Artiste/Groupe:

Belle Morte

CD:

Pearl Hunting

Date de sortie:

Janvier 2025

Label:

Wormholedeath

Style:

Metal Symphonique

Chroniqueur:

KABET

Note:

19/20

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Celui-là je ne l’avais pas vu venir, tel un uppercut alors que ma défense était légère, le poing arrive en pleine face, les oiseaux, écran noir, KO ! Je trouve que c’est un très bon résumé de mon sentiment concernant cet album de Belle Morte qui nous arrive juste pour ce début d’année 2025. Groupe émergeant, innovant et ultra prometteur de metal symphonique, c’est à Minsk en Biélorussie qu’il voit le jour, pays pourtant mis en lumière pour bien d’autres raisons plus sombre que la musique. C’est dans cette contrée assez peu joyeuse qu’ils distillent une musique bluffante, mais je vais un peu vite en besogne, il n’empêche que cette parenthèse géographique est plus que nécessaire à l’écoute des instruments traditionnels distillés sur cet album, mais comme je viens de le dire je vais vite en besogne, reprenons au bon endroit.

Pour les présentations, Belle Morte c’est Sergey Butovsky à la basse et au chant, Belle Morte au chant, Maria Shumanskaya aux claviers, Ilya Rogovoy à la guitare, Ilya Petrashkevich à la guitare également et Rostislav Golubnichiy derrière les futs. Pour cet album s’ajoute Max Kerner au bouzouki celtique, Caterina Castiglioni à la Lyre germanique et Yanina Yakshevich à la Duda Biélorusse et à la sopilka ukrainienne. Donc oui, cet apport d’instruments traditionnels (je dois reconnaitre qu’il m’aura fallu à moi aussi un petit tour sur la toile, certains de ces instruments m’étaient totalement inconnus) va donner une couleur et une émotion au moins égales à l’artwork sublime porté par ce visage très expressif et à la limite de la tristesse. Pearl Hunting est le second album du combo qui va faire voyager l’auditeur très très loin dans un univers parfois totalement inconnu et inexploré, mais d’une beauté à couper le souffle.

Prêts pour le voyage ? Alors c’est parti dès Falling Idol où les instruments traditionnels viennent s’entrechoquer sur les riffs de guitares pour un premier titre à l’inspiration nighwishienne période Tarja du plus bel effet avec un superbe chant clair féminin et un pont qui met en lumière ces instruments traditionnels utilisés sur cette galette. Un premier brulot de très haute qualité. Le groupe enchaine sur Exorcism et cette couleur asiatique que les instruments traditionnels apportent ici, le tout supporté par une belle frappe et des riffs biens soutenus. C’est le mariage de la douceur et de la force, une merveille presque parfaite qui vient s’achever sur un solo à tomber.

A l’écoute de Wintersleep, titre acoustique porté par la voix de Belle Morte qui monte en crescendo, on se sent suspendu, hors du temps jusqu’au sublime final. Alors oui je sais j’utilise pas mal de d’adjectifs qualitatifs sur cette missive, mais il m’est difficile de faire autrement tant cet album est une pure merveille. Si Exorcism nous emporte du côté de l’Asie, sur Loosing Faith c’est en Amérique du Sud que nous continuons ce voyage. Si les riffs sont plus marqués pour notre plus grand bonheur (en tout cas le mien), la batterie se fait plus rentre dedans que le reste mais toujours dans cet esprit mélanco-mélodique. Belle Morte enchaine avec Black Waters, duo vocal féminin masculine tout en suspension sublime ici aussi je me répète. Une ballade magnifique (oui je sais j’abuse de cet adjectif mais quand ça l’est que dire d’autre ?) jusqu’au final sublime. Un morceau hors du temps une fois encore, et un univers tellement passionnant que nous offre Belle Morte. Le groupe propose encore un titre symphonique avec Willow, mais à force il faut reconnaitre qu’ils sont, tout du moins dans l’aspect musical, dans le très haut du gratin de ce style. Aucune fausse note entre les passages orchestrés, les riffs de guitares, les instruments traditionnels, le solo. Tout est posé au bon endroit, une démonstration de métal symphonique et l’un des meilleurs titres de cet album à découvrir d’urgence. On retrouve l’influence Nightwish des débuts sur September avec ce chant saccadé par moment du plus bel effet, mais rehaussé d’un plus grâce aux divers instruments dont l’apport est un réel plus ici. Encore un titre sur lequel il faut foncer pour ne pas passer à côté.

La suite avec Jorogumo est plus que novatrice. Ici la présence de claviers assez dispensable pourrait irriter, mais l’apport de chant hurlé donne une ambiance très particulière d’une sorte de horror metal et sauve l’ensemble. Au final on a un ensemble du plus flippant et excellent. Y’a pas à dire tout ce que touche Belle Morte se transforme en magie (noire ?). Allez une petite dernière avec Krew dont le chant dans leur langue naturelle vient titiller nos oreilles dans ce morceau de metal symphonique parfaitement orchestré et rehaussé de chant hurlé en Russe ou Biélorusse (je vous avouerai ne pas être spécialiste de ces langues) est assez particulier.

Je ne vais pas conclure cette missive, vous l’aurez compris ? On tient rien moins qu’une merveille ici. Tout est interprété à la perfection, l’album ne comporte aucune fausse note pour ce qui sera, à coup sur un très gros coup de cœur de ce début d’année, voire de l’année. Belle Morte c’est vraiment l’un des groupes à suivre si vous aimez le metal symphonique.

Tracklist de Pearl Hunting :

01. Pearl Hunt
02. Falling Idol
03. Exorcism
04. Blame Me
05. Wintersleep
06. Losing Faith
07. Black Waters
08. Willow
09. Spetmeber
10. Jorogumo
11. Krew
12. Exorcism (acoustic version)

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