30 Seconds To Mars

Date

23 novembre 2011

Lieu

Marseille, Le Dôme

Chroniqueur

hellblazer

L I V E R E P O R T

Pour ce dernier show français du marathonien Closer to the Edge Tour de 30STM (300 concerts sur une seule tournée et par la même une entrée au Guiness Book des records), c’est au Dôme de Marseille que les américains viennent débaler leur arsenal, pour défendre (s’il en est encore besoin) leur dernière galette, This Is War, croulant sous les récompenses diverses.

Pour l’occasion, il ont invité Whites Lies, jeune combo british venu soutenir leur deuxième album, Ritual. Lourde tâche que la leur, puisque la faune peuplant la salle, majoritairement féminine (moyenne d’âge 17 ans), hurle à tout rompre à la moindre évocation de leur idôle musico-cinématographique, le bien nommé Jared Leto, star incontestée de la soirée. Soyons honnête : pendant un instant, je doute du bien fondé de ma venue, fan de métal et du groupe depuis le début… me serais-je fourvoyé ? Aurais-je vendu mon âme au diable ? Cette salle exsudant la progestérone prépubère me rend perplexe et me rappelle les midinettes hystériques de mon premier concert (Goldmann, j’avais 14 ans). Mais bon, si Leto & Co font péter les watts, une partie du public risque d’en prendre pour son grade. Restons donc ouverts à toute possibilité…

White Lies démarre son set peu avant 20h. Les cinq jeunes proprets en chemise/jeans, armés entre autres de peu menaçantes Telecaster et de deux claviers ne paraissent pas très vindicatifs. Et de fait, leur musique, agréable, mêle électro et rock (light) alternatif, et se voit rehaussé (ou handicapé par, selon les moments) de la voix de Harry McVeigh, genre de Dave Gahan en plus haut vocalement. Rappelant fortement Depeche Mode, avec quelques touches de guitare parfois bien senties, c’est un amuse-gueule de sept titres homogènes et pas si indigestes, poliment acclamé par la foule (qui fait trembler les murs à chaque fois que McVeigh fait une déclaration dans laquelle les girls peuvent entendre les mots « 30 Seconds To Mars », même si le reste est du yaourt auditif… du délire, je vous dis !).

Judicieuse idée, même si pas 100% innovante, le groupe propose durant le montage de leur scène une projection de leurs vidéos sur les deux écrans géants qui encadrent la pyramide symbolique figurant sur le dernier album. Là encore, à chaque apparition de Leto à l’écran, c’est l’hystérie collective. Elles vont nous ruiner les tympans avant que la moindre note ne soit jouée…

30 Seconds To mars

Ponctuels comme un coucou suisse, c’est à 21h que s’éteignent les lights, alors qu’arrive Shannon Leto pour marteler sa rythmique guerrière, Escape, le discours intrônisant de This Is War, avant que n’explose à sa suite (et à l’apparition en « vrai » de Jared Leto, qui déclenche une pamoison de masse dans la fosse et les tribunes avec un hurlement qui menace l’infrastructure du Dôme) le hit Beautiful Lie. Pas de fringue trop invraisemblable cette fois-ci pour le frontman, ni d’ailleurs – et c’est un coup dur – de voix chaude et envoûtante. Il laisse la foule chanter la moitié des lyrics et peine sur l’autre moitié. Sans doute la phase d’échauffement, mais le première impression est décevante. 

30 Seconds To mars

Fort heureusement, il ne tarde pas à se chauffer (la voix, car pour le reste, c’est un zébulon à ressort, instable et halluciné, qui arpente la scène et harangue la foule sans limite). Plein de bonnes idées destinées à donner du relief au show, la bande de Leto commence à dégainer ses accessoires, en l’occurrence un lâcher de gros ballons et de baudruches sur la foule (ça rebondira un bon moment) tout en l’harponnant avec un This Is War fédérateur. Inutile de préciser que la marée humaine effectue tous les chœurs présents sur le disque. Le son est excellent, les cheveux vibrent, le bassiste est à la fête (il restera dans l’ombre toute la soirée, ainsi que le troisième guitariste). La foule mange la main du chanteur, qui lui fait faire ce qu’il veut (s’accroupir, sauter, chanter, taper dans les mains, la ola, et ce jusque dans le fin fond des tribunes, hélant même un papy qui « ose » rester assis). 100 Suns défile vite, suivi d’un long Search and Destroy, coupé en trois parties, entre lesquelles Leto speeche sec et interpelle encore et encore le public pour en tirer le meilleur, entre autres sur les breaks vocaux des NO NO NO NO ! Surfant sur l’osmose, il enchaîne avec un Vox Populi on ne peut plus d’à propos. Pendant ce temps, Tomo Milicevic assure les parties de guitare entre Stratocaster et Les Paul, lui aussi remonté à bloc et doté d’un gros son, fort heureusement bien dosé. Shannon Leto n’est pas en reste et prouve qu’il est un batteur de talent doté d’une forte présence, son drum-set étant mis en avant de la scène, au même niveau que ses deux comparses.

30 Seconds To mars

La saccade de Night Of The Hunter (dispensable) précède la prise de possession de la scène par Shannon, qui offre un sobre L490 (son morceau) en acoustique, tandis que quelque chose se trame en coulisse.

Pendant que personne n’y prête attention, Jared Leto s’est glissé au cœur des gradins, un micro installé là pour l’occasion, trônant au milieu d’un forêt de fans aussi interloquées qu’hystériques (oui, c’est au féminin, car il y a vraiment peu de garçons dans le coin !). Communion avec le public plutôt attachante, qui voit Leto seul en mode guitare folk/voix enchaîner Alibi, A Modern Myth et The Kill (en versions très softs mais superbement bien chantées). Il en profite pour faire venir à lui une jeunette (environ 14 ans) à qui il offre un bisou, son t-shirt et de rester à ses cotés durant cette partie du set. Elle a du être la star à l’école, ce matin, et même si l’on a survécu aux plus sauvages des concerts de métal et qu’on a envie de s’échapper de ce traquenard à fillettes, on ne peut s’empêcher d’être heureux pour elle, bonnes vibrations oblige…

30 Seconds To mars

Revenons aux affaires avec la scène, où Shannon fait vibrer sous une poursuite bleue dans un noir total un drôle de grand bol en cristal avec un bâton de bois, court intermède hypnotique avant que le combo ne sorte l’artillerie lourde (il était temps) sur From Yesterday et Closer To The Edge avec son refrain à pogo (mais là, pas de pogo… trop jeunes, les fans).

30 Seconds To mars

On sent la fin approcher, et la sortie de scène calculée donne lieu à une furie globale (chapeau bas, les filles : pas mal de mecs ont des leçons de ferveur à prendre !) faite de hurlements inhumains et du chœur de rappel habituel.

C’est donc sous un tonnerre sonore que reviennent les martiens. Tandis que le reste du groupe envoie une jam TRES heavy (là j’ai le sourire, mais d’autres pleurent à coté de moi) sur Metallica/Pantera, Leto choisit à la volée une cinquantaine de fans dans la foule pour les faire monter sur scène durant le grand final de Kings & Queens, qu’il orchestre dans un immense élan peace & love, avant que n’éclatent les confettis, rouleaux de papier, etc, pour transformer la salle en joyeux chaos.

30 Seconds To mars

Rideau après 1h45 de show très pro, qui aura eu le mérite de respecter le public et de lui en donner pour son argent (le prix d’ailleurs très honnête de 27 euros, ce qui est rare). Un seul véritable regret : l’impasse totale sur le premier album, qui reste à ce jour le meilleur, et de très loin.

Setlist 30 Seconds To Mars :

1. Escape
2. A Beautiful Lie
3. This is War
4. 100 Suns
5. Search and Destroy
6. Vox Populi
7. Night of the Hunter
8. L490
9. Acoustic
9. Alibi
10. Kings and Queens (intro)
10. A Modern Myth
11. The Kill
12. From Yesterday
13. Closer to the Edge
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13. Jam Metallica
14. Kings and Queens

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