Nouveau venu dans la galaxie Klonosphère, Ash Twin Project est un groupe français, basé à Agen qui vient nous titiller les oreilles avec un metal progressif à la Opeth, voire post rock dont je lâcherais quelques références dans cette missive. C’est donc l’alchimie de Thibault Claude à la batterie, d’Eglantine Dugrand au chant, Romain Larregain et Robin Claude aux guitares, et Stephane Cocuron à la basse qui a permis au groupe d’éclore pour nous présenter leur premier opus Tales Of A Dying Sun. Ils se sont en grande partie inspirés du jeu vidéo Outer Wilds, et j’en arrêterai là l’argumentaire sur ce sujet, mes connaissances en la matière sont bien trop faibles, ou tout du moins trop anciennes pour beaucoup. Pourtant l’écoute de cette galette n’est pas simple d’approche, ce n’est pas un projet fait de singles de trois minutes. Nous sommes ici sur des structures complexes, des changements de rythmes avec des harmonies planantes, le genre d’album à appréhender en plusieurs écoutes minimum.
Il est d’ailleurs précédé du single Coelacathe qui résume bien ce que je m’égosille à expliquer juste avant. La voie d’une rare pureté d’Eglantine donne ce côté planant qui nous renvoie vers des groupes anglo saxon de la scène indépendante nineties tels les Cocteau Twins ou les Sundays, les guitares distordues accentuent encore plus cette inspiration (oui je sais c’est un feeling purement personnel, mais je tenais à l’évoquer ici). Le titre part dans plusieurs directions, plus ou moins violentes puisque le chant hurlé qui fait le contre-poids du chant clair entraine l’auditeur dans les profondeurs de leur univers pour ensuite le faire remonter à la surface. Pour une entrée en matière ça décoiffe, c’est complexe, mais tellement bien exécuté. On se laisse porter par leur musique comme une plume le serait par le vent entre brises et tourbillons.
The Wilds qui suit est pour le coup très typé pop punk nineties, certains dont l’auteur de ces lignes, prendront un malin plaisir à retrouver ces sonorités presque oubliées d’une autre époque. Alors oui certains dans le fond me diront qu’on est loin du metal, certes oui, mais ne serions-nous pas ici….Aux portes du metal (pour paraphraser un excellent webzine) ? Ash Twin Project poursuit son œuvre avec Isolation où la présence de growls masculins vient, une fois encore, contrebalancer le chant clair d’Eglantine dans un registre toujours sublime, avec ici un solo qui assure un max et une superbe ligne de basse. Si Sunless City part dans les mêmes sons et les mêmes harmonies, c’est surtout son final rentre dedans qui montre que le groupe en a sous le capot et sait très bien rameuter les plus metalleux autour de leur projet. Le chant growlé sur les riffs beaucoup plus marqués de guitares c’est juste excellent.
Le dernier titre de cet LP Moon démarre par une intro guitare basse qui nous rappelle direct les Cranberries (toujours cette inspiration anglo irlandaise nineties). Si le final est là aussi un peu plus punchy, ce sont surtout les changements de rythmes et l’ambiance planante prog qui ressortent de ce morceau. Le groupe ici aussi surfe avec les frontières du metal, voire les dépasse presque par moment avec une extrême justesse.
Au final nous sommes face à un album très complexe, qui par moment risque d’en irriter certains, mais il faut reconnaitre que le projet non seulement tient la route, mais qu’en plus il est exécuté avec brio. Le groupe flirte avec les frontières du metal, nous fait voyager tantôt calmement, tantôt avec des secousses (hé oui par moment dans un avion il y a des turbulences), et c’est extrêmement bien vu de leur part. Un premier album qui fait mouche et donne envie de connaitre la suite.
Tracklist de Tales Of A Dying Sun :
01. Coelacanthe 02. The Wilds 03. Isolation 04. Sunless City 05. Moon