Artiste/Groupe:

Architects

CD:

The Sky, the Earth & All Between

Date de sortie:

Février 2025

Label:

Epitaph Records

Style:

Metalcore Moderne

Chroniqueur:

ced12

Note:

14/20

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Bien sûr, Architects est associé à la scène metalcore dont il est un des fiers représentants. Sauf que là où nombre de groupes peinent à sortir d’une masse assez uniforme de formations un peu standardisées, Architects a réussi à bien progresser et fait désormais partie des mastodontes de la scène mais pas que, ayant une place élevée sur les affiches de Fest Metal. Le groupe a aussi connu un parcours sinueux avec le décès en 2016 de Tom Searle guitariste regretté du groupe. Cela a forcément marqué les membres du groupe et ce décès tragique continue de hanter Sam Carter (chant) et encore plus Dan Searle (batteur) qui n’a rien moins perdu que son frère. Après la disparition, un certain Josh Middleton avait dépanné le groupe. Ce dernier est parti en bons termes pour prioriser son projet de cœur Sylosis mais la solidarité et l’affection entre les musiciens reste bien présente. Vu le décalage de styles entre les deux groupes, on comprend aisément que leurs chemins artistiques se soient séparés.

Architects c’est donc un paradoxe entre un groupe qui se développe et fonctionne superbement bien et des musiciens marqués par la vie. Le dernier album avait réalisé ce genre d’exploits que l’on aime : une réception critique assez froide mais un groupe qui continue sa progression et dont le succès augmente. L’explication de cette apparente contradiction vient du fait que le groupe a toujours plus édulcoré son metalcore, toujours plus mélodique. Pour ne pas dire commercial. Alors oui on va retrouver de bons breaks bien metalcore, rentre-dedans et qui feront un malheur en live. Aucun souci là-dessus. Mais les refrains sont presque mielleux. Au passage, point marrant, je me rends compte que je ne pense qu’à des aliments sucrés lorsque j’écoute du metalcore (et pourtant je suis de ceux qui préfèrent le salé et qui n’ont aucun problème avec un tripou au petit déjeuner un jour de Fête de Village !) . Etonnante connexion non ? Peut-être pas si surprenant que ça allez savoir.  

Pour ce disque, les anglais ont débauché Jordan Fish qui a œuvré pendant une bonne décennie aux synthés chez Bring Me The Horizon. Il en était aussi le producteur et c’est dans ce rôle qu’il est venu bosser sur ce disque. La connexion entre les deux groupes n’est donc pas que liée au fait qu’il s’agisse là de formations devenues majeures dans le paysage metal moderne. Oui, les quelques titres plus pop qui coexistent avec des pistes plus nerveuses, brisage de nuques garantie. La formule Architects désormais bien calibrée depuis quelques disques fonctionne à fond, même si on notera que le groupe a présenté en singles des morceaux plus nerveux (avec de très belles vidéos au demeurant, très ambitieuses visuellement). Architects poursuit donc son ascension avec son histoire particulière, son mode de fonctionnement spécifique (le batteur Dan Searle ne participant plus aux tournées du groupe mais seulement à la production studio). Après avoir ouvert pour Metallica (lors d’un des deux fameux Stade de France récents), ce sera bientôt pour Linkin Park que le groupe déclenchera les hostilités live. Avec ce nouveau disque, le groupe peut voyager tranquille, le succès devrait être au rendez-vous. La scène metalcore en dépit des réserves de nombre de metalleux se porte toujours mieux drainant un public jeune. N’en déplaise aux (un peu) plus âgés, ainsi va la musique, ainsi va la vie. Je ne l’ai pas vécu mais lorsque le grunge est arrivé, probable que nombre de hardos exprimaient alors leurs désaccords. A notre tour d’être un peu décontenancé par ces groupes qui font désormais le bonheur des festival(ier)s. Pas si jeunes au demeurant ces formations mises en route au cours de la décennie 2000 et dont le succès sera de fait venu plus tardivement, ce qui n’est pas un moindre paradoxe je trouve, avec ces groupes composés de trentenaires (voir jeunes quadras à présent) plaisant à un public de core kids. Là où le néo metal s’était effondré « naturellement », il semblerait que le metalcore soit en passe de s’imposer sur la durée. Et Architects en étant un de ses meilleurs représentants, il n’est guère surprenant de le voir tirer son épingle du jeu. 

Tracklist de The Sky, the Earth & All Between :
 
01. Elegy
02. Whiplash
03. Blackhole
04. Everything Ends
05. Brain Dead (Feat. House Of Protection)
06. Evil Eyes
07. Landmines
08. Judgement Day (Feat. Amira Elfeky)
09. Broken Mirror
10. Curse
11. Seeing Red
12. Chandelier

 

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