Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre avec April Art mea culpa. Groupe de nu-heavy-modern metal crossover (tout un programme) allemand marqué par les tenues rouges du groupe ainsi que la chevelure de la chanteuse teintée de la même couleur et qui m’a de suite fait penser à Kontrust (dont je ne saurais trop vous conseiller d’écouter leur musique pour ceux qui auraient loupé le coche), mais la ressemblance s’arrêtera là. Jusque-là OK pourquoi pas, je vais me pencher un peu sur cet ovni composé de Lisa-Marie Watz (accompagnée de sa chevelure, ouais je sais je suis lourd) au chant, Chris Bunnell à la guitare, Julian Schuetze à la basse et Ben Juelg à la batterie, et qui présente son troisième album (quoi déjà ? La vache j’ai du retard moi !), Rodeo dont l’artwork est assez sympa avec une Lisa-Marie allongé sur une statue de cheval immaculée du plus bel effet. Bon il est sympa le mec qui écrit et qui jacte d’artwork (et un peu relou), mais alors cet album ? C’est comment ’tain ?
Ok ok j’arrive ! Bon je vais vous conter ce qui s’est passé. Je l’ai écouté une fois…. Je l’ai écouté une seconde fois… Je l’ai écouté une troisième fois (oui oui j’arrête), et donc je pourrais arrêter cette missive ici parce que voilà ce qui s’est passé, je suis resté sans voix, tout simplement. Je venais juste d’offrir à mes esgourdes l’un des meilleurs albums de l’année, voir plus qui m’a mis un uppercut bien placé pour un KO des familles rarement vu, et rien que pour ça, chapeau bas. Le groupe envoie la purée directe sans fioritures dès Rodeo le premier single, marqué par le jeu de batterie monumental de Ben Juelg, sorti tout droit de l’enfer et qui donne la couleur de l’album. Il est assisté de parties de guitares distordues à fond et le chant de Lisa-Marie sorti direct de ses tripes. Premier titre, première mandale.
Pas le temps d’attendre le comptage de l’arbitre que Burn arrive, dans la même lignée que Rodeo, mais rehaussé d’un refrain assez sympa et mélodique qui s’enchaine sur une seconde partie qui sonne comme une déferlante de guitares, chœurs et batteries sorties ici aussi d’outre tombe. Et vlan la droite maintenant ! A ce rythme je verrais jamais la fin moi, ça sent le KO technique. Le temps de reprendre son souffle avec Who I Never Meant To Be avec des guitares légèrement moins saturées, mais avec un chant plus hurlé qui maintient le côté vénère à l’ensemble pour maintenir l’auditeur que nous sommes dans les cordes. Bim la gauche en pleine face maintenant, mais je reste debout (pas pour longtemps). En effet arrive Not Sorry, dont le marqueur bien énervé du groupe est au premier plan, comme sur le reste de cet album, avec les parties de batteries superbes couplées aux riffs puissants de guitares et le chant qui envoie tout : puissance quand tu nous tiens. Ce titre est aussi accompagné d’un solo plutôt sympa, preuve que Chris Bunnell assure aussi sur les parties techniques et un gros son de basse. La chanson complète et encore une mandale pour ma pomme. Bien sûr le groupe assure et tente des trucs différents à l’ambiance Royal Republic version boostée sur Jackhammer, les whoo-hoo auraient presque pu être imputés à ces derniers. L’ambiance générale, les éléments electro, le côté punchy et le chant légèrement rappé juste ce qu’il faut pour que ça passe crème dans mes cages à miel, en font une chanson presque parfaite qui allie modernité et bourrinage, en un mot une tuerie et moi dans les cordes à genoux à attendre le décompte (mais je me relève encore une fois).
April Art ne ménage pas l’auditeur, c’est le moins que l’on puisse dire, il suffit d’écouter Let Em Go où ils lâchent les cales, ni plus ni moins. Le titre le plus puissant de cet opus (comme si cela puisse encore être possible), percutant à souhait pour nous achever et nous laisser au tapis. Vous l’aurez compris, chers lecteurs que celui qui écrit ces lignes vient de retourner sur sa chaise après un KO mérité, une serviette autour du coup, sonné comme il faut, mais April Art est aussi un groupe sympa qui nous offre une version acoustique de Not Sorry pour nous remettre de nos émotions, et en plus cette version est, là aussi, bien réussie et tout en retenue, montrant ainsi une autre facette intéressante de leur talent. Mais comme ils sont aussi un peu taquins, une petite dernière claque derrière la tête avec Change Part II marquée là aussi par le chant rappé et un refrain mélodique qui se marient à merveille. Légèrement moins puissant que le reste, mais vu mon état, c’est déjà top pour moi.
Vous l’aurez compris, je vais panser mes plaies, April Art m’aura scotché, achevé, démonté avec Rodeo, et vous savez ce que j’ai refait une énième fois ? Demi-tour, play et je remonte sur le ring. Rodeo ? Une tuerie ! Voilà c’est simple à comprendre non ?
Tracklist de Rodeo :
01. Rodeo 02. Burn 03. Who I Never Meant To Be 04. Not Sorry 05. On Your Side 06. Jackhammer 07. Let Em Go 08. Head Up High 09. Not Afraid 10. Not Sorry (acoustic) 11. Change Part II