violence) ne sont pas des enfants de chœurs, font mal depuis des décennies autour du quatuor Flo Mounier (batterie), Christian Donaldson (guitares), Matt McGachy (hurlement) et Olivier Pinard (basse). Le groupe a connu de nombreuses configurations mais est bien stabilisé depuis 2012. Mieux même, de l’aveu des musiciens, la crise sanitaire a permis un gain en efficacité, tout le monde semble plus impliqué et une effervescence contagieuse se fait ressentir dans le gang de Montréal. Musicalement, c’est toujours aussi furibard, les riffs sont bien vénères, c‘est agressif, le groupe a gardé le cap et ne met pas d’eau dans son vin.
Côté thématique, c’est toujours cohérent avec la dénonciation du rapport toxique que l’on peut entretenir avec les réseaux sociaux dans une forme de servitude volontaire moderne avec rapport masochiste à ces fameux réseaux dont on se gardera bien de jeter un discrédit général (pourtant très tentant vu les dérives incroyables qu’on y trouve). Bien sûr il s’y passe de très bonnes choses et une utilisation raisonnée / maîtrisée reste intéressante (et utile) mais comme aime à le rappeler le Diable Bleu, tout est affaire d’éducation, de volonté de comprendre. Bref de vastes débats (pas nouveaux, je sais bien) mais toujours plus prégnant. En tout état de cause des thématiques toutes trouvées pour nos groupes qui ont ici de sacrés sujets d’énervement. Et ça se ressent dans cet An Unsatiable Violence, vindicatif, nerveux à souhait. Une grosse demi-heure en mode rouleau compresseur. C’est toujours aussi impressionnant de virulence. Le groupe a en outre annoncé une belle tournée pour début 2026 avec un passage en France (avec 200 Stab Wound, Inferi et Corpse Pile). Un line-up qui s’annonce méchant avant des passages estivaux en Fest en 2026 déjà annoncés. En 2026, on devrait entendre parler de Cryptopsy.