|
En ce vendredi ensoleillé, me voilà en route pour le Sid Fest, festival hybride punk-metal en Touraine, à Notre-Dame-d’Oé plus précisément au sein du complexe Oésia. Et dès la seconde phrase je vais commencer à râler puisque entre une sortie de boulot ric-rac et le périphérique tourangeau bien chargé en ce vendredi de fin d’après-midi, j’arrive sur le site aussi vite que je peux, mais juste après le concert de Klone. Bien frustré, forcément car j’avais coché ce concert avec une croix rouge, mais je vais me rattraper. Ça me laisse le temps de flâner sur les différents espaces puisque l’organisation de ce festival prévoit de laisser un battement d’environ 30-45 mn entre les concerts qui se dérouleront tous sur l’unique scène d’Oésia ce qui est une excellente idée compte tenu de l’acoustique du lieu et du temps qui ne sera pas toujours au beau fixe sur ce week-end. Donc, une fois le pass récupéré, il est clair que le site du festival est sacrément bien pensé et foutu. On a deux accès à la salle, un bar à l’entrée pour verser des flots de bières, et un accès sur un espace extérieur délimité où sont situés les exposants, au nombre de 6 ou 7, les stands de merch et un stand de ravitaillement (ouais des burgers frites, quoique le choix soit assez complet, qu’on soit grosse bouffe ou vegan). C’est d’ailleurs pour cela que le festival se dit « hybride », il propose un espace intérieur et extérieur. Le temps presse et le prochain concert va commencer, donc je fonce dans la salle qui se remplit doucement. Klone Je ne reviens pas sur cet épisode douloureux où le périph aura eu raison de moi pour ce concert que j’attendais, mais les retours que j’ai pu glaner ça et là me font encore plus regretter mon absence. Le groupe a assuré de bout en bout il parait. Bernard Minet Metal Band Rien que le nom de Bernard Minet suffit à éveiller ma curiosité, ce dernier ayant bercé ma jeunesse avec son groupe Les Musclés. Comme tout le monde cette affirmation est inavouable en public, mais vous verrez que je n’étais visiblement pas le seul dans cette situation. La salle est chauffée à bloc et hurle des « Bernard » à tour de bras, ce qui me fait grave marrer. Et voilà qu’arrive la vedette ! Et donc Bernard Minet c’est juste une escroquerie ! Le mec chante archi faux (il était batteur avant) toute une ribambelle de génériques de dessins animés des années 80 dont il n’était ni le chanteur ni le créateur pour la plupart d’entre eux. A cela s’ajoute un batteur qui a l’air de s’emmerder grave et une paire guitare / basse qui fait le job sans plus. Entre Olive et Tom, Goldorak, Capitaine Flam et consorts on se retrouve forcément plongé en enfance et c’est bien là l’escroquerie car il m’a suffit de tourner la tête et voir une salle pleine de gros nounours barbus et tatoués reprendre à tue-tête Juliette Je T’aime ou Jeanne et Serge, me laissant pantois et les yeux grands ouvert. Bernard Minet a réussi son coup et rien que pour ça bravo. Bon de mon côté ça m’a fait marrer cinq minutes puis j’ai très vite décroché jusqu’au rappel avec Merguez Partie et la Fête au Village, un Bernard Minet qui demande une ovation pour Dorothée, ok stop pour moi, même si la très grande majorité de la jauge ne partage pas mon avis.  
Les Fatals Picards
Après une bière bien méritée pour me remettre de ces émotions revival, je retourne en salle pour Les Fatals Picards dont j’avouerai à nos lecteurs qu’ils furent une totale découverte pour moi qui ne connaissait pas la moindre chanson du groupe. Ces derniers ont emporté le public totalement acquis à leur cause et son rock déjanté et ultra punchy, le public reprenant chacun des morceaux à tue-tête (sauf moi évidemment). Aucun temps morts, une patate de folie et un set aux petits oignons, et voilà votre serviteur emporté dans le tourbillon des Fatals Picards. Le groupe s’est même permis une reprise bien sympa et rock comme il faut de Partenaire Particulier (‘tain c’est le jour) qu’il fallait tout de même oser. Surpris au moment du rallumage des lumières tant le concert est passé super vite, et preuve s’il en est que ce concert reste un excellent moment de cette journée, quoiqu’après Bernard Minet, il eut été difficile de faire pire. 
Les Ramoneurs de Menhirs
Après une pause bouffe cette fois-ci (excellent burger au passage, le Sid Burger a fait son effet), je repars pour une totale découverte avec les Ramoneurs de Menhirs et leur punk-anarcho-breton. A voir les t-shirts et autres sweats à l’effigie du groupe portés par le public partout lors de ce festival, nul doute que le groupe vient avec une fan base plus que conséquente. La salle est remplie comme un œuf, le groupe arrive crête sur la tête, une guitare électrique, une bombarde et un biniou (je ne suis pas assez calé en instruments traditionnels bretons, mais facile de les reconnaitre ici), et les membres restent de front devant la scène pour balancer leurs morceaux. Vous voyez le truc arriver ? Comment mixer le punk au traditionnel breton ? Alors oui pour envoyer, ça envoie, et même si ça peut paraitre un peu zarbi, le public est déchainé, ce qui prouve que ça fonctionne. Le discours du groupe est très politisé (et avec l’actualité en ce moment, y’a de la matière), et si les fans sont conquis, les autres, dont je fais partie, ont plus de mal à plonger dans leur univers. Une fois la découverte passée, j’ai le sentiment que ça tourne en rond et qu’on entend un peu toujours le même titre. Il n’empêche qu’ils ont fait fureur pour un public totalement conquis, ce qui est une belle victoire. 
Ashen Cette première journée du Sid Fest, je l’avais marqué d’une croix rouge car je me régalais par avance de voir Novelists sur scène, le groupe était annoncé au départ sur l’affiche de cette édition. Un contretemps de dernière minute et le groupe a annulé sa venue, l’organisation du festival a remplacé cette absence par Ashen, tout ça en très peu de temps et très près de la date. Chapeau car ce n’était pas évident et j’imagine les moments de stress pour arriver à remplacer un excellent groupe par un autre tout aussi bon. Comme j’avais loupé Ashen lors du dernier Hellfest, j’étais bien content de les retrouver ce soir. Pourtant, programmé en clôture de cette journée, donc à minuit, c’est une jauge remplie d’à peine la moitié qui se présente devant le groupe, beaucoup de festivaliers ayant déserté les lieux. Et s’il y avait un truc à ne pas faire c’était bien ça. Ashen est arrivé pied au plancher pour nous filer des taloches par poignées, et nous tabasser avec leur metalcore maitrisé d’une main de maitre. La scène est ultra pro et très étoffée avec des lights à foison, un kit de batterie qui en impose et les cinq membres qui ne sont pas sur la réserve, c’est le moins qu’on puisse dire, Clem Richard en tête, en bon frontman qu’il est et qu’il assume à fond. Ashen nous offre un set puissant, sans temps morts et nous gratifie même d’une belle reprise de Smells Like Teen Spirit de Nirvana pour un public aux anges. En une heure ils ont remis l’église au centre du village pour ce qui restera pour l’auteur de ces lignes comme le meilleur show de la journée. Leur premier album sort tout juste, je conseille à tout le monde de se ruer dessus. Après leur passage au Hellfest, Ashen confirme leur statut de tête d’affiche du metalcore hexagonal.  
C’est sur cette excellente note que je quitte les lieux, vite un dodo et on se retrouve demain pour la seconde journée du SidFest. Je profite de cette conclusion pour tirer mon chapeau encore une fois à l’organisation, car aucun bouchon n’est à déplorer pour sortir, le retour se fait rapidos et sans encombres.
|