Six ans, c’est long. D’autant plus quand il s’agit du laps de temps écoulé entre deux albums d’un groupe qu’on apprécie fortement ! Et oui, Origine, chroniqué ici, est sorti en 2019. Ancient Bards fait partie de ces groupes ayant sorti quatre albums, pour autant de réussite, ce qui n’est pas si courant. Le groupe promet d’avoir pris son temps pour composer un album de très haute volée. Bon, les groupes nous servent ce discours à chaque sortie, mais ne leur jetons pas la pierre, ils ne vont pas dire l’inverse. Il faut bien se vendre un minimum. Entre les déclarations, l’attente et la qualité des précédents opus, j’en attends forcément énormément. Le combo a invité quelques musiciens pour l’occasion : Mark Jansen (Epica), Gabriele Boschi (Winterage) ou encore Francesco Cavalieri (Wind Rose). Et, la marque de fabrique du groupe, un gros chœur de quarante deux chanteurs. Epique !
Rien de très original, Luminance And Abyss est l’intro typique d’un groupe de Metal Symphonique. Ambiance cinématographique avec des orchestrations massives et de la narration. Et les chœurs alors ? Eh bien ils démarrent My Prima Nox et effectivement, on en prend plein les oreilles, les quarante deux choristes sont bien au rendez-vous ! Quel plaisir de retrouver le groupe là où il nous avait laissé, c’est à dire en grande forme, chœurs, refrain puissant, une basse ultra présente, des soli de guitare à vous défriser la moustache, bref, ça fait du bien ! The Vessel débute un peu comme un ballade, avant qu’un refrain épique et puissant vienne nous emporter. Refrain chanté par Francesco Cavalieri, bien exploité ici ! Encore une fois, les chœurs reprenant le refrain sont, encore, incroyables. On continue dans le hautement qualitatif avec The Empire Of Black Death qui prend une tournure bien plus véhémente grâce à l’apport de Mark Jansen. Sa ligne de chant bien violente avant l’explosion des chœurs sur le refrain est parfaite. On lorgne logiquement vers du Death Metal et c’est un titre qu’on pourrait presque retrouver sur un album d’Epica. Un début d’album qui frôle la perfection. Malheureusement, la suite va faire retomber quelque peu le soufflet.
Unending est une ballade dont la première partie fait penser à une chanson de générique Disney. En outre, le chant ultra aigu de Sara Squadrana irrite un peu à la longue. Mais heureusement la deuxième partie avec le solo de guitare et les chœurs apporte un peu de contenu et sauve le titre. En revanche, je ne comprends pas l’intérêt d’avoir collé ce titre au suivant, Ministers Of Light. Autant avoir une ballade pour respirer après un début en fanfare, c’est concevable, mais Ministers Of Light n’apporte vraiment pas grand chose. Sorte de ballade bancale qui nous fait cette fois-ci sortir de l’album, alors que tout était si bien parti. Et chose étonnante, ce sont ces deux titres qui ont été choisi comme deuxième et troisième singles ! Le titre suivant, Proximity, est étrange. Sympathique, mais on arrive pas à savoir où le groupe veut aller. Une sorte de grosse interlude, ce qui nous fait donc trois titres d’un coup en plein milieu d’albums, qui n’ont pas grand chose à voir avec le reste. Fort heureusement, les Italiens se reprennent avec Soulbound Symphony, qui avait été dévoilé en premier single. Gabriele Boschi vient poser quelques lignes de violon en introduction. Pour la suite, on retrouve nos esprits avec un titre digne des standards du groupe. My Blood And Blade, Mystic Echoes et Under The Shadow voient poursuivre la voie du groupe vers une musique plus extrême, et pour le coup c’est bien vu. Les growls sont posés à bon escient et ne dénaturent pas la musique du groupe. Mention spéciale pour Under The Shadow qui, comme The Empire Of Black Death plus tôt dans l’album allie parfaitement les chœurs grandioses à du chant death. En revanche, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, la chanson titre qui clôt l’album n’est pas un titre fleuve, mais une outro, pleine de chœurs, frissons garantis ! On termine comme on a commencé, le sourire aux lèvres !
Après six ans d’absence, Ancient Bards nous livre un album largement plus que correct, mais malheureusement entaché par trois titres au milieu de l’album, bien en dessous du reste de l’album. C’est dommage car le reste est d’excellente facture. Les invités sont bien utilisés, les orchestrations grandioses, les chœurs bluffants, les refrains percutants, les soli de guitares nombreux et le gros plus du groupe, cette basse toujours aussi présente. Un album imparfait mais qui reste largement au-dessus de la grande majorité des groupes de Metal Symphonique, c’est dire les qualités indéniables de ce groupe.