Artiste/Groupe:

Battle Beast

CD:

Circus Of Doom

Date de sortie:

Janvier 2022

Label:

Nuclear Blast Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15/20

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Pile dix ans après son premier essai, Battle Beast est de retour avec son sixième album intitulé Circus Of Doom. Depuis ses débuts marqués par un mix entre power metal et heavy des 80s, le groupe a peu à peu incorporé d’autres influences à sa recette, n’hésitant pas à accentuer des velléités plus pop et même, récemment, symphoniques. Certains fans n’ont d’ailleurs pas été enchantés par No More Hollywood Endings (cinquième opus du combo), trouvant que la musique des Finlandais commençait à sérieusement manquer de mordant. Circus Of Doom va-t-il les rassurer ? Peut-être bien que oui mais pas forcément (nous voilà bien avancés !).  

Peut-être bien que oui, parce que dans sa globalité, Circus Of Doom est un peu plus énergique et heavy que son prédécesseur. Pas forcément parce que toutes les influences accumulées par Battle Beast ces dernières années sont encore de la partie et qu’il ne s’agit donc pas d’un retour au heavy power pur et simple. Ceux qui n’ont pas aimé les penchants plus pop ou symphoniques, parfois un peu exubérants pour ne pas dire "kitsch", arborés par cette formation devront donc se faire une raison. Même chose pour ceux qui espéraient une belle brochette de gros riffs metal... Les guitares n’ont certes pas disparu (elles offrent d’ailleurs quelques belles parties "lead" ou solos bien chiadés) mais niveau rythmique, on n’est plus sur de l’accompagnement de fond qu’autre chose, ça manque clairement de riffs mémorables. Les claviers, arrangements ou orchestrations ainsi que la chanteuse Noora Louhimo ont tendance à occuper le devant de la scène. Ce sont clairement eux qui mènent la danse. 

L’album démarre avec la chanson titre qui n’est pas la plus percutante du lot mais montre de belles qualités. On est sur quelque chose de très proche de No More Hollywood Endings (la chanson, pas l’album). Le tempo est mid et l’aspect symphonique, mélodramatique, assez poussé (avec des orchestrations dignes d’un péplum et pas mal de chœurs en renfort). La charpente reste cependant assez sombre et heavy (j’aime beaucoup le riff guitare / clavier du début). Les mélodies sont assez énormes et Noora, vocaliste incroyable (fait qui ne se démentira jamais tout au long des dix pistes proposées), brille de mille feux. La suite alternera des titres plus énergiques taillés pour la scène comme Wings Of Light (qui rappellera plus les débuts du groupe), Eye Of The Storm, Freedom ou Place That We Call Home, qui bougent tous bien et possèdent un côté plus ou moins épique (plus pour ce qui est des deux dernières pistes citées... la grandiloquence étant de sortie, on note d’ailleurs un air de Nightwish sur la fin du refrain de Place), et d’autres pistes moins agitées qu’il sera difficile de faire rentrer dans une simple et unique catégorie tant certaines, bien que plus lentes et moins festives, restent assez épiques (Where Angels Fear To Fly) alors que d’autres laissent ressortir davantage le côté (pas très) obscur de la pop que le groupe affectionne tant (The Road To Avalon). 

Bon point : on remarquera que Battle Beast a laissé tomber l’exercice de la ballade guimauve. Aucun morceau de ce type ici. En plus, l’ensemble est rythmé, souvent entraînant (grâce à un sens de la mélodie - parfois trop - enjôleuse particulièrement aiguisé) et fun. Oui, fun. Ecoutez Russian Roulette, improbable tube pop metal avec ses claviers outranciers pour vous en convaincre. C’est osé (ils ont ressorti la batterie électronique des eighties par moment, il y a un break piano bar avec mélodies à la Danny Elfman aussi) mais assez imparable. Autre bon point : Circus Of Doom est concis, dix titres, quarante-et-une minutes. Alors oui, on ne va pas se mentir, dans le style heavy, il y a mieux. Dans le genre sympho aussi. Mais au final, ce cocktail metal pop sympho power un peu bordélique, pompier mais énergique, tubesque et euphorisant, peut emporter l’adhésion... aussi grâce à, je le répète, une sacrée dose de mélodies fédératrices livrées par une chanteuse époustouflante.

Un mot sur l’édition limitée digipack pour finir : elle comprend un deuxième CD avec deux pistes (c’est pas un peu naze de presser un deuxième CD pour huit minutes de musique qui tenaient très bien sur le premier ?) qui sont parmi les plus heavy de l’album. The Lightbringer possède une ambiance bien travaillée avec des duels claviers/guitares virtuoses et Tempest Of Blades est un morceau speed qui, fait assez rare dans ce cru 2022, repose sur un vrai riff de guitare assez old-school. Très sympa. 

Tracklist de Circus Of Doom : 

01. Circus Of Doom
02. Wings Of Light
03. Master Of Illusion
04. Where Angels Fear To Fly
05. Eye Of The Storm
06. Russian Roulette
07. Freedom
08. The Road To Avalon
09. Armageddon
10. Place That We Call Home
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11. The Lightbringer (bonus track, édition 2 CD)
12. Tempest Of Blades (bonus track, édition 2 CD)

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