Mike Tramp + Emji

Date

20 Septembre 2014

Lieu

Vauréal

Chroniqueur

Blaster of Muppets

L I V E R E P O R T

Mike Tramp, le rockeur (ou plutôt ex-rockeur) danois principalement connu comme la voix de White Lion était de passage en France, au Forum de Vauréal le samedi 20 septembre dernier. Pour mieux coller à son orientation musicale la plus récente, le show est acoustique et le monsieur est seul avec sa guitare et quelques samples. Qu'elles sont loins, les années 80 avec coiffure improbable, tenues colorées, grandes salles remplies de fans de hard FM... Là, c'est petite salle, concert assis, ambiance tamisée avec quelques tables rondes (sur lesquelles brillent de petites bougies) disposées dans ce qui d'habitude sert de fosse. L'occasion de voir un artiste comme Mike Tramp se produire dans un tel cadre est assez inhabituelle et les Portes du Metal se devaient de ne pas louper ça.

En guise d'apéritif, c'est une jeune femme nommée Emji qui se présenta sur la scène du Forum. La demoiselle n'est pas franchement connue de l'assistance qui s'est déplacée pour Tramp et propose une musique qui n'a rien à voir avec le passé du Danois mais qui est plus raccord avec son orientation du moment. Nous ne sommes donc pas du tout, vous l'aurez compris, en territoire hard rock mais nous voyageons plutôt sur des terres pop, folk et plus si affinités. Et pour peu que l'on soit un peu ouvert d'esprit, la virée est loin d'être désagréable.

                    

Le programme est simple : une guitare, une voix. Oui, mais quelle voix ! On aime ou on n'aime pas le style ou les chansons présentées par Emji mais il sera difficile de nier qu'elle possède un timbre intéressant et une technique indéniable. La voix est belle, puissante et la chanteuse s'amuse à varier les registres et montrer son aisance dans des montées acrobatiques pas nécessairement à la portée de tous. Les premières compos sont chantées en anglais et sont très plaisantes, Emji nous avertit avec humour qu'elle a également des chansons en français. L'une d'entre elles sera d'ailleurs dédiée à un anonyme (qui, n'osant probablement donner son vrai nom, prétendra s'appeler Roger lorsque la jeune femme l'interroge) ; cette compo est censée décomplexer les hommes... elle s'appelle Tes poignées d'amour. Pas du tout mon style de musique, mais c'est fun et sympa. 

Les deux reprises (Call Me de Blondie et Toxic de Britney Spears) proposées par la chanteuse sont intéressantes et me font redire que cette jeune femme sait vraiment bien utiliser sa voix. Bref, voilà une première partie de soirée inattendue et agréable.

 

Une fois cette petite mise en bouche passée, on est prêt pour Mike Tramp venu nous présenter son tout nouvel album Museum

Mike débarque tout seul avec sa guitare et son chapeau (rassurez-vous, il porte des habits aussi), nous salue et commence le concert avec une vieille compo du lion blanc, Little Fighter. Début très sympa qui permet à quelques fans dispersés dans l'assistance de chantonner discrètement sur le refrain. Mais comme pour nous dire qu'il n'est pas que l'ex-chanteur de White Lion, Mr. Tramp enchaîne immédiatement avec une chanson de son avant-dernier disque (Cobblestone Street) intitulée Revolution. Bon choix, c'est une des compos les plus réussies de ce disque, du moins c'est mon avis. L'atmosphère dans la salle est bonne et, vu le dispositif mis en place (tables, chaises, bougies...), forcément calme... mais respectueuse et enthousiaste. A chaque début ou fin de chanson, le public applaudit très chaleureusement. On notera quand même un petit zeste de ferveur supplémentaire quand le Danois entame une chanson du répertoire du fameux groupe qui l'a fait connaître dans les années 80. C'est comme ça. Tell Me (tirée de Pride, l'album de tous les hits), en troisième position dans la setlist, permettra ainsi à quelques vieux fans d'accompagner (toujours très discrètement) le chanteur sur son refrain imparable.

Mike Tramp s'adresse à nous très régulièrement, nous raconte des anecdotes, revient sur certains moments de sa vie et de sa carrière... il nous rappellera également plusieurs fois à quel point nous le rendons fier et heureux d'être là ce soir, parmi nous. Dans ces conditions, comme ne pas se sentir privilégié ?
Il nous annonce que, ce soir, il va jouer un peu de toutes les différentes périodes de sa carrière... et ce ne sont pas des paroles en l'air ! Le premier mot qui me vient à l'esprit pour résumer cette soirée : générosité. Je peux le dire tout de suite : vingt-neuf chansons, deux heures et quarante minutes de musique, mesdames et messieurs... rien que ça !!! Et ce qui est encore plus sympa : il y a eu des imprévus ! Cela s'est senti à différents moments mais j'en ai eu la preuve quand, en fin de soirée, j'ai jeté un oeil à la setlist scotchée sur la scène du Forum et vu qu'elle ne comptait que vingt-cinq compos (ce qui, déjà, est loin d'être ridicule). Mike s'en est d'ailleurs amusé à plusieurs reprises, notamment lorsqu'il a attaqué assez tardivement dans le show le classique Lady Of The Valley (toujours de l'album Pride de White Lion) et s'est arrêté quelques secondes pour dire : "Attendez, est-ce que je suis vraiment supposé faire cette chanson ? De toute façon, je dois vous avouer que je n'arrive pas bien à lire la setlist !"

Comme annoncé, Mr. Tramp revisite donc sa carrière et ne fait pas que nous jouer des vieux classiques (même si la setlist en compte tout de même une bonne dose) destinés aux nostalgiques. Il nous présente son nouvel album Museum à travers trois extraits (seulement) disséminés à différents moments du show. Il y aura eu d'abord Trust In Yourself, puis And You Were Gone et enfin Mother. Assez tôt dans le concert, j'ai personnellement beaucoup apprécié le moment consacré à Freak Of Nature (groupe que j'ai toujours préféré à White Lion). Trois chansons des années "Freak" furent enchaînées : la ballade Need (de l'album Gathering Of Freaks) ainsi que Rescue Me et Turn The Other Way du premier album éponyme.

Je ne vais vous pas faire la setlist chanson par chanson, cela n'aurait aucun intérêt (si vous voulez savoir tout ce qui a été joué, rendez-vous plus bas, en fin d'article). En revanche, il me semble plus intéressant de vous dire que la voix du ténébreux (car nettement moins blond qu'à une époque) Danois a toujours ce petit grain qui la rend immédiatement reconnaissable et que le monsieur chante bien (avec une intensité et une sincérité qui font plaisir à entendre) tout au long de la soirée.

                    

Entre toutes ses compos extraites aussi bien des années White Lion, Freak Of Nature ou solo (en passant par des albums comme Capricorn ou Recovering The Wasted Years), Mike nous gratifie de confidences, anecdotes et quelques notes d'humour. Le monsieur est très naturel et accessible... Simple et, du coup, éminemment sympathique.
Quelques moments choisis ? En voici quelques-uns dans le désordre et sans liens particuliers entre eux : le chanteur tend un médiator à un (très) jeune garçon debout et enthousiaste depuis le début du show puis lui tend la main et lui demande vingt euros avant d'éclater de rire (il fera monter le gamin sur scène à la fin du concert, sympa). A un autre moment, Tramp se rappelle les années où il jouait dans des grandes salles comme le Madison Square Garden de New York pour nous dire qu'il se sent bien plus heureux et apaisé avec nous ce soir. Il dédie la chanson Cry For Freedom à un vieil ami (un fan français qui le suit depuis ses débuts) présent dans la salle ce soir et sourit en disant à cet ami (visible dans la vidéo d'époque) qu'il a bien changé depuis. Il demanda à ce même ami d'aller lui chercher une bière au bar pendant une de ses nombreuses anecdotes. Il nous raconta aussi dans quelles conditions il avait écrit certaines chansons (comme Warsong de White Lion, écrite après l'annonce par le président Bush senior de l'entrée des Etats-Unis dans la guerre du Golfe au début des années 90). Mike accepta aussi de jouer Wait (toujours White Lion) pour nous faire plaisir parce que, vraiment, il ne pouvait plus la voir celle-là... mais bon, vu l'excellente soirée passée en notre compagnie, il ne se voyait pas nous la refuser. Sur cette chanson, il dit "Et maintenant, je vais fermer les yeux et imaginer l'excellent solo joué par Vito Bratta à l'époque", solo que Mike n'essaya évidemment pas de reproduire. Il nous parla aussi un peu de son enfance et de ce qui avait inspiré la (belle) chanson Cobblestone Street qui porte le nom de la rue de Copenhague où il a grandi. Etc. 

Quand la soirée se termine, sur un Farewell To You de circonstance (et après deux rappels qui inclurent notamment une petite reprise de Thin Lizzy, Southbound), deux heures quarante se sont écoulées... Et nous avons le sentiment d'avoir partagé un beau moment avec Mr. Tramp. A la fin du show, il descend de scène et vend lui-même son dernier album, serre des mains, signe des livrets et se prête avec plaisir au jeu des photos avec les fans. Vous ne serez donc pas surpris de me voir conclure en vous disant que ce fut une bien belle soirée.

Setlist de Mike Tramp : 

01. Little Fighter
02. Revolution
03. Tell Me
04. Trust In Yourself
05. Need
06. Rescue Me
07. Turn The Other Way
08. Nothing At All
09. More To Life Than This
10. Hungry
11. And You Were Gone
12. Wait Not For Me
13. Better Off
14. Have You Ever
15. What Am I
16. Cry For Freedom
17. Cobblestone Street
18. Mother
19. Warsong
20. Darkness
21. Mr. Death
22. Broken Heart
23. Lady Of The Valley
24. When The Children Cry
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25. All Of My Life
26. Radar Love
27. Southbound
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28. Wait
29. Farewell To You

ATTENTION BONUS : Pour m'excuser des photos peu variées prises ce soir-là (vous reconnaîtrez que ce n'est quand même pas très facile, après tout, c'est juste un gars et sa guitare derrière un micro), je vous offre pour finir (roulement de tambour)... les pieds de Mike Tramp ! De rien. 

Enfin, je tiens à remercier l'équipe du Forum de Vauréal, toujours aussi accueillante et sympa ! 

 

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