L’ouverture de End Of Time, le troisième album studio des néerlandais de An Evening With Knives, me fait invariablement penser à Patty Smith. Pas dans le son lourd ou la voix de graveleuse de Marco Gelissen. Non, dans une rythmique spécifique très proche du People Have the Power de la chanteuse punk-rock étasunienne. La ressemblance s’arrête là. Avec toutefois le (bon) fond punk que ni leur illustre ainée, ni les hollandais ne peuvent renier. Brut de décoffrage et sans fioriture, End of Time balance ses titres simples et courts à force de rythmique punk rock ou stoner et de riffs de guitare.
Le tout est malheureusement un peu inégal en qualité. Si Pride of Lions est très intéressant, All They Need (un rock rustique à la rythmique stoner doom) et Death (son sale et typé année 90) ne m’apportent pas le même plaisir d’écoute. Le regain d’intérêt gagné grâce au plus changeant et moins linéaire Old Man exemplifie ce côté montagne russe de l’album. Le côté psychédélique des claviers et la rythmique, tous les deux œuvre de Jarno van Osch, apportent un vrai plus au titre. Le titre éponyme de l’album (End of Time) met en lumière ce côté un peu amateur, garage rock, que l’on ressent ou devine à l’écoute de l’album. Pas à la hauteur du titre précédent, il me fait penser à certains titres de Noir Desir du tout début des années 90.
La fin de l’album ne me fait pas changer d’avis. Voices est moyen et n’apporte rien de spécial ; mais il est suivi du plus attractif The Mistake avec sa rythmique changeante, ses riffs plus mélodiques et plus attrayants et sa fin en mode marteau & enclume. Le trio hollandais (car j’ai omis de parler de Peer van Grunsven à la basse) clôt l’album sur le planant S21, un titre qui me fait penser à du Monkey3 pour sa partie musicale, et qui me donne une impression de déjà entendu. Bref un album pas inintéressant, lourd et un peu maladroit, et qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.