Groupe:

VindHell Fest Le Tremplin

Date:

10 Mai 2025

Lieu:

Vindelle

Chroniqueur:

JeanMichHell

Spirit War :

Pour ouvrir cette édition pleine de belles promesses, c’est le trio Spirit War qui lance le bal. Et quoi de mieux pour débuter une journée qu’en commençant par l’essentiel ? Composé de Valentin Leroy à la batterie, Nicolas Lebrat à la guitare et Markus Fortunato à la basse et au chant, le groupe joue un heavy entrecoupé de pointes de thrash, avec une voix proche de celle de Lemmy et une motivation indéniable sur scène. Eh bien, rien de mieux pour démarrer… 

En effet, le groupe sait se faire remarquer, tout d’abord sur les riffs (le plus important, me direz-vous) : parfois purement heavy, parfois plus lourd, voire avec une pointe de blues ; la panoplie est complète et les solos s’accordent parfaitement à ces influences. Le chant, très Motorhead dans l’âme, se mêle à des refrains et à des chœurs fédérateurs à souhait. Ils savent également jouer avec les photographes et le public, adoptant pour les postures habituelles du heavy.  On sent un groupe qui a de la bouteille.

Ce n’est pas étonnant, d’autant plus que le groupe tourne à tour de bras et sillonne les quatre coins de la France et de l’Europe pour faire connaître sa musique. Ayant joué la veille à Lyon, alors qu’ils sont originaires de Bourg-en-Bresse, et se produisant en Charente cet après-midi, la motivation se lit à chaque geste. Pour nous prouver que cette énergie fait partie de leur ADN, ils interpréteront le titre Never Give Up, qui, me semble-t-il, renferme un message fort, mais je vais vérifier... 

Emprise :

Autant vous le dire d’emblée, Emprise m’a permis de retrouver mes jeunes années, lorsque j’ai découvert pour la première fois Relationship Of Command et son tube iconique One Armed Scissor d’At The Drive-In. Avec ce groupe, j’ai retrouvé tout ce que j’adore dans le post-hardcore rock (et toutes les étiquettes que vous voulez) : des mélodies changeantes, des ambiances évolutives et, surtout, de l'énergie à chaque instant. 

Selon leur bio, le quatuor angoumoisin est « né de l’envie de mélanger rage brute et mélodies poignantes » Et bien, c’est réussi ! Pourquoi évoquer le post-hardcore ici ? Tout simplement parce que le groupe sait aussi proposer des détours rythmiques surprenants et ne se cantonne pas à un schéma rock standard en 4/4. De plus, il laisse une grande place à la musique, le chant n’intervenant qu’au moment nécessaire pour appuyer le propos musical. Là encore, un choix judicieux. 

Malgré quelques soucis de retours, le groupe nous aura littéralement explosé à la figure. Ils ont l’art de faire monter la mayonnaise pour ensuite vous l’écraser en plein visage ! L’équilibre entre une mélodie envoûtante et une sauvagerie savamment pensée, bref, vous l’aurez compris, c’est pour moi LA découverte du tremplin. 

Ice Chemicals :

Changement radical d’ambiance avec Ice Chemicals, qui nous arrive tout droit des Yvelines. Malgré un faux départ involontaire, ils vont venir échauffer nos oreilles avec leur Metal alternatif aux influences aussi gothiques qu’industrielles. Le tout est soutenu par un duo vocal composé d’Anaïs et de Geoffrey, qui se complètent parfaitement, l’une au chant clair et l’autre au growl. C’est comme si l’on avait découpé Tatiana Shmayluk en deux… 

Après deux extraits des deux premiers titres à tendance plutôt écrasante, dès le troisième morceau le rythme s’emballe et le riffing s’accélère. À mon sens, l’aspect pachydermique (une technique assez en vogue actuellement grâce à des guitares possédant une multitude de cordes) cède la place à une dynamique plus intéressante lorsque le groupe varie les plaisirs. L’ensemble est soigné et donne envie de se lâcher complètement. 

Visuellement, ça claque aussi : déjà, ils sont six sur scène, ce qui en impose, surtout lorsqu’ils évoluent à l’unisson tous drapé en noir et blanc. Ensuite, ils savent faire bouger la scène et, par ricochet, le public : le guitariste et le chanteur iront prendre un bain de foule pour se « faire des câlins avec les coudes » lors du premier circle pit de la journée. 

Malebeste :

Notre collègue Will avait assisté, il y a quelques semaines, lors du warm-up du Vars Attack à la première du groupe Malebeste. Ce jeune groupe, formé en 2024 à Angoulême, évolue dans un Black Metal à tendance scandinave, s’inspirant des contes et légendes de son terroir. Le quintet arbore un joli corpse paint, qui va être bien testé par la lumière implacable du soleil. 

Mais tout comme leur maquillage, la musique de Malebeste tient bien la route. On y retrouve les bases du Black, avec un riffing caractéristique, malsain, ainsi qu’une voix d’outre-tombe. Cependant, Malebeste exploite également d’autres aspects du Metal : quelques riffs orientés death, dont certains particulièrement lourds, accompagnés d’une belle dose de mélodies et de solos bien sentis. Le batteur, loin de se contenter de blaster, offre un panel de jeu qui accentue la sensation non linéaire de la musique du groupe. 

Comme souvent dans la scène Black, la communication est limitée mais le décorum est plutôt sympathique, même si le style n’est vraiment pas adapté à la lumière du plein jour. Du côté du public, on sent qu’il apprécie manifestement l’intensité proposée par le groupe, ce qui se traduit par un accueil chaleureux. 

Ouf, ce tremplin a réussi à se dérouler sous un grand soleil et aura lancé la journée de manière très agréable. Les organisateurs savent prendre soin de leur public puisque pour rappel, cet après-midi est entièrement gratuit et le cadre a manifestement bénéficié d’un sérieux coup de pouce par rapport à 2024, avec entre autres les stands de Merch et la toujours sympathique démonstration de Béhourd. Ah, j’allais oublier : ce sont les motivés de Spirit War qui ont remporté le tremplin pour cette année, et nous aurons donc le plaisir de les retrouver en ouverture de la soirée en 2026. Allez, l’orage monte, il est temps d’aller découvrir ce qu’il se trame dans la salle… 

 

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