Groupe:

VindHell Fest Soirée

Date:

10 Mai 2025

Lieu:

Vindelle

Chroniqueur:

JeanMichHell

Rytual : 

Chose promise, chose due, ce sont les Angoumoisins de Rytual, grand gagnant du tremplin l’année dernière qui ouvrent le bal de la soirée, et le quatuor de Thrash-Death va faire ce qu’il fait de mieux : du Rytual ! Si vous n’avez pas eu le plaisir de croiser ces quatre fous furieux, dommage pour vous, mais il y a une chose à savoir sur ce groupe, c’est qu’ils sont put*** de motivés ! Ils attendent cette date depuis un an et ce soir le Vind’Hell Fest vient de leur ouvrir la cage… 

Lorenzo au chant et à la guitare, Joss à la guitare également, Andy à la basse, et Elijah à la batterie vont tout simplement mettre ce Fest sur les meilleurs rails possible. Étant donné leur énergie, leur envie folle de prouver qu’ils en ont sous le capot et surtout des compositions qui accélèrent parfois jusqu’au boutisme, ces angoumoisins vont littéralement manger la scène. Côté musique, si vous le souhaitez vous pouvez trouver dans ces pages la chronique de leur EP Machinery, mais sachez que le groupe propose un Death Old School à tendance Thrash qui personnellement me fait penser au Sepultura de la première heure. 

En général il est assez difficile d’ouvrir un Fest, le public est un peu en retrait, patiente gentiment en dodelinant de la tête, sirop de houblon à la main, mais là il réagit plus que positivement et la température monte d’entrée de jeu, avec un premier Wall Of Death à la clé. Avec cette jolie ouverture de soirée, c’est un pari gagnant pour le Vind’Hell Fest avec cette démonstration de motivation de la part de Rytual.  

 

Titan : 

Titan est né des cendres du groupe Killers dans les années 80, et fait figure de grand frère sur cette affiche. Ils ont sorti trois albums dans ces années-là, puis séparation... Après sa reformation en 2017, Titan a sorti Palingenesia en 2021. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un membre du Titan originel, le guitariste Sébastien Blanc. Ce soir, il est accompagné de Romain Lerregain à la seconde guitare, Loïc Rotureau à la basse, Inaki Plaa à la batterie, et Peio Cachenaut au chant, qui remplace l'emblématique Patrice Le Calvez depuis l'automne 2024. 

La voix puissante de Peio, mélange de fureur et d'une totale maîtrise, en impose vraiment. On sent comme un retour aux sources du groupe avec une volonté de plaire aux nostalgiques mais également en restant fondamentalement contemporain. Certes, Titan s'est fortement rajeuni mais franchement c'est tout de même un sacré retour en force. L'ensemble du groupe dégage une force collective vraiment convaincante. 

Les riffs bien énervés, la virtuosité scénique et la passion contagieuse de chaque membre du groupe ont offert aux spectateurs ce que peu de groupes parviennent à faire en live : faire de chaque morceau un pur moment de Heavy. Bravo Messieurs, je ne suis pas le plus grand fan de ce style, mais cette prestation m'aura permis de comprendre pourquoi votre nom sonne comme une madeleine de Proust chez beaucoup de Metalhead. 

 

Mormieben : 

Mormieben a ouvert le bal comme on ouvre un vieux grimoire. Ils nous content une histoire en introduction et se mettent en jambes pour nous balancer leurs riffs à la "folk". Dès cet instant, les spectateurs savaient qu’ils allaient vivre une aventure hors du commun. Le décor est aussi soigneusement préparé avec quelques petits clins d’œil, ils arborent fièrement les bouteilles de "rhum" et des pieds de micro à chaîne, rappelant l’univers barbu de leur pirate Metal. Le public se prend tout de suite au jeu et l’ensemble donne une ambiance unique, très théâtralisée. On peut dire que ça tangue littéralement dans la salle comme une belle virée en mer. 

Si vous rajoutez à cela la verve du chanteur qui, entre les morceaux, taquinent la foule, ça devient très fun à vivre ! À chaque pause, il s'exprime en chambrant le public, et forcément, en retour il ne se fait pas prier pour jouer le jeu à fond. Jamais avare d'un bon mot, il motive son monde à grand coup de : "Tape dans tes paluches mon bon Alfred !" pour leur demander d'applaudir ! Pendant les morceaux, sa motivation reste intacte et il va jusqu’à se jeter dans la foule à en perdre son chapeau, et emmène tout le monde avec lui dans une danse des plus énergiques !

 

Les musiciens, eux, ne se contentent pas juste de jouer leurs parties, ils font des tronches et des grimaces tout en jouant, affichant autant d'intensité que de plaisir à être sur scène. Pour clore cette épopée sonore, le concert se finit avec un final mémorable, incluant riff pachydermique et explosion de fumée, scellant le concert d’un style bien singulier. Le public est à la fois rincé et heureux ! Mais surtout Mormieben a de nouveau prouvé que leur univers pirate, teinté de théâtre et de passion brute, ne laisse personne indifférent.  

 

In Other Climes :

La raclée de la soirée, la voici : In Other Climes. Dès les premières secondes, la température grimpe en flèche, l’ambiance électrique et l’énergie sont vraiment palpables. Je m'attendais à un gros concert mais ce fut une performance totalement inoubliable. Le groupe n’a pas lâché pendant une seconde ! Dès les premiers instants, le groupe va chercher le public et nous avons vite eu la sensation que la barrière entre scène et spectateurs s’est volatilisée. Chaque membre interagit avec une intensité rare, prêt à créer une communion explosive avec la foule. 
 
Au cœur du spectacle, ce sont incontestablement les compositions qui accrochent terriblement l'oreille. Un riffing thrash entrecoupé de riffs hardcore bien écrasants donnant à chaque morceau un caractère à la fois furieux et nuancé. Cette alternance montre toute la différence entre des passages frénétiques et des envolées d’une lourdeur incroyable, créant ainsi l’identité sonore du groupe. 

La complicité avec le public atteint son paroxysme lorsque le chanteur fait chanter, comme la tradition hardcore le veut, un mec dans le public ou bien encore se prend au jeu des cris à la King Kong pour faire hurler l'ensemble de la foule, des moments sympas. Et pour conclure en apothéose, le concert s’est terminé sur un final tonitruant en mode jump des années 2000 et qui résume bien l’essence même de leur prestation. In Other Climes a offert une performance où chaque note et chaque geste rappellent que, parfois, la musique est bien plus qu’un spectacle : c’est une expérience. 

 

Seth : 

C'est dans une presque obscurité et sur une scène baignée de lumières en contre-jour, que les Bordelais de Seth nous convient à une cérémonie unique. Dès l'ouverture, le groupe plonge l'auditoire dans une véritable ambiance de messe noire, où les ombres (c'est à peine si l'on voit le batteur et le clavier...) se lancent dans un show des plus sombres. Ce décor mystique rappelle l’esthétisme sombre auquel le groupe est attaché depuis sa création au siècle dernier. 
 
L'univers de Seth, véritable incarnation du "Metal Noire", impose son intensité dès les premiers accords. Le Black Metal de Seth est un véritable équilibre entre mélodies et agressivité. Je trouve que le bassiste (avec son faux air de B.War) incarne physiquement cette volonté de ne jamais baisser en intensité, bien ancré au sol, il donne l'impression qu'il va manger le public ! Au fil des morceaux, le chanteur, avec sa posture énigmatique, communique un peu avec le public, fait assez rare dans le milieu.  En plus, avec sa tenue quasi-religieuse, je me suis dit que nous avions vu le nouveau pape sur cette scène ce soir, mais cette incarnation est à la fois dérangeante et fascinante.  

Ce live de Seth s'est révélé être bien plus qu'un simple concert mais bien une immersion totale dans un univers où le rituel et la violence musicale se mêlent pour créer une expérience inoubliable. Le titre culte La Morsure du Christ en est d'ailleurs un bel exemple où chaque son et chaque geste est pensé, réfléchi pour faire de ce concert un moment aussi mystique que physique. 

 

Alea Jacta Est :  

Pour conclure la soirée, Alea Jacta Est va véritablement prendre d'assaut la scène avec une énergie brute et déterminée, incarnant cette fameuse envie d'en découdre qui caractérise l'univers du hardcore. Le moins que l'on puisse dire c'est que ça bouge sur scène : les musiciens se déplacent avec une intensité de tous les instants et une envie de tout donner évidente. Le chanteur est à peine arrivé sur scène qu'il fait déjà chanter le public sur des refrains percutants et fédérateurs. La recette des Toulousains est bien connue c'est un pur un mélange de puissance et de riff direct. C'est fait avec le cœur, vécu avec les tripes, pour en mettre plein la tête !  

Au fur et à mesure que le set progresse, les guitares comme les pieds volent sur scène. Les musiciens se déchaînent comme des sauvages et l'énergie ne redescend jamais.  Il faut tout de même reconnaître que leur musique plombe sévèrement, avec des moments totalement écrasants, le son de la basse y est d'ailleurs pour beaucoup. Le riffing apporte aussi du groove, et l'ensemble ne peut laisser indifférent n'importe quel amateur de hardcore. 

Alea Jacta Est nous a offert un concert fait de force et de passion, une performance à la fois énergique et emplie de sincérité, qui aura renversé le public. La furie que j'ai pu voir dans le pit ce soir ne trompe pas. Elle est à l'image de ce que donne le groupe sur scène. Le public ressort avec des bleus mais aussi avec un grand sourire, un concert des Toulousains c'est avant tout ça : un défouloir ! 

 

Un grand bravo à toute l'équipe du Vind'Hell Fest pour cette nouvelle édition qui vient de vivre son premier Sold-out mais à la lumière de l'affiche, est-ce vraiment une surprise ? Alors certaines mauvaises langues vont garder à l'esprit les quelques couacs, pour ma part je retiens l'ambiance qui se dégage du Fest et sa volonté de grandir. Et puis si il n'y avait rien à améliorer, quel intérêt à se lancer dans des nouveaux défis ?

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