Groupe:

Mondial du Tatouage Napalm Death + Whiplash + Varukers + Dopelord

Date:

31 Janvier 2026

Lieu:

Paris

Chroniqueur:

darklord

A l’occasion de son édition 2026, le Mondial du tatouage, évènement mondial initié par Tin Tin en 1999, réunissait cette année 550 professionnels du monde entier. Une fois n’est pas coutume, ces derniers ont investi l’espace de la Grande Halle de la Villette dans le 19ème arrondissement de Paris pour 3 jours (du vendredi au dimanche inclus). Selon des rumeurs (pas si folles car émanant de l’organisateur himself), il s’agirait de la dernière édition. En réalité, il semblerait que l’avenir de ce salon de renommée internationale dépende en grande partie du taux de fréquentation de cette (possible) ultime édition. Attendons donc un communiqué officiel avant d’en conclure quoi que ce soit, même s’il est vrai que le public s’est quelque peu raréfié avec le temps : Alors que l’édition 2015 avait rassemblé 35 000 visiteurs, celle de 2025 n'en a réuni que 15 000 ! Pourtant, ce n’est pas faute de proposer des animations attrayantes : Outre les traditionnels concours et autres expositions de photos, le Mondial du tatouage propose chaque année un concert réunissant des artistes, notamment dans le registre du métal. Après les Britanniques de Carcass l’année dernière, c’est au tour de leurs compatriotes de Napalm Death de faire la tête d’affiche du concert du samedi soir cette année ! On reste dans le registre du death-grind mais pour le reste de l’affiche, les groupes programmés sont très divers : Parmi eux, il y a du crust-punk avec Varukers, du doom-stoner avec Dopelord et du thrash old school avec Whiplash. Bref, de quoi contenter les goûts des fans de gros son dans leur grande majorité !

Dopelord

Après un bref passage dans le dédale de stands de tatouage et une (trop) longue attente pour accéder au bar, je me place devant la scène alors que les polonais de Dopelord entament leur set. Fondé en 2010, le groupe joue une sorte de doom / stoner plutôt classique dans l’esprit de pointures du genre comme Pentagram, Saint Vitus ou Candlemass. A grand renfort de pédales fuzz et de distorsions, le groupe installe une ambiance très seventies voire psychédélique (bien que le terme soit très galvaudé aujourd’hui). Par rapport à des groupes actuels comme Belzebong, Bongzilla ou Monolord, le groupe ne propose rien de très révolutionnaire. Contrairement à d’autres styles comme le black ou le death qui ont su évoluer, le doom metal apparaît comme très conservateur, presque figé dans le temps. Néanmoins, les musiciens de Dopelord font le job.

Si vous êtes un adepte de riffs pachydermiques et de morceaux mid-tempo, il y a fort à parier que vous y auriez trouvé votre compte. Pour planter le décor, le groupe propose des projections en arrière-plan. Il s’agit surtout d’extraits de films d’horreur des années 60/70 du genre de ceux produits par la Hammer, montrant notamment des images de cérémonies sataniques. Cela fait un peu désuet aujourd’hui mais cela colle parfaitement à la musique. Les polonais jouent sur une esthétique satanique mais on est davantage dans un satanisme cinématographique qu’autre chose. Par ailleurs, les membres du groupe sont plutôt statiques sur scène mais après tout, il s’agit de doom alors quoi de plus normal à ça ?

 
Setlist :
The chosen one
Hail Satan
Headless decapitator
Reptile sun
Doom bastards
 

Varukers

Le temps d’une courte pause, on fait un bond dans le temps. Nous voilà revenu à l’époque où l’on croisait des crêtes et des blousons ornés de spikes (clous) dans le métro et au coin de la rue. Fondé en 1979, les anglais de Varukers sont un fer de lance du D-beat, une sous-catégorie de punk hardcore qui revendique l’héritage de Discharge. Le groupe joue du punk brut et sans fioritures qui évoque aussi bien Exploited que GBH. What else ?

Coiffé à l’iroquois, leur chanteur est âgé d’une soixantaine d’années et bouge sur scène et se démène comme s’il en avait vingt. Pour autant, leur musique ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. Globalement, ça manque d’audace et de singularité : C’est un groupe de punk hardcore comme il y en tant d’autres ! Malgré tout, ils assurent le service après-vente en offrant au public un set efficace (à défaut de proposer quelque chose d’original).

 
Setlist :
How do you sleep ?
Led to the slaughter
Die for your government
Murder
Tortured by their lies
Nothings changed
Deadly games
I don’t wanna be a victim
Damned and defaint
Persistant resistance
All systems failed
Bullets bombs and bodies
Endless destruction line
Allegiance to none
Protest to survive

 

Whiplash

Après cet intermède punkoïde, on enchaine avec du bon vieux thrash metal old school avec les Américains de Whiplash. Originaire de la vile de Passaic dans le New Jersey, le groupe a fait ses débuts en 1984 au bon vieux temps des permanentes et des bracelets cloutés. Il s’agit donc d’une valeur sûre même si le groupe n’est jamais parvenu à rivaliser avec des locomotives du genre comme Testament, Exodus, Anthrax ou Slayer. L’histoire de Whiplash est une succession de come-back entrecoupés de temps morts pendant lesquels les musiciens ont mis le groupe entre parenthèses. Par ailleurs, leur dernier album date de 2009.

Pas vraiment le combo le plus actif de la scène, donc ! Niveau line-up, il demeure encore un membre fondateur du groupe en la personne du guitariste-chanteur Tony Portaro. Bien que le groupe soit classé dans la catégorie thrash, on sent une forte influence speed metal dans leurs compos, ce qui fait penser aux premiers albums d’Anthrax avec ce petit côté heavy metal bien eighties en prime. Rien de bien original ni de renversant à l’horizon mais on passe tout de même un bon moment. De fait, Whiplash a toujours occupé une place secondaire au sein du thrash-speed mais le groupe sait faire preuve d’efficacité et de professionnalisme, ce qui est toujours appréciable !

 
Setlist :
Last man alive
Killing on Monroe street
Spit on your grave
Red bomb
The burning of Atlanta
Walk the plank
Sword meet skull, skull meet sword
Spiral of violence
Power thrashing death
 

Napalm Death

Dans la foulée, on passe au clou de la soirée : Napalm Death ! La scène se remplir rapidement. C’est eux que les fans de métal et autres tatoués présents en masse ce soir attendaient en priorité ! Le nom de la tournée actuelle du groupe (Campaign for musical destruction 2026) est un clin d’œil à celle qui avait eu lieu en 1992 et qui réunissait à l’époque Napalm death, Cathedral et Brutal Truth aux Etats-Unis. (En Europe, Napalm death partageait l’affiche avec Obituary et Dismember). Niveau line-up, on note l’absence du bassiste Shane Embury qui fait pourtant toujours partie intégrante du groupe et jouait sur leur dernier album daté de 2020 (« Throes of joy in the jaws of defeatism »). Pour des raisons obscures, il se trouve que Shane a été souvent absent lors des derniers concerts assurés par les Britanniques. Il est donc remplacé sur scène par Adam Clarkson tandis que John Cooke (Venomous concept) assure la guitare rythmique. Pour le reste, on retrouve les membres d’origine du groupe, soit Dany Herrera à la batterie et le charismatique Barney Greenway au chant.

Fidèle à lui-même, ce dernier assume son côté working class avec ses bretelles et un tee-shirt à l’effigie de Conflict, groupe culte d’anarcho-punk. Il s’agit sans doute pour lui de montrer qu’il est d’abord un rejeton des faubourgs de la ville industrielle de Birmingham. Dès le début du set, le groupe fait un retour aux sources avec le morceau Instinct of survival qui est issu de leur premier album Scum (1987). A l’origine, c’était Lee Dorian, membre fondateur de Cathedral, qui chantait sur ce titre. Mais peu importe ! Très mobile sur scène, Barney se démène sur scène avec une énergie époustouflante. Puis, le groupe enchaine avec un morceau tiré de leur album de 2009 et intitulé Strong arm. En l’espace de quelques instants, les dieux du death grind se sont imposés. De son côté, le public commence à s’échauffer sur la musique. Les slams et autre stage diving s’enchainent à un rythme endiablé.  Nouveau retour aux sources lorsque le groupe interprète le titre I Abstain, extrait de l’album Utopia Banished (1992). Après avoir enchainé des morceaux plus ou moins récents mais tous aussi speed, la bande à Barney fait résonner les riffs incendiaires d’un de leurs morceaux les plus emblématiques de leur jeunesse, à savoir Suffer The Children, avant de faire un nouveau flash-back avec le morceau Unchallenged Hate, tout droit sorti de leur deuxième LP, From Enslavement To Obliteration. Ce morceau est suivi de près par Lucid Fairytale, lui aussi extrait du même album. Bien décidé à montrer qu’il a débuté dans le grind, le groupe enchaine sur le morceau Dead, issu du légendaire premier album de Napalm Death (Scum). Autre influence majeure des Britanniques : le punk hardcore. C’est pourquoi le groupe ressort de ses archives une reprise du groupe de punk italien Raw Power avec le titre Politicians.

Loin de ralentir le tempo, le groupe interprète deux morceaux tous aussi speed les uns que les autres avant d’enchainer avec trois extraits de leur premier album ( Scum/ CS / You suffer). Pour l’anecdote, le morceau You suffer est sans doute le plus court de l’histoire du rock, puisqu’il ne dire que 5 secondes ! Ceux qui ont déjà vu le groupe sur scène à maintes reprises le savent : Napalm Death est d’abord et avant tout un groupe très engagé à gauche, pour ne pas dire antifascistes. Barney ne rate pas les occasions de crier sa haine de l’extrême droite ou du populisme entre les morceaux. C’est pourquoi, dans la foulée, le groupe enchaine avec une reprise d’un titre radicalement antifasciste : Nazi Punks Fuck Off. Il s’agit d’une reprise d’un groupe phare du punk hardcore des années 82, à savoir Dead Kennedys. Enfin, le morceau qui clôt la cérémonie Adversarial / Copulating snakes est issu de leur album de 2015, Apex predator - Easy meat. C’est presque un évènement en soi puisque cela fait depuis 2018 que ce titre n’a pas été interprété sur scène. Pas besoin de tergiverser : Un concert de Napalm Death est une expérience incomparable dont on ne sort pas indemne que ce soit la première fois ou pas !

 
Setlist :
Instinct of survival
Strong Arm
I abstain
Smash a single digit
Contagion
Work to rule
Inside the torn part
Throes of joy in the jaws of defeatism
Continuing war on stupidity
Amoral
Suffer the children
How the years condemn
Unchallenged hate
Lucid Fairytale
Dead
Politicians
Thanks for nothing
Diatribes
Scum
C.S.
You suffer
Nazi punks fuck off
Adversarial / Copulating Snakes

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