L I V E R E P O R T
La petite salle du Korigan est bien pleine ce soir avec environ 180 personnes. La salle est biscornue avec une partie haute, où une bonne partie de la foule est installée, et une fosse au fond de laquelle un stand merchandising a été dressé. On y trouve aussi un bar en partie haute. La scène est basse, à peine 50 cm plus haute que la fosse. Heureusement la salle comporte pas mal de points stratégiques pour les nains (comme moi), qui permettent de prendre un peu de hauteur et de profiter pleinement du spectacle. La soirée est animée de main de maitre par la French Heavy Metal Connection (que nous saluons). Le son est excellent et l'usage de bouchons (presque) superflu. La lumière est globalement bonne pour une petite salle, pas non plus exceptionnelle. La soirée est assez homogène avec deux groupes régionaux ouvrant pour Myrath : Forgin' Fate et Pryde. Les deux groupes sont en formation à six (deux guitares, une basse, un clavier, un batteur et un chanteur), ce qui laisse très peu de place aux chanteurs pour évoluer sur la petite scène. On a de la chance, les deux chanteurs, plus Zaher, le chanteur de Myrath, sont tous excellents. Côté musiciens, on est aussi gâtés, avec un sacré niveau, autant côté guitares que claviers et batteries. Après une heure trente de route, nous retrouvons Kevin Codfert, à l'entrée, qui nous confie nos entrées. Myrath et Kevin étaient à Strasbourg la veille, pour le concert de Tarja, dont ils font la première partie sur les dates françaises, ils ont donc roulé toute la nuit et très peu dormi. La tournée se passe bien, le stand merchandising a été pris d'assaut par les fans de Tarja après que Zaher ait interprété un petit duo sur scène avec elle à Lyon. Marrant. Ils doivent encore passer à Paris, et, croisons les doigts, ça devrait être là que leur passage au Hellfest se décidera. La salle attend de pied ferme les locaux, on peut y voir parents, amis, grands-parents, c'est franchement sympa. Les lumières s'éteignent vers 21h.
Forgin' Fate
s'accapare la scène. C'est un groupe de St Rémy de Provence, pas très loin d’ici. Le chanteur,
Fab, est excellent et son accent, entre les morceaux, fleure bon la farigoulette. Son anglais est, par contre, impeccable pendant les morceaux.
Le son de son micro est un peu faiblard quand
Damien
et
Nico, respectivement basse et claviers, assurent des chœurs, leur son est plus fort que celui de
Fab, dommage. Je trouve le jeu basse/chant de
Damien
excellent. Leur set fait la part belle aux nouvelles compos, avec juste le dernier morceau,
Imminent Explosion
, extrait de leur premier album
Antares
.
Fab
annonce que leur second album est d'ailleurs en préparation, et qu'une démo ainsi que leur premier CD est en vente au stand. Les deux guitaristes,
Eric
et
Fred, assurent parfaitement, l'un cantonné à la rythmique l'autre balançant de très bons solos inspirés. Ils ont l'air contents d'être là, et donnent tout. Leur power metal progressif, et bien speedé, est toujours très mélodique. La soirée commence fort !
SetList Forgin' Fate :
Tria Mera
Leave Me
Wondering Soul
Son of Darkness
Duel of the Fates / Fields of Fire
Imminent Explosion
C'est ensuite aux Marseillais de
Pryde
de reprendre le flambeau. La place est bien chaude, il va falloir assurer. L'ami Blaster avait chroniqué
Absence Of Light
le premier album de
Pryde, avec pas mal d'éloges, ce qui forcément avait attiré ma curiosité. Eh bien, assurer,
Pryde, ils savent faire. D'abord, avec à leur tête,
Val, la pile électrique, c'est déjà plutôt bien parti, le gars est une bête de scène, même malgré le peu de place disponible entre les membres de son gang et leurs instruments.
Les autres assurent super bien, que ça soit
Seb
et sa superbe basse Ibanez, ou bien les deux gratteux qui alternent les solos, même si
Cyril, à ma gauche (et avec le même t-shirt de
Pain of Salvation
que moi ce soir là), semble le plus soliste du team.
Je note aussi, avec une pointe de déception, que
Chloé, derrière les futs dans l'album, a disparu, remplacée par
JP, nettement moins glamour (excuse moi,
JP, mais c'est vrai non ?). Ceci dit le
JP
a assuré "sa race", avec en point d'orgue son set sur l'instrumental au titre de
Scrotum
(ils ont l'habitude de donner des noms de codes, idiots en général, à leur morceaux avant de leur trouver un titre définitif). Excellent ce morceau, les gars ! Pour le coup,
Val, file sur l'escalier qui mène aux loges, qui domine le public et permet une vue plongeante sur ses acolytes à l'œuvre.
Val
est très à l'aise sur scène, il plaisante, grimace, rigole, apostrophe les gens qu'il reconnait dans le public. Il répond à ceux qui lui crient les noms codés des chansons (sboob !), tout le monde se marre. Côté chant, il assure aussi un max, grimpant dans les aigus, et gardant une puissance impressionnante. Il souhaite "bon anniversaire" à son père, présent, et du coup la salle reprend en chœur la chanson. Le groupe est bien en place, malgré le fait qu'ils n'aient pas joué sur scène depuis quelques temps, explique
Val. Ils jouent au final trois de leurs nouvelles compos, dans un style heavy / speed / power / prog assez original, qui ne laisse présager que des bonnes choses pour ce second opus. Encore un set de grande qualité, avec encore un très bon chanteur, mieux servi côté mixage.
Setlist Pryde :
Absence Of Light
Purgatory
Proof Of Faith
Duality
“Scrotum”
The Otherside
The Escape
Trapped in a Dream
Les choses s’agitent sur scène pendant qu’on évacue le matos des deux premiers groupes et qu’on installe celui de
Myrath. Le piano passe de la gauche à la droite, et se retrouve un peu caché derrière la sono et dans l’ombre, on ne verra pas beaucoup
Elyes, c’est dommage car il vit son set plutôt énergiquement. J’attends ce concert avec une certaine impatience, rappelez vous, le 11 novembre dernier, la tournée d’
Orphaned Land
passait par Marseille, avec en première partie
Myrath,
Arkan
et
Artweg. Nous avions à cette occasion réalisé une édition spéciale. Hélas le concert n’avait pas eu lieu à cause d’une coupure de courant (un 11 novembre) dans tout le quartier du Poste à Galène. Aujourd’hui, vengeance ! Non seulement
Myrath
revient, mais cette fois, ils sont en tête d’affiche, pour la première fois en France ! Ca fallait la peine d’attendre. D’ailleurs, je reconnais pas mal de têtes déjà là le 11 novembre. Nous aurons donc droit à une heure vingt de
Myrath
plutôt que quarante-cinq minutes sur la tournée
Orphaned Land
(et trente minutes en première partie de
Tarja
). Les Tunisiens attaquent fort, avec l’excellent
Sour Sigh
, le son est excellent, avec notamment un chant particulièrement bien mis en valeur.
Kevin
au fond de la salle est aux manettes et il fait un excellent boulot pour mettre en valeur chacun des musiciens de
Myrath. Eri, la danseuse du ventre (et petite amie de Kevin me souffle ma voisine) vient ponctuer certains morceaux de jolis mouvement orientaux, en changeant de costume à chaque fois.
C’est sympa. A la batterie, on retrouve
Morgan
qui a maintenant rejoint officiellement
Myrath
(depuis novembre 2011) et qui malgré une fatigue visible, assure comme une bête. Je le trouve particulièrement à l’aise au sein de
Myrath, je pense que ce style musical convient bien à son jeu, j’ai hâte de l’entendre sur le prochain album. C’est aussi lui qui a la responsabilité d’envoyer les samples, assez nombreux sur chaque morceaux.
En effet, et ils nous l’avaient bien expliqué pendant l’interview de novembre, tous les sons orientaux (violons, percus, ...) sont préenregistrés, car trop compliqués à mettre en œuvre sur scène. Le résultat est très bon.
Anis
est très impressionnant, caché derrière une basse Yamaha six cordes aussi énorme que lui est menu, il envoie un véritable mur de son.
Elyes
secoue son piano et sa tête furieusement, c’est bien celui qui bouge le plus. Il assure aussi pas mal de chœurs. D’où je suis, je vois assez mal la guitare de
Malek, du coup je ne vois pas grand chose de son jeu pourtant impressionnant, balancé sur une unique Ibanez sept cordes.
Il se déplace une fois vers le centre, mais encore une fois, la scène est petite et donc les musiciens sont plutôt statiques.
Zaher
parle un peu entre les morceaux, mais semble moins à l’aise avec le public que
Val, par exemple. Un peu coincé. Il est souriant et nous fait quand même taper des mains ou scander certains morceaux. Ils filent quelques minutes en loge, puis reviennent pour un rappel de deux morceaux, dont un déjà joué, ce que je trouve plutôt bizarre pour un groupe qui a quand même trois albums à son actif. Je suppose qu’ils n’avaient juste pas assez répété de matos avec
Morgan
pour tenir en tête d’affiche. Il faudra probablement corriger ça à l’avenir. Par exemple, sur douze titres joués ce soir, quatre-vingts pour cent proviennent de
Tales Of The Sands
leur dernier album en date, deux seulement sont extraits de
Desert Call
et
rien n’a été joué de leur premier album,
Hope
.
Setlist Myrath:
Sour Sigh
Braving The Seas
Merciless Times
Under Siege
Wide Shut
Tales Of The Sands
Madness
Forever And A Day
Dawn Within
Requiem For Goodbye
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Beyond The Stars
Merciless Times
Vraiment une super ambiance pour cette soirée, tous les groupes se rendent disponibles dès la fin du set de Myrath, signant des autographes, papotant, prenant des photos avec leurs fans. C'est vraiment sympa. Je me fais signer une affiche par tous les membres de Myrath. On discute un peu avec tout le monde, je salue aussi Ahmed le père de Malek, et aussi le manager du groupe avec lequel j'ai pas mal discuté par mail. Je ne le savais pas, mais ils avaient un créneau au Hellfest 2011, mais leur label l’a refusé, prétextant que c’était trop tôt le matin. Ahmed le regrette aujourd’hui et n’est pas du tout sûr que Myrath puisse avoir une opportunité en 2012, il accepterait pourtant n’importe quel horaire nous confie t-il, réponse très bientôt. Nous quittons ce petit monde, il est déjà 1 heure du mat' et il nous reste 1h30 de route. Dur, mais des soirées comme celle là, on en voudrait tous les week-ends.
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