Groupe:

Seisach Night VI

Date:

18 Octobre 2025

Lieu:

Sauveterre de Guyenne

Chroniqueur:

JeanMichHell

Pour sa sixième édition, la Seisach’Night confirme sa formule mise en place l'année passée : deux jours de festival, deux salles, un gymnase transformé en second lieu pour pouvoir flâner tranquillement, et un merch bien fourni qui a vu défiler les festivaliers toute la soirée. Nous sommes samedi mais le festival a débuté hier et il parait que c'était déjà une bien belle première soirée. L'ami JC à la photo, et ma pomme, sommes à deux heures du festival par conséquent nous avons fait le choix de ne venir que ce soir. Mais il semble que nous allons retrouver les qualités entrevues hier soir au dire des groupes (Rytual en particulier que nous avons croisé à l'entrée) : Le son, puissant et clair, des lights sublimes (sauf pour les photographes...) et chaque set a satisfait le public du vendredi.. Retour sur cette nuit du samedi où l’extrême a exprimé toute sa puissance..

Iron Flesh :

Les Bordelais ouvrent les hostilités avec leur Death old school toujours aussi efficace. Un nouvel album est en préparation, mais la formule reste fidèle à elle-même : riffs au son de la HM-2 tranchants à souhait, nappes de guitare qui s’étirent comme des linceuls ensanglantés, et des accélérations qui balayent tout sur leur passage. Le décor, baigné d’une lumière verte d’outre-tombe, renforce l’atmosphère morbide. Malgré la brutalité, les mélodies accrochent l’oreille et donnent à ce death rugueux une ouverture toujours bienvenue. 
 
 


Hexecutor :

Changement radical d’ambiance avec les Rennais et leur Black/Thrash survitaminé. Veste en jean, bracelets à clous, look tout droit sorti de Kill ’Em All : le ton est donné. La musique a également des accointances avec cet album culte, ça joue vite, très vite, mais sans sacrifier les lignes mélodiques. Quelques passages mid-tempo permettent de respirer avant de replonger dans le déluge. Le public headbangue à l’unisson. L'action est également sur scène, les manches de guitares sont brandis vers le ciel, et le groupe fait preuve d'une motivation sans faille. L’ami Seisachtheion, metteur en musique de cette belle soirée, ne rate pas une miette du show tout en énergie du groupe. Mention spéciale à la main droite du guitariste, une véritable mitraillette qui ferait rêver plus d’un apprenti shredder, et probablement les branleurs aussi...
 


Belore :

Très attendu, Belore transpose, ce soir, sur scène, son projet initialement studio. Qualifié avec humour, par un collègue croisé juste avant le concert, de « Black des Bisounours », le groupe déploie un univers bien plus riche qu’il n’y paraît. Deux roll-ups solaires encadrent la scène, tandis que la musique, mid-tempo et feutrée, déroule ses orchestrations épiques à souhait. La voix Black à tendance scream, contraste avec les nappes incantatoires qui enveloppent la salle. Une prestation immersive, presque contemplative, qui suspend le temps.
 
Le public se fige, attentif aux ambiances proposées. Ce choix de programmation peut paraître décalé au regard du reste de la soirée mais finalement tellement cohérent au regard du spectre de(s) musique(s) extrêmes, puisque dans la proposition de Belore ce n'est pas la vitesse, ou la violence qui prend le dessus mais bel et bien un concept poussé à son paroxysme. 


Misanthrope :
 
Quand Misanthrope monte sur scène, c’est tout un pan de l’histoire du metal extrême français qui s’incarne devant nous. Fondé en 1989, le groupe reste fidèle à son indépendance et à son label Holy Records. Leur passage à la Seisach’Night VI a été l’un des moments les plus attendus de la soirée.
Misanthrope, groupe culte et pilier de la scène française, livre une prestation théâtralisée à souhait. Chant en français, gestuelle habitée : le frontman vit chaque mot, chaque phrase. 
 
On fête ici 37 ans de carrière, et la longévité impressionne. La base rythmique est énorme, le guitariste assure aussi les samples, et rien ne faiblit tout au long du set, comme quoi l'expérience sur scène ça se voit. Le groupe n’hésite pas à revisiter des classiques de son répertoire, tout en intégrant des extraits plus récents, preuve qu’il continue d’avancer sans se reposer sur ses acquis. S.A.S. de l’Argilière, emporté par sa prestation, a perdu une lentille de contact en plein set… sans que cela n’entame une seconde son énergie. Ce genre d'anecdotes illustre bien l’engagement total du groupe sur scène. Le public, nombreux, savoure ce moment rare avec un groupe qui reste libre et indépendant, digne représentant de l’underground hexagonal.
 

Aorlhac :
 
Le groupe issu d'Aurillac a clos la soirée avec une intensité rare. Après une introduction atmosphérique trompeuse, le déluge s’est abattu : riffs tranchants, batterie implacable, chant possédé. Le public, déjà chauffé par Misanthrope, a plongé dans cette vague noire et épique avec un plaisir évident.

Leur force réside dans ce mélange de Black metal furieux et de mélodies épiques qui rappellent l’héritage médiéval de leur région. Des titres comme Le Bûcher des Carthage transporte littéralement l’auditeur dans une fresque guerrière. Le très jeune batteur, véritable machine, propulse le groupe à un tempo effréné, tandis que les guitares tissent des lignes mélodiques qui allègent la brutalité.

Le chanteur, totalement habité par ses paroles, alterne cris déchirants et passages scandés, donnant une dimension théâtrale à la prestation. Le public, captivé, a suivi jusqu’au bout cette transe noire, concluant la Seisach’Night VI dans une atmosphère de folie épique et totalement incandescente.
 

La Seisach’Night VI a confirmé son statut d’événement incontournable pour les amateurs de Metal extrême en Nouvelle-Aquitaine. Entre Death old school, Black/Thrash sauvage, envolées orchestrales et légendes de l’underground, la programmation a offert un panorama riche et cohérent. Bravo à toute l'équipe de bénévoles manifestement passionnés pour leur accueil et leur investissement sans faille. Vivement la VIIe édition.
 

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