C’est toujours sympa de retrouver Chris Harms, le chanteur de Lord Of The Lost dont le timbre de voix est reconnaissable entre mille. Il sort son premier album solo chez Napalm Records et, du même coup, s’offre une nouvelle corde à son arc. Pour les amateurs de Chris et Lord Of The Lost, ça sent la bonne nouvelle non ? Sauf à décevoir nos lecteurs et autres amateurs dudit groupe et dudit chanteur, des réjouissances point n’y en aura. Le calvaire commence, et moi avec puisque je suis en train de vous en parler quelques mots. J’aurais dû m’en douter pourtant rien qu’à regarder cette pochette et ce titre bon sang ! Les couleurs criardes et saturées, la coupe mulet du chanteur et ce titre 1980 aurait dû me mettre la puce à l’oreille me direz-vous ? Pensez ! Même pas ! Je m’y suis plongé et ce fut aussi jubilatoire qu’on plongeon tête la première dans une mer à 15 degrés…
Au moins on retrouve le timbre de Chris Harms, c’est rassurant, mais ça ne sera que le seul point rassurant de cet album. Pour tous les amateurs de metal, et je sais qu’ils sont nombreux ici, je ne saurai que vous conseiller de passer votre chemin. Si on peut retrouver quelques titres sympa comme Past Pain, une ballade qui n’en fait pas des tonnes, le reste est à la limite de l’indigeste. C’est truffé de boites à rythmes, de claviers dégoulinants et d’ambiance des pires groupes des eighties. Quasiment aucun titre ne pourra trouver grâce à nos yeux tant c’est ultra daté dans ce style synth-pop, voire presque dépassé. Si certains featurings auraient pu trouver leur place tel celui avec Ronan Harris, The Grey Machines, les éléments electro vont tout foutre en l’air une fois de plus. Et même si tout n’est pas à jeter à la poubelle, la ballade finale May This Be Your Last Battlefield est à tomber car épurée de tous effets et portée par la voix de Chris Harms qui est ici sublime sur un rythme tout en suspension. Le problème c’est que c’est trop peu pour sauver l’ensemble du naufrage.
Pour un premier coup solo, Chris Harms se fourre le doigt dans l’œil s’il voulait garder une fan base rock ou metal. Nombreux seront ceux qui vont tourner le dos à cet album, moi le premier, c’est trop indigeste pour mes oreilles. S’il voulait, en revanche prendre tout le monde à contre-pied, c’est réussi ! Le problème c’est qu’il ne pourra trouver son public qu’auprès des amateurs de pop fluette datée, et le problème c’est que ce public tourne déjà le dos pour partie à Lord Of The Lost. C’est donc un pari très risqué que cet album qui risque de rester au stade de l’expérience musicale. La seule chose qu’on retiendra c’est que Chris Harms au moins, sait se renouveler dans un style complétement différent de ce qu’il fait par ailleurs.
Tracklist de 1980 :
01. I Love You 02. She Called Me Diaval 03. Somewhere Between Heaven And Armageddon 04. Missed Call 05. Madonne Of The Night (feat. Solar Fake) 06. Lunamor 07. Parallax 08. Past Pain 09. The Grey Machines (feat. VNV Nation) 10. Vagueness Of Faith 11. May This Be Your Last Battlefield