Décidément la scène Franc-Comtoise a le vent en poupe ces derniers mois.
PAN a sorti un excellent EP 6 titres chez Araki Records en novembre 2024 qui a fait franchir un palier au groupe de Besançon.
Puis encore un peu plus récemment c’est du côté de Vesoul que ça a frappé fort : le nouvel excellent album de MembraneDeathly Silence sorti en Janvier 2025. Le même mois c’est une nouvelle formation de Besançon qui sortait son premier album : Hølls.
Place maintenant à un autre poids lourd de la scène locale, Alta Rossa revient deux années après Void Of An Era. Moins death metal, plus post metal, cet album est aussi plus ambitieux et marque une vraie étape de franchie par le groupe. Un nouveau palier gravit par Alta Rossa, la maturité ?
Le quintet bisontin composé de Jordan Daverio a la guitare, Thomas Dubois à la guitare, David Demesmay à la basse, Mathieu Martinazzo à la batterie et Antoine Lauzel au chant a su faire évoluer son style par petites touches, sans tout chambouler d’un seul coup, jusqu’à trouver la bonne formule.
Il y a tout de même des éléments death toujours présent dans la musique de Alta Rossa, on s’en aperçoit rapidement dès les quelques premières minutes de Exalted Funeral, on est parfois proche du blast, on frôle les accélérations viscérales, on apprécie cette tension palpable, on aime ça.
Surtout que la superbe prod, mixé et masterisé par Thomas Fournier, permet d’apprécier encore plus la qualité des compos. Les morceaux sont astucieusement placés dans la tracklist, ainsi Delusion est le parfait mélange de passage death et d’autres post metal, quant à The Emperors c’est le versant post metal qui l’emporte. Après une jolie interlude nommée Dédale, place à l’un des titres les plus beaux de cet album. The Art Of Tyrant et la sublime voix féminine qui se fait entendre, la batterie très présente qui apporte un rythme saccadé, une montée en puissance de tous les instants, la guitare un peu plus aérienne nous permet de respirer un peu, un excellent titre.
On a l’impression que ce morceau et le suivant ne font qu’un, Where We Drown Our Nightmares est en fait plus une autre interlude qu’un réel morceau mais clairement dans la continuité directe de The Art Of Tyrant, comme une conclusion à ce morceau. Un autre aspect bien maîtrisé par Alta Rossa, les ambiances. Mis à part From This Day On qui est frontal et sans concession, un brûlot death in your face, les trois autres titres développent des ambiances, lugubres, sombres, mais intéressantes et qui contribuent à poser les morceaux, prendre le temps de digéré tout ça, rendre le tout plus accessible. Placées au début des morceaux, ça permet de rentrer tranquillement dans les compos, se dire qu’en concert l’intensité des montées progressives des trois derniers titres de l’album doivent valoir des points.
Ajouter à cela un superbe artwork signé Simon Chognot (Blaeks), et vous obtenez un album assez remarquable. Alta Rossa devient bien plus que le petit groupe qui monte, ils sont maintenant dans la catégorie du haut.
Tracklist A Defiant Cure :
01. Exalted Funeral
02. Delusion
03. The Emperors
04. Dédale
05. The Art Of Tyrant #Slashtheminotaur (ft. Lauve)