Groupe:

Voix du Rock les 10 ans : Jour 2

Date:

07 Juin 2025

Lieu:

Couhé

Chroniqueur:

JeanMichHell

Oak Veins :


Oak Veins a ouvert le bal avec un style rappelant le Zeppelin et qui a beaucoup à voir avec cette formation emblématique. Compte tenu de la qualité de ce qui est proposé, une petite présentation s’impose, alors je cite : "L’arbre d’Oak Veins prend racine dans la spiritualité du blues, grandit dans la puissance du rock pour étendre sa cime dans la complexité du heavy. »

Et il est vrai que le groupe va livrer un véritable cocktail rock : nous avons assisté à des tonnes de riffs rock’n roll à souhait, des solos de guitare aux allures d’odyssée… Le tout soutenu par une grosse base avec une basse puissante et une batterie implacable. La scène est littéralement investie par la jeune chanteuse qui possède un charisme éclatant, look original à l’appui, et son micro orné d’un foulard, elle nous renvoie en plein dans les 70’s.

On retrouve un style à la fois rock et pensé progressif le titre Red Moon en est un parfait exemple. Tous les codes du progressif étaient là : un solo d’une ampleur presque mythique, des kilomètres de montée de solos et une montée en puissance qui s'achève avec une fin en apothéose. Ils savent vraiment faire monter les ambiances avec des éléments allant du blues, des moments acoustiques, et des riffs bien incisifs. La performance se solde par un solo proche d'Hendrix, au cours duquel la chanteuse à genoux et tête en arrière, a littéralement conquis le public.


Soldat Louis :

Soldat Louis a pris le relais avec une véritable envie de prouver que les gars en ont encore sous le pont. Dès les premières notes, un cri mobilisateur « Tout le monde à bord ! » a incité la foule à se laisser emporter. Grâce à ses sonorités bretonnes pimentées par (entre autre) en bon coup de biniou, le groupe a su instaurer une ambiance conviviale. Un titre instrumental, qui monte en puissance, a pris le public de manière inattendue, l'entraînant dans une danse endiablée. 

Sincèrement, je craignais que l'ensemble manque un peu d'énergie sur scène, mais le groupe sait vraiment y faire pour convaincre et amener tout le monde avec lui. Des interludes pleins d’humour – entre blagues de bar et clins d’œil à des "bons rhums" – ont créé un moment de pure communion, couronné par l’incontournable "Allez tonton Louis", repris en chœur par une foule galvanisée. Et s’il fallait bien un titre pour finir en beauté, quoi de mieux que leur tube ultime Du rhum des femmes... Bravo Messieurs. 


Frères 2 Misère :

Frères 2 misère est entré sur scène comme une explosion d’énergie brute, alliant motivation et esprit revendicatif. Ce groupe français a été créé en 1996 et était composé au départ de Mano Solo et de son ancien groupe Les Chihuahuas. Ce collectif aux accents punk aligne trois chanteurs qui mettent aussi bien le feu ensemble que de s'offrir chacun leur moment. 

Le clavier, le duo basse et guitare ainsi que la batterie jouent tous avec une fougue remarquable. Si vous rajoutez à cela un charisme indiscutable, cette prestation était tout simplement ce qui semble être l’essence même du rock. Leur performance, à la fois déchaînée et militante, a insufflé à la soirée une dose d’authenticité sans concession. Mano peut être fier…


Tagada Jones :

Tagada Jones, c'est l'invité surprise de cette édition, en effet le groupe a débarqué sans être sur l'affiche, original non ? Ils ont pris le relais d'Ultra Vomit, qui eux étaient sur l'affiche mais qui n'ont pas pu assurer cette date. Le chanteur-guitariste Fétus a été arrêté par son dos et a dû subir une opération en urgence, et de facto, le groupe ne peut pas assurer les dates prévues. Nico ne manquera pas de lui faire un coucou dès le début du show, avec une pensée et un très court extrait du Chien Géant, titre que les Nantais ont créé en pensant à Tagada. La boucle est bouclée.

Tagada Jones est venu avec un show singulier, en nous promettant une organisation scénique incendiaire. Sur scène, des barils en feu et quelques jolies explosions viennent ponctuer les moments forts du concert et il faut bien reconnaître que cela rajoute au spectacle.

Nous étions présents en 2009 ainsi qu'en 2023 pour leur précédente prestation sur ce festival, et là le groupe nous semble prendre encore une autre dimension. Nico est hyper motivé, il réussit à insuffler au set une intensité toujours croissante. Le groupe a fait preuve d’une énergie hallucinante et fait vibrer la foule, qui s’est montrée ultra réceptive. J’ai du mal à savoir combien de fois j’ai vu Tagada Jones, mais c’est la première fois qu’ils me mettent une si grosse tartine… Vivement le prochain.


Burning Heads :

Côté punk pur, Burning Heads a offert une prestation fulgurante. L’esprit des Ramones et consorts était présent ce soir à la Voix du Rock, seul regret il manque de la Guinness au bar. Sinon pour le reste, tout y est, le bassiste débordant d'énergie, le batteur qui ne laisse que quelques instants entre les titres, un chanteur qui se secoue autant que Barney de Napalm et les deux guitaristes à fond sur leurs instruments, la sensation de se retrouver dans un shaker est permanente.

Il y a tout de même quelques petits temps morts car le punk aime parfois mélanger avec des éléments reggae, avec des atmosphères plus raga, voire ska. Mais globalement, ce concert sera Be Punk Or Die, autrement dit une performance qui s’est révélée directe et percutante.


Silmarils :

Pour clore la soirée en apothéose, Silmarils, et là autant vous dire que j’ai retrouvé mon acné, mes baskets et l’énergie de mes 17 ans… Leur premier album Silmarils, et Original Karma ont fait partie de mes disques de chevets pendant un bon moment… Bref, je ne suis pas là pour verser dans la nostalgie, mais je suis ravi de voir ce groupe (enfin) en live. Et première surprise, je vois débarquer les Beasty Boys… Bon je plaisante, mais je ne m’attendais pas à voir trois chanteurs, et là je me suis retrouvé idiot puisque malgré l’antériorité, je n’avais jamais vraiment pris le soin de vraiment découvrir comment fonctionne le groupe…

Silmarils c’est une fusion des univers du rock et du hip hop et fait de manière surprenante. Trois chanteurs en parfaite symbiose rappellent les crews hip hop, l’influence de RATM est évidente, et le clin d’œil à la trompette en hommage à Cypress Hill prend encore plus de sens. Les quelques tubes ont sillonné le concert, Y Va y avoir du Sport bien entendu, l’iconique Cours Vite également, mais les titres des nouveaux albums présentés ce soir sont aussi convaincants. Bref, ce concert fut, contre toute attente, une très belle (re)découverte.


Pour conclure, ces deux jours se finissent avec un second acte encore plus convaincant que le premier. Un grand merci à la Voix du Rock, à toute son équipe toujours aussi bienveillante et qui a toujours le sourire aux lèvres. Merci à Sylvia de nous permettre de vivre ce moment. Et bravo à l’ensemble de l’équipe de réussir l’exploit, édition après édition, de conserver cet état d’esprit chaleureux et convivial : Respect et au plaisir…

 

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