Qui dit fin d’Année civile dit étrennes de Noel ! Dans nos sociétés de consommation, ce moment est toujours plus stratégique, ce n’est pas nouveau mais le phénomène ne cesse de s’amplifier. Forcément les maisons de disques / groupes capitalisent et nous avons les « sorties annuelles » souvent faites pour vendre. Ce live de Brutus s’inscrit totalement dans cette démarche car l’historique du groupe ne s’y prêtait pas. Formé en 2013 le groupe n’a sorti que trois albums et a déjà produit un live (Live in Ghent 2020) certes proposé en pleine crise sanitaire et répondant ainsi à d’autres considérations. Ce nouveau live ne s’imposait donc vraiment pas mais entre-temps, le groupe a sorti l’excellent Unison Life (2022) et les belges ont bénéficié d’une réelle hype. L’immense succès rencontré sur la Valley lors du Hellfest 2024 en fut la preuve éclatante. On avait rarement vu une telle masse affluer sur cette scène au point même de regretter que le groupe n’ait pas été programmé sur une des Main Stage.
Grand succès donc forcément, on surfe dessus. C’est de bonne guerre et même plutôt malin. Confirmation de leur ascension, le lieu passe de Gand (superbe ville) à Bruxelles (hormis la Grand Place c’est moins intéressant d’un point de vue architectural). Brutus y est solide, le son est bon, l’ambiance électrique et la setlist au poil. La grande fierté belge de ces dernières années y est à son top et occupe bien l’espace avant le très attendu prochain album. Les flahutes y seront scrutés tant le dernier disque fut bien reçu je l’ai déjà mentionné. Gageons d’avance que se posera l’éternelle question sur comment succéder à un grand disque avec d’immenses attentes qui forcément en biaiseront la qualité intrinsèque. Aussi, le groupe en a déjà profité pour ressortir six titres enregistrés en 2014 et 2015.
Mais je me projette déjà trop. Ce disque arrivera en temps et en heure. Ce Live in Brussels permet de capturer le groupe en pleine hype. Ce disque est donc un excellent témoignage de ce groupe phénomène venu de Louvain (où les fans de cyclisme pensent forcément à Julian Alaphilippe). Stefanie Mannaerts gère toujours aussi bien batterie et chant. Peter Mulders la soutient bien avec sa basse quand Stijn Vanhoegaerden assure la guitare avec talent. Point de trahison mais une sortie honnête. Brutus s’offre ici une production plus anecdotique qui certes ravira les fans et leur permettra d’attendre un nouvel effort de ce phénomène post hardcore / post-rock qui a tant enchanté les fans de ce style avec sa musique lumineuse, bien troussée et hautement qualitative.