Artiste/Groupe:

Allegaeon

CD:

The Ossuary Lens

Date de sortie:

Avril 2025

Label:

Metal Blade Records

Style:

Death Melo, Death Tech, Death Core

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

15.5/20

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Pour Allegaeon, rester immobile n’est pas une option. Le groupe de Death Metal technique originaire de Fort Collins, Colorado (états-unis), n’a jamais toléré la stagnation. Il prospère dans le chaos, le changement, l’évolution. Leur septième album, The Ossuary Lens, marque non seulement un retour à la forme, mais surtout celui du chanteur originel Ezra Haynes, parti en 2015 après Elements of the Infinite. Remplacer un frontman est toujours un défi. Le voir revenir près de dix ans plus tard, dans un groupe qui entre-temps a étoffé son Death mélo d’éléments Prog et techniques, relève presque de la magie.

Les trois albums précédents exploraient une approche vocale plus mélodique, presque épurée - un virage intéressant qui a su revitaliser Allegaeon. Mais quel plaisir coupable d’entendre à nouveau le timbre râpeux d’Haynes sur un album aussi brutal qu’abouti. La dualité vocale entre clarté et extrême atteint ici un sommet, magnifiée par une production tranchante comme une lame. Et comme toujours chez Allegaeon, les paroles naviguent du côté de la science et de la réflexion cosmique, autant de concepts qui nourrissent une musique toujours plus ambitieuse.

Le son du groupe, autrefois centré autour de la guitare dans un Melo Death volontiers démonstratif, a depuis évolué vers une fusion que les intéressés décrivent eux-mêmes comme "Melotech" : un Death Metal à la fois mélodique, technique, et progressif. Une belle bête.

Sans être un concept-album à proprement parler, The Ossuary Lens tisse son fil rouge : la mort. Chaque morceau explore un angle différent de cette thématique inépuisable, comme un kaléidoscope funéraire. L’album a été majoritairement écrit par Haynes, lors d’une retraite créative commune avec les autres membres. Ce recentrage lui donne une couleur plus affirmée, plus déterminée. Et ça se ressent : The Ossuary Lens cogne dur, propulsé par la rythmique volcanique du duo Jeff/Brandon. La technicité ne bride jamais la mélodie, ni les passages plus aérés. Un équilibre rare.

Mais assez causé. Passons à l’épreuve du feu.

The Swarm est l’étendard de cet album. Un morceau vif, violent, exalté. Un tourbillon sonore qui vous décoiffe de l’intro jusqu’à l’outro. Attachez vos ceintures, amies lectrices, amis lecteurs - ça va secouer, vous voilà prévenu.

Envie de remettre ça, n’est ce pas ? Allez-y franco avec Carried by Delusion, pure décharge de puissance et de précision, en un mot, chirurgical !

Dark Matter Dynamics, quant à lui, s’ouvre sur une intro aussi brillante qu’inattendue signée Adrian Bellue. Sa musicalité, sa structure et sa tension font de ce morceau un sommet de cette galette. Il tutoie le divin. À ranger dans le Panthéon d’Allegaeon, aux côtés du monumental Imperial.

Tous les titres ne brillent pas avec cette même intensité. Scythe ou Driftwood, plus directs, plus bruts, me parlent moins — sans doute trop typés “US Metal”, un peu bourrins, un rien trop carrés, plus Core aussi. Mes chastes oreilles apprécient bien moins, toutefois, leur place dans l’ensemble reste justifiée.

Au final, The Ossuary Lens est un album dense, soigné, sans compromis. Allegaeon, plus fort que jamais, prouve qu’il reste une référence incontournable du death Metal technique. L’accueil est d’ailleurs à la hauteur, fédérant des fans de tous horizons. Et la suite s’annonce chargée : singles, vidéos, tournée mondiale... Espérons une escale sur le vieux continent !

Addictif ? Carrément. Notre Ced devrait kiffer.

Tracklist de The Ossuary Lens :

01. Refraction
02. Chaos Theory
03. Driftwood
04. Dies Irae
05. The Swarm
06. Carried by Delusion
07. Dark Matter Dynamics (feat. Adrian Bellue)
08. Imperial
09. Wake Circling Above
10. Scythe

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