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Pour sa sixième édition, la Seisach’Night confirme sa formule
mise en place l'année passée : deux jours de festival, deux salles, un gymnase
transformé en second lieu pour pouvoir flâner tranquillement, et un merch bien fourni qui a
vu défiler les festivaliers toute la soirée. Nous sommes samedi mais le festival a
débuté hier et il parait que c'était déjà une bien belle
première soirée. L'ami JC à la photo, et ma pomme,
sommes à deux heures du festival par conséquent nous avons fait le choix de ne venir
que ce soir. Mais il semble que nous allons retrouver les qualités entrevues hier soir au
dire des groupes (Rytual en particulier que nous avons croisé à
l'entrée) : Le son, puissant et clair, des lights sublimes (sauf pour les photographes...) et
chaque set a satisfait le public du vendredi.. Retour sur cette nuit du samedi où
l’extrême a exprimé toute sa puissance..
Iron Flesh :
Les Bordelais ouvrent les hostilités avec leur Death old school toujours aussi efficace. Un
nouvel album est en préparation, mais la formule reste fidèle à elle-même :
riffs au son de la HM-2 tranchants à souhait, nappes de guitare qui s’étirent comme
des linceuls ensanglantés, et des accélérations qui balayent tout sur leur passage.
Le décor, baigné d’une lumière verte d’outre-tombe, renforce
l’atmosphère morbide. Malgré la brutalité, les mélodies accrochent
l’oreille et donnent à ce death rugueux une ouverture toujours bienvenue.
Hexecutor :
Changement radical d’ambiance avec les Rennais et leur Black/Thrash survitaminé.
Veste en jean, bracelets à clous, look tout droit sorti de Kill ’Em All : le ton est donné. La musique a
également des accointances avec cet album culte, ça joue vite, très vite, mais sans
sacrifier les lignes mélodiques. Quelques passages mid-tempo permettent de respirer avant de
replonger dans le déluge. Le public headbangue à l’unisson. L'action est
également sur scène, les manches de guitares sont brandis vers le ciel, et le groupe fait
preuve d'une motivation sans faille. L’ami Seisachtheion, metteur en musique de
cette belle soirée, ne rate pas une miette du show tout en énergie du groupe. Mention
spéciale à la main droite du guitariste, une véritable mitraillette qui ferait
rêver plus d’un apprenti shredder, et probablement les branleurs aussi...
Belore :
Très attendu, Belore transpose, ce soir, sur scène, son projet
initialement studio. Qualifié avec humour, par un collègue croisé juste avant le
concert, de « Black des Bisounours », le groupe déploie un univers bien plus riche
qu’il n’y paraît. Deux roll-ups solaires encadrent la scène, tandis que la
musique, mid-tempo et feutrée, déroule ses orchestrations épiques à souhait.
La voix Black à tendance scream, contraste avec les nappes incantatoires qui enveloppent la
salle. Une prestation immersive, presque contemplative, qui suspend le temps.
Le public se fige, attentif aux ambiances proposées. Ce choix de programmation peut
paraître décalé au regard du reste de la soirée mais finalement tellement
cohérent au regard du spectre de(s) musique(s) extrêmes, puisque dans la proposition de
Belore ce n'est pas la vitesse, ou la violence qui prend le dessus mais bel et bien un
concept poussé à son paroxysme.
Misanthrope :
Quand Misanthrope monte sur scène, c’est tout un pan de l’histoire du metal
extrême français qui s’incarne devant nous. Fondé en 1989, le groupe reste
fidèle à son indépendance et à son label Holy Records. Leur
passage à la Seisach’Night VI a été l’un des moments
les plus attendus de la soirée. Misanthrope, groupe culte et pilier de la
scène française, livre une prestation théâtralisée à souhait.
Chant en français, gestuelle habitée : le frontman vit chaque mot, chaque phrase.
On fête ici 37 ans de carrière, et la longévité impressionne. La base
rythmique est énorme, le guitariste assure aussi les samples, et rien ne faiblit tout au long du
set, comme quoi l'expérience sur scène ça se voit. Le groupe
n’hésite pas à revisiter des classiques de son répertoire, tout en
intégrant des extraits plus récents, preuve qu’il continue d’avancer sans se
reposer sur ses acquis. S.A.S. de l’Argilière, emporté par sa
prestation, a perdu une lentille de contact en plein set… sans que cela n’entame une
seconde son énergie. Ce genre d'anecdotes illustre bien l’engagement total du groupe sur
scène. Le public, nombreux, savoure ce moment rare avec un groupe qui reste libre et
indépendant, digne représentant de l’underground hexagonal.
Aorlhac :
Le groupe issu d'Aurillac a clos la soirée avec une intensité rare. Après une
introduction atmosphérique trompeuse, le déluge s’est abattu : riffs tranchants,
batterie implacable, chant possédé. Le public, déjà chauffé par
Misanthrope, a plongé dans cette vague noire et épique avec un plaisir
évident.
Leur force réside dans ce mélange de Black metal furieux et de
mélodies épiques qui rappellent l’héritage médiéval de leur
région. Des titres comme Le Bûcher des Carthage transporte littéralement
l’auditeur dans une fresque guerrière. Le très jeune batteur, véritable
machine, propulse le groupe à un tempo effréné, tandis que les guitares tissent des
lignes mélodiques qui allègent la brutalité.
Le chanteur, totalement
habité par ses paroles, alterne cris déchirants et passages scandés, donnant une
dimension théâtrale à la prestation. Le public, captivé, a suivi
jusqu’au bout cette transe noire, concluant la Seisach’Night VI dans une
atmosphère de folie épique et totalement incandescente.


La Seisach’Night VI a confirmé son statut
d’événement incontournable pour les amateurs de Metal extrême en
Nouvelle-Aquitaine. Entre Death old school, Black/Thrash sauvage, envolées orchestrales et
légendes de l’underground, la programmation a offert un panorama riche et cohérent.
Bravo à toute l'équipe de bénévoles manifestement passionnés pour
leur accueil et leur investissement sans faille. Vivement la VIIe édition.
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