Wacken Open Air - Jour 2

Date

02 Aout 2013

Lieu

Wacken

Chroniqueur

Florentc

L I V E R E P O R T

Le deuxième jour est bien souvent le plus long, avec le plus de groupes à voir. Et cette année ne déroge pas à la règle. Les festivités démarrent dès midi avec Tristania, qui commence sous une chaleur étouffante (grosse canicule ce jour-ci au Wacken). Sans la sortie du très bon dernier opus des Norvégiens, nul doute que j'aurais zappé leur performance tant j'avais laissé de côté le groupe. Finalement les Norvégiens vont délivrer un set correct, mais sans plus au regard de ce que proposeront les autres formations. Le groupe a joué un morceau de Beyond The Veil (chanson titre) et un de World Of Glass (The Shining Path), ce qui est bien mais trop peu à mon goût tellement j'aime ces deux albums. Mais avec un set d'une heure c'est normal de piocher sur toute la discographie, et miser sur le dernier album, naturellement mis en valeur avec Number, Darkest White, Night On Earth, Himmelfall et Requiem, soit la moitié du set. Et ce sont ces titres qui passent le mieux sur scène. Un début de journée en douceur en somme.


Place ensuite à Powerwolf, et là la donne change. On ne peut que constater la popularité énorme du groupe en Allemagne. D'ailleurs Preachers Of The Night, sorti à peine une semaine avant, est déjà numéro un des ventes en Allemagne, tous styles confondus, ça laisse rêveur... Très grosse foule pour un groupe se produisant en début d'après midi. Dès le début Powerwolf met tout le monde d'accord, le son est énorme, et Attila Dorn se révèle être un bon showman, courant un peu partout. Les titres s'enchaînent et passent comme une lettre à la poste. Que des tubes, des hymnes à la pelle, le public connaît tout par coeur et chante à tue-tête les refrains faciles du groupe. Si tous les titres sont bien choisis, et que les nouveaux morceaux passent avec une facilité déconcertante le cap du live, je regrette malgré tout l'absence totale (hormis Lupus Dei) de titres issus des deux premiers opus. Exit donc les Kiss Of The Cobra King, In Blood We Trust, Saturday Satan, Prayer In The Dark ou encore Mr Sinister. Dommage... Mais pour le reste ça décoiffe !


Changement de scène pour aller faire un tour du côté de Ugly Kid Joe, que je voulais vraiment voir. C'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir ce groupe phare du rock américain des années quatre-vingt-dix. Whitfield Crane met le public dans sa poche et n'arrête pas de bouger, un bon showman. Le groupe joue bien, et les titres les plus connus rencontrent un franc succès, à l'instar de Neighboor, Cat's In The Cradle chanté en partie par le public, et bien entendu le final avec Everything About You. Petite surprise sympa, l'arrivée de Phil Campbell pour une reprise du Ace Of Spades de Motörhead. Un bon condensé de bonne humeur et d'énergie, fort sympathique.


Petit coup de fatigue à l'amorce de Pretty Maids, il faut dire que ce jour-là, la chaleur a calmé pas mal de monde ! Je n'ai pas trouvé le son extraordinaire, c'est simple, la voix de Ronnie Atkins était inaudible au début et il y avait trop de basse. Je retiendrai surtout un Little Drops Of Heaven très agréable en live et le classique Future World en fin de set. Une longue soirée m'attend, je décide alors de faire l'impasse sur Soilwork afin de faire un brin de sieste et repartir de plus belle pour Sabaton.


Sabaton sera une des claques du Wacken. Leur power metal fait merveille sur scène, Joakim Broden court partout, saute, fait le grand écart, communique et passe son temps à blaguer avec le public entre les chansons, énormément de pyrotechnie de déployée ce soir là, et des musiciens en verve. Le show débute par The Final Countdown, pendant que le groupe rentre sur scène, inutile de dire qu'il n'y a rien de mieux pour chauffer le public qui s'époumone déjà sur cet hymne avant même l'entrée des Suédois. Les classiques Ghost Division, Primo Victoria et Cliffs Of Gallipoli sont de la partie ainsi que quelques nouveaux titres (nouveaux étant un brin exagéré, le dernier album étant sorti l'an passé) qui feront de ce show un excellent moment. Comme à l'accoutumée, Sabaton termine son set par Metal Crue, un hymne hommage aux groupes qui les ont influencés.


Place maintenant à l'énigme du Wacken, j'ai nommé Motörhead. Quelques semaines avant, nous apprenions que les Anglais allaient annuler leur tournée d'été à cause des problèmes de santé de Lemmy. Finalement, Motörhead va décider de ne garder qu'une seule date, le Wacken. C'est donc tout naturellement que je vais me frayer un chemin pour essayer de revoir ce groupe légendaire, car vu la tournure des événements, on peut se demander combien de temps ils pourront encore tourner, alors autant en profiter. Seulement voilà, à peine arrivé sur scène, on sent Lemmy à bout de souffle, le concert débute sans trop de conviction. Après seulement quelques titres et trente minutes, Lemmy s'en va et ne reviendra pas, le concert s'arrête, obligeant les organisateurs à venir s'excuser et demander une ovation pour Lemmy. Le comble est qu'on aura entendu deux fois Ace Of Spades finalement pendant ce Wacken, mais jamais par Motörhead ! Triste... D'autant plus qu'à l'opposé joue Corvus Corax que j'aurais bien voulu revoir également, mais que j'avais laissé tomber, privilégiant la légende. Tant pis, on va patienter avant le gros show tant attendu de Doro, qui fête ce soir-là ses trente ans de carrière.


Aussi incroyable que cela puisse paraître, lorsque Doro déboule sur scène, le public reste presque de marbre, et elle aura un mal fou pour faire monter le show en température. Je ne sais pas si c'est la fatigue ou le contrecoup de Motörhead, mais le public ne bouge pas. Pourtant la scène est énorme, sur deux étages, et Doro débute son set par I Rule The Ruins, difficile de faire mieux comme entrée en matière. Comme l'on pouvait s'y attendre, un certain nombre d'invités seront de la partie. Ainsi on retrouve Chris Boltendahl de Grave Digger (qui va jouer en dernier ce soir-là) sur East Meets West, Uli Jon Roth (encore lui !) sur Für Immer, qui sera dédié à Ronnie James Dio. Egalement une excellente interprétation du Metal Tango en compagnie de Frau Schmitt et Eric Fish de Subway To Sally, deux reprises : Denim And Leather avec évidemment Biff Byford et Breaking The Law avec Phil Campbell, qui aura eu le temps de se préparer ! J'attendais particulièrement All We Are, et je n'ai pas été déçu. Eric Fish, Joakim Broden et la belle surprise, Corvus Corax, vont venir sur scène pour ce grand moment. En revanche, tout le monde pensait qu'il allait s'agir du grand final, sauf que le groupe est revenu pour nous jouer Earthshaker Rock alors qu'une bonne partie du public partait. Etrange, et au final une fin de concert qui sonne mal. Doro aura livré comme d'habitude un vrai bon show, mais entaché par un début et une fin un peu bancals.


La fin de journée approche, je vais voir ASP, groupe dont je suis vraiment très fan, mais totalement inconnu ailleurs qu'en Allemagne (là-bas le groupe possède une bonne base de fans et cartonne pas mal). Impossible que je les rate ! Le groupe pratique une musique plutôt rock gothique, assez difficile à décrire, il faut écouter ! Un peu déconcerté par les deux premiers titres joués, A Prayer For Sanctuary et Wechselbalg se veulent très lents, trop lents pour un groupe qui débute son concert à une heure du matin. Heureusement ASP a réussi à réveiller la foule le reste du set, avec un bon jeu de scène, de la pyrotechnie bien sentie et quelques tubes que le public connaît par coeur : Werben et Ich Will Brennen en tête ( voici le lien du concert en qualité pro : http://www.youtube.com/watch?v=Y1JFbEI4O6M ).


Dernier groupe à jouer, Grave Digger ; ça fera trois Wacken et trois fois Grave Digger. mais c'est toujours un plaisir de voir ces légendes du Heavy Allemand. Une nouvelle fois le groupe Van Canto sera présent sur la totalité du concert, ce qui rend franchement bien, d'autant plus que l'ambiance est toujours festive. Je trouve en revanche la set list moins prenante, et le show un peu poussif au début. En revanche, bravo au groupe de jouer des morceaux autres que les habituels. Rassurez-vous, les mythes tels que Excalibur ou Knights of the Cross sont bien de la partie, de même que Rebellion, qui explose tout une nouvelle fois ! Cette fois-ci en plus de Van Canto c'est Joakim Broden qui revient sur scène (il aura bien amorti sa journée ! ) en compagnie de The Badpiper, un joueur de cornemuse cracheur de feu (si si, cherchez "The Badpiper" sur youtube). Combinez ça à une ambiance totalement détendue et festive et vous obtenez une excellente performance. Bien entendu le final se fait sur Heavy Metal Breakdown, de l'ultra classique mais on en redemande encore ! Voilà une bonne grosse journée qui met sur les rotules. Et dire qu'il reste encore le dernier jour... la vie est dure !


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