Epica

Date

09 Décembre 2012

Lieu

Paris

Chroniqueur

Ostianne

L I V E R E P O R T

Le 9 décembre était placé sous le signe des concerts à Paris cette année. Comme depuis le mois de septembre, la capitale accueille de nombreux groupes, parfois le même soir, et c'était le cas en ce dimanche froid et pluvieux : Epica au Bataclan, Luca Turilli's Rhapsody au Trabendo et Mass Hysteria au Divan du Monde. Pour Epica, les fans sont au rendez-vous, faisant presque salle comble. Pourtant, le groupe est déjà passé à Paris, dans la même salle en avril dernier, et la déception quant au contenu du nouvel album avait fait ses preuves, le groupe ne jouant que très peu de nouveaux morceaux.

Mais Epica n'est pas venu seul et, comme en avril dernier, a pris des collègues néerlandais dans ses valises : Stream of Passion. Le groupe avait visiblement séduit au pringtemps dernier car certains ont plus fait le déplacement pour la bande de Marcela Bovio que pour celle de Simone Simons. N'étant que deux groupes à se partager l'affiche, on se dit que les deux vont jouer des sets plus longs, Simone l'annonçant même au début du set d'Epica. Mais finalement, ce n'est pas vraiment comme ça que ça va se passer. 

C'est donc à Stream Of Passion d'ouvrir le bal. Si les trois premières compositions et les trois dernières de leur set n'ont pas changé, le groupe joue deux titres, The Scarlet Mark et My Leader, qui sont inédits en France. Le groupe est en forme, il faut dire qu'ils viennent d'entamer une petite tournée de fin d'année et que Paris est la deuxième date. Marcela est toujours juste avec sa voix cristalline et semble aller explorer des notes plus graves et plus maîtrisées qu'il y a quelques mois. Le groupe nous a habitués à des "pitreries" sur scène, ainsi, Johan van den Stratum se montrait assez présent avec sa basse. Il se fait cette fois plus discret, laissant à Marcela un peu plus d'espace pour asseoir son charisme. Mais chasser le naturel et il revient au galop, alors, sur la fin, le bassiste est partout, virevolte, saute, se penche sur sa basse, va faire des petits coucous à ses compères et on ne voit bientôt presque plus que lui.
C'est peut-être ça qui rend le public aussi statique, ou peut-être parce que la musique de Stream of Passion ne se prête pas si bien que ça à l'expérience du live. Le groupe batave s'écoute en fermant les yeux, et non en headbanguant, et les appels de Marcela pour que le public montre un peu d'entrain retombe bien vite comme un coup d'épée dans l'eau. Seul le final, The Endless Night et In The End, pour lequel Marcela sort son violon électrique, feront un peu plus bouger les fans présents dans la fosse. C'est bien dommage parce que le son est quand même meilleur que la dernière fois, moins de saturations permet d'apprécier à sa juste valeur le chant et la musique de Stream of Passion. Le groupe s'attire tout de même la sympathie du public, surtout que la frontwoman fait l'effort, une fois de plus, de parler en français. Et la jeune femme l'a compris, on est chauvin, donc on aime qu'on nous parle dans la langue de Molière et on se dit "ah elle est bien cette petite !".

Setlist de Stream Of Passion

01. Lost
02. Passion
03. Collide
04. The Scarlet Mark
05. My Leader
06.
Out In The Real World
07. In The End
08. Street Spirit
09. The Endless Night

Le premier groupe quitte la scène et se dirige vers le stand de merchandising, pour ensuite repartir peu avant l'arrivée d'Epica. C'est avec Karma que le concert commence, et la question qu'on se pose, c'est combien de temps cette intro qui ne consiste qu'à passer un tambour va durer. Car il faut le dire, cette intro n'apporte rien et ne fait pas monter la pression dans le public. Heureusement, le groupe ne se fait pas trop attendre et c'est sur Monopoly Of Truth que commencent les hostilités. Il faut dire qu'à force de l'entendre, cette chanson passe mieux en live que sur CD. Mais pour certains, une grande interrogation entre en scène en même temps que Simone Simons : que lui est-il arrivé ? En effet, la jeune femme semble avoir perdu beaucoup de poids, en soi cela ne regarde personne et ne nécessite pas de commentaires, cependant sa "métamorphose" physique a une incidence sur son chant. En effet, une technique vocale est adaptée à la corpulence de la personne, la morphologie ayant une incidence, par exemple, sur la colonne d'air. Par conséquent, cela se ressent sur le chant de la jeune femme tout au long de la soirée : chansons interprétées un ton en-dessous, samples vocaux pour soutenir/doubler la voix de la rousse. Petit conseil pour Epica, entre le 19 décembre, dernier concert de la mini tournée et le 23 mars prochain, date du grand concert organisé à l'occasion des dix ans du groupe, faites une pause et laissez votre chanteuse reprendre des forces et du poil de la bête. Des groupes qui comptabilisent deux-cent dates par an c'est rare, et il y a des raisons à cela, la santé en étant probablement l'une des premières.

On referme la parenthèse et on repart sur le concert pour lequel, d'après Simone, le groupe a prévu une longue setlist. Il s'avère qu'elle ne sera pas si longue que ça, Epica ne jouant que quinze morceaux. Certes, il comprend des titres longs comme Serenade Of Self-Destruction ou Consign To Oblivion. Le groupe est assez en forme, le public aussi, on notera vers le milieu des premiers rangs un groupe de groupies de Mark Jansen qui crient chaque fois qu'il s'approche de cette partie de la scène. L'homme arbore un grand sourire et se montre toujours complice avec ses partenaires masculins. Avec la chanteuse aussi, mais ils semblent moins proches qu'il y a quelques années. Sur Consign To Oblivion, Coen Janssen jouera avec Mark, Isaac Delahaye et leurs guitares. On est habitué à ce genre de petit jeu sur ce morceau, tout comme la balle que se renvoient le claviériste et le batteur pendant l'intro, mais il est toujours plaisant de voir un groupe qui continue de prendre du plaisir sur scène.

Si Internal Warfare ne fait pas plus plaisir que ça aux fans qui se montrent assez discrets, malgré une belle démonstration de la maîtrise d'Isaac, le retour de titres comme Martyr Of The Free Word ou Quietus va mettre le feu. C'est peut-être Fools Of Damnation qui surprendra le plus, un fan se retrouve sur la scène et headbangue furtivement avec le groupe. Simone en sourira, la sécurité un peu moins, prise au dépourvu et n'ayant pas vu le coup venir malgré quelques crowd surfing. La déception viendra peut-être aussi d'une habitude qu'on a prise et qui n'est pas honorée ce dimanche. Cry For The Moon résonne, et ayant vu Marcela Bovio accompagner le combo au violon au printemps dernier, on est un peu déçu qu'elle ne soit pas là, mais c'est surtout quand Sancta Terra est annoncée qu'on est quasi-sûr que la deuxième chanteuse de la soirée viendra. En effet, en 2010, Floor Jansen (ex After Forever, ReVAmp et actuellement guest de Nightwish) avait rejoint Epica pour un duo, et lors de leur dernier passage, Marcela et Manuela Kraller (Xandria) étaient apparues. Cette fois-ci, Simone interprétera seule le titre issu du troisième album de la formation. En revanche, l'habituelle version disco de The Phantom Agony fera danser le public qui entame même une petite chenille. La foule est assez survoltée, Epica sait vraiment faire plaisir et surtout bouger son public bien que sur les nouveaux morceaux, la moitié de la salle se montre moins réceptive. Arien van Weesenbeck fait durer un peu les morceaux avec des petits solos de batterie à la fin de plusieurs titres, petit effet pas forcément des plus utile.

L'heure du rappel a sonné, et après le discours de Coen (plus aimable qu'au dernier MFVF pour ceux qui y étaient et s'en souviennent) il ne reste plus que trois chansons, comme toujours. Et il est l'heure de prendre conscience que le groupe nous a un peu menti au début du set. Oh la longue setlist, le long concert avec quinze morceaux, comme en avril, en 2010 et ainsi de suite lorsqu'on revient en arrière. On s'attendait à plus, à des morceaux plus rares ou joués il y a longtemps pour cette setlist spéciale Paris, mais il s'avère qu'Epica a choisi un schéma assez conventionnel (malgré la très bonne surprise de Quietus). On va dire qu'ils n'ont pas trop voulu tirer sur la corde et reposer un peu Simone qui montrera quelques faiblesses, accompagnées par quelques fausses notes ça et là.

Setlist d'Epica

01. Karma
02. Monopoly Of Truth
03. Sensorium
04. Unleashed
05. Martyr Of The Free Word
06. Internal Warfare
07. Serenade Of Self-Destruction

08. Quietus
09. The Obssessive Devotion
10. Cry For The Moon
11. Sancta Terra
12.
The Phantom Agony
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12. Fools Of Damnation
13. Storm The Sorrow
14. Consign To Oblivion

Une soirée assez sympathique nous a été proposée par les deux groupes qui ont été inséparables en 2012. Stream Of Passion semble avoir conquis de nouveaux fans, reste à voir ce que leur musique donnerait en concert en tête d'affiche. Et pour Epica, une chose est sûre cette année, ils semblent avoir compris que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes et que le virage pris avec Requiem For The Indifferent n'a pas vraiment plu au public, ménagé avec d'anciens titres bien plus appréciés.

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