Nous voici de retour avec l’ami JC, toujours à la photo, et ma pomme à la plume, pour souffler une belle bougie, celle des 10 ans de la Voix du Rock. Et pour cette édition, la programmation se veut tournée à la fois vers le passé mais aussi vers le futur… C’est parti pour deux jours de décibels !
Elmer Food Beat :
Ce sont les Nantais d’Elmer Food Beat qui lancent la soirée, et autant vous le dire tout de suite, ça sent la fameuse « Madeleine de Proust » à plein nez. Le groupe monte sur scène avec l’énergie qui les a toujours caractérisée. Sur le premier titre, Ça c'est rock, Manou débarque épuisette à néon à la main et joue le rythme de la guitare dessus. La boîte à connerie est en route…
Forcément avec un album culte comme 30 Cm le groupe a ensuite lancé autant de tubes possibles qu’il y en a sur ce 33 tours… Que ce soit le Plastique c’est Fantastique qui a évolué en « le plastique c’est dramatique » (ben oui c’est mieux la bière en bouteille que l’eau dans du plastique…), Est-ce que tu la sens ? qui offre un moment de slow à une jeune fille sur scène ou bien encore le cultissime Daniela, tout s'enchaîne à la perfection…
La soirée se pimente encore lorsque les LMR (vous avez la référence ?) ont fait leur apparition sur scène, rejoignant Elmer avec un lien musical évident qui prendra encore plus sens dans quelques minutes… Un concert plein de nostalgie, de rires, de rock et de camaraderie, bref les Elmer c’était cool.



LMR :
Cela s'agite beaucoup autour de la plus petite scène avec l'arrivée de LMR. Il semble que le groupe arrive avec ses potes, sa famille et consort. Et je comprends assez vite pourquoi puisque les petits gars sont Charentais et forcément la proximité a permis de motiver tout ce beau monde à venir taper la bise. Et le groupe va très vite imposer son style avec beaucoup de panache. Un style qui s’inscrit dans un Rock à l’ancienne saupoudré d’une pointe de Ska festif.
Le chanteur ressemble à Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers et il sait manifestement aller chercher la foule pour l'emmener sous son aile. C'est direct, sympa et ça sent la bonne ambiance. Il existe également un style punk and roll dans leur musique ou l'on voit passer aussi bien les "conn****" de Mickaël Youn, que la question de pétards et de l'alcool dans notre culture franchouillarde, et aussi les histoires d'amitiés. L'ensemble est très communicatif grâce à une énergie sans faille.
Et avant de venir faire la fête ce soir les voisins ont pris le temps de vider le dressing, la scène se transforme rapidement en une chambre d'ado avec caleçons et autres joyeuseries qui leur arrivent aussi bien sur le visage que sur le manche de la guitare. Ben ouais c'est ça d'avoir invité les copains ! Bref, du bon son, de la déconne, et des amis, voilà le lien avec les Elmer est fait...


Boulevard des Airs :
Boulevard des Airs était sur le papier le groupe le moins Rock de l'affiche, mais malgré cela, on peut vite observer que le groupe a mis les petits plats dans les grands et va nous offrir un spectacle haut de gamme. Dès les premières notes, la scène se transforme en un véritable terrain de jeu visuel et sonore. Le groupe se distingue par une mise en scène travaillée : parapluies de lumière, de nombreux effets visuels, et une belle présence scénique.
Bon musicalement, on ne va pas se mentir ce n'est pas vraiment ma came mais je dois leur reconnaître un savoir faire évident et une volonté d'être proche du public, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Musicalement le groupe va nous proposer une belle série d'ambiance différentes, qui oscillent entre rock léger, pop ou bien encore salsa cubaine mais également des passages lounges rehaussés par des cuivres chaleureux. On sait vite que l'on a à faire à des vrais musiciens qui s'essayent avec aisance à beaucoup de styles différents.
Le duo de chanteurs à l'initiative du projet est accompagné d’un chœur en renfort qui réhausse l'ensemble. Ils emmènent le public dans un voyage musical diversifié avec un panel stylistique vraiment très large : entre tube entraînant avec pont accrocheur, une inattendue chanson instrumentale portées par les cuivres, et pour finir un petit jeu avec le public qui doit donner le style à adopter pour "Emmène moi" : du reggae, en passant par du "Docteur Dre" et également par la musique classique. Les choix qui ont été proposés par le public ont tous été assurés.
Malgré la virtuosité et l'aventure scénique proposée, le set a été un peu long à mon goût. Un avis que le public ne partage probablement pas puisque ceux qui sont venus pour ce groupe sont totalement conquis et en redemandent.


Toxic Frogs :
Les Toxic Frogs sont composées de cinq jeunes musiciennes (avec quatre chanteuses) qui ont su marquer le public par leur énergie contagieuse. Leur répertoire, aux sonorités celtiques dans la veine de Celtas Cortos, a littéralement fait bondir le pit. La scène s’est parée d’une ambiance bretonne, violon, guitare saturée ou bien encore animée par un banjo (oui c'est moins breton), et laisse ainsi place à une danse collective effrénée.
Enchaînant les titres avec une fluidité remarquable, elles ont intégré un passage pour que le public participe à la fête et sur lequel il n’a pas hésité à sauter en chœur. Un solo de batterie, fait assez rare et d'une intensité elle aussi rare, une chanson engagée contre le féminicide ajoute une dimension militante, avant de clore sur un final endiablé avec une reprise d’Offspring et leur fameux The Kids Aren't Alright ! Toxic Frogs ça déménage !


Dagoba :
Pour clore la soirée, Dagoba offre une dernière dose de brutalité et d’énergie sur fond de Metal industrielle. Sous la houlette de Théo – également actif dans Exocrine – le groupe déchaîne un set puissant aux résonances de Fear Factory et Slaughter To Prevail. Nous avons pu apprécier quelques belles banderilles, j'ai une préférence pour les passages sur lesquels il y a un peu plus de groove, même si globalement c'est "tout à fond" et certains passages peuvent donner la sensation de redite.
Mon seul bémol sera la prestation de Shawter qui fut un peu limite à mon goût. Il est monté sur scène avec son ami "Jack" en nous disant que cela faisait longtemps qu'il attendait de monter sur scène et que le début d'apéro était loin... OK, mais de là à chambrer le public qui s'en va (ben oui on est plus vraiment Boulevard des Airs compatible) de se satisfaire d'avoir purgé le public pour se retrouver entre connaisseurs, et de dire à ceux qui veulent juste profiter d'un concert qu'ils sont des "suffisants" parce qu'il ne participe pas au pit... Mouais... Dommage ce genre de remarque ou d'attitude ternit légèrement l’ensemble d’un set pourtant puissant à souhait et qui aurait mérité un peu plus de communion.


Cette soirée fut un kaléidoscope musical, oscillant entre nostalgie, humour décalé, engagement social et pure énergie live. Chaque groupe – qu’il s’agisse d’Elmer et de ses clins tubes intemporels, de LMR et de leur explosion de bonne humeur rock n'roll à souhait, de Boulevard avec son show visuel et ses escapades musicales, des Toxic Frogs impulsant un vent celtique enflammé ou enfin de Dagoba et sa puissance de frappe – a réussi à captiver le public.